Mercredi 9 Octobre 1895. 10 centimes le N Echos de la visite episcopale a Ypres. On s'abonne rue au Beurre, 36, k Ypres, et tons les bureaux de poste du royaurae. Le JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et le Samecli. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fln Décembre. Las articles ot. communications doivent être adresses franc de port 1'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans lo corps du journa pour 30 centimes la ligne. Les insertions judiciairesi franc la ligne Les nurnóros supplé- •nantaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique exceptó les -2 Flandres) s'adresser a l'Agence Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Les journaux libéraux s'évertuent a faire passer la joyeuse entrée de Mgr l'Eveque a Ypres, pour une visite électorale.Zjz Lutte induite sans doute en erreur prétend même que M. lechevin Colaert a fait un dis cours politique en presence du Prélat, au Volkshuis. Rien nest plus faux, Mgr Waffelaert a fait a la maison ouvrière une visite analogue a celle qu'il a faite a la Gilde der Ambachten de Bruges. M. Seys, en sa qualité de président a harangué l'Evêque en des termes dont toute préocupation politique était exclue et Sa Grandeur a répondu de même au Président et aux membres du Volkshuis. Nous avons du reste relaté aussi exactement que possible les paroles qui ontété échangées. C'est après le depart de l'Evêque que M. Colaert a parlé. II a profité de la présence de tous les membres de la Garde Catholique membres actifs, honoraires et protecteurs pour les engager a rester unis, a travailler tous ensemble au bien-être moral et matériel de l'ouvrier et a assister nombreux aux réunions qui auront lieu, dés le dimanche suivant, en vue de lelection communale. Nous le répétons, Mgr a fait une visite au Volkshuis comme a une société d'ouvriers ca- tholiques, et ses paroles, comme celles de M. Seys, n'ont eu aucune portée politique. Est-ce que la Luttequi se pique d'etre l'organe de la vérité, rectifiera sou allégation erronée Nous avons promis, dans notre précédent numéro, de publier le magnifique discours prononcé par M. le Sénateur Struye, président de l'association des anciens étudiants du Col lége St Vincentde Paul, a la réunion solennelle du Mardi premier octobre. Nos lecteurs nous sauront gré de reproduire textuellement ce beau document, qui sera dis- tribué, en brochure, aux membres de l'asso- ciation des anciens étudiants. Monseigneur, Monsieur le Ministre, Messieurs, Le premier sentiment de nos coeurs, c'est la reconnais sance. Monseigneur, vous avez toujours été l'honneur de cette maison, et vous avez marqué, a toute occasion, les vifs sentiments d'affection que vous gardiez pour elle. Aujourdhui que vous êtes notre Evêque, Votre Grandeur a tenu a laisser voir a tous quelle place le College St-Vincent de Paul occupe dans son cceur. C'est le college oü vous avez si heureusement passé toutes les premières années de votre jeunesse, et oü vous fütes si bien préparé a marcher digne. j ment et vaillamment dans les voies élevées, oü Dieu vous appelait Aujourd'hui done que la main de Dieu vous a conduit j au haut de la montagne sainte, pour garder, régir et bénir son people, Pontife, vous avez voulu, dès la pre- mière heure, faire descendre la bénédiction du Ciel sur j cette maison. Vous venez d'offrir le Sacrifice divin pour I le College St-Vincent de Paul et pour tous ceux qui lui j appartiennentVous êtes monté a l'Autel de Dieu, a l'Autel i de Dieu, qui ici a réjoui votre jeunesse et la notre et qui donne leternelle jeunesse; du Dieu qui discerne notre I cause de celle d'un peuple, qui nest pas saint; du Dieu fort, qui éloigne des injustices et des se'ductions des mé- chants; vous l'avez prié de nous envoyer la plénitude de sa lumière, cette vérité non amoindrie, qui nous écarté des voies mauvaises et même sur la montagne sainte, oü le regard vivifiant de Dieu re'jouit son peuple, et oü l'on sent que le secours et le salut sont dans le nom du Seigneur, qui a fait le Ciel et la terre (Applaudissements Oui, nous vous remercions avant tout, Monseigneur, du Saint Sacrifice, que vous avez offert. Mais nous vous devons encore des remerciements póur avoir bien voulu venir présider cette réunion générale des élèves anciens et nouveaux et des professeurs anciens et nouveaux; pour avoir marqué, une fois de plus, que ce collége est bien le votre, et il l'est, Monseigneur, deux j fois, puisqu'il vous a formé aux années décisives de l'ado- lescence et qu'il se trouve aujourd'hui directement placé sous vos augustes auspices. Vous aimez votre Collége St-Vincent, c'est le collége de votre cceur. Vous l'aimez, non seulement pour le bien qu'il vous a fait a vous-même, mais pour le bien qu'il nous a fait a nous tous pour le bien qu'il a fait a d'innombrables families, a la cité, a la patrie, a Notre Mère la Sainte i Eglise, dont les oeuvres de salut social et individuel ont trouvé, sortant de cette maison, tant de serviteurs dévoués Votre Collége St-Vincent de Paul est un arbre de vie, Monseigneur, qui répand son ombre tutélaire el ses bons 1 fruits sur tout ce que vous aimez et sur tous ceux, qui i vous vont le plus au coeur. Cet arbre du jardin du Père de familie, c'est Votre Grandeur, qui en est maintenant le gardien et le bon jardinier. Le Ciel en soit béni Applaudissements Pour être agréable a Votre Grandeur et pour nous réjouir tous ensemble, que pourrions-nous faire de mieux, en ce moment, que de promener nos regards sur les bien- faits que le College a répandus autour de nous et au loin? La présence d'un si grand nombre d'anciens maitres j et d'anciens condisciples nous fait d'ailleurs tout naturel, lement venir a la pensée le bien qu'ils font. Combien j'en voudrais saluer par leur nom pour les remercier au nom de tous Je ne puis le faire. j Mais vous m'en voudriez, Monseigneur et Messieurs, I si, au nom de l'Association toute entière, je ne saluais J ici Monsieur Albert Nyssens, ApplaudissementsMonsieur i Nyssens, qui, dans les plus hautes positions de la Science ou de la Politique, nous revient toujours, pour témoigner de son attachement, et pour attester la reconnaissance qu'il a vouée au College de sa première1 jeunesse. (Ac. clamations i Monsieur le Ministre, vous que Sa Majesté le Roi a préposé a l'organisation et a la gestion du département du Travail et de l'Industrie, de ce département, qui est tout spécialement appelé a faciliter la solution des plus graves questions, qui agitent le monde, nous vous saluons avec sympathie, avec respect et confiance. Applaudisse- ifients.) Nous savons que vous travaillerez a les résoudre, ces questions, avec la plus affective bienveillance pour la classe ouvrière, avec une bienveillance fondée toute entière sur les principes immuables de l'équité naturelle et de la charité chrétienne. Si votre mission est grande, vos facultés sont grandes et grand aussi est votre coeur. Applaudis- j sements.) C'est quand IS puissance gouvernementale est en des mains comme les vötres, et comme celles de vos collègues qu'on peut attendre du concours de l'Etat tout ce que ce concours peut donner, tout ce que Léon XIII demande a l'Etat, pour empêcher notre civilisation chré- tienne de s'abimer dans la servitude et la misère uni- verselles, qui sout les conséquenses directes et inévitables du socialisme. Nous avons foi en vous, Monsier le Ministre, paree que vous avez foi en Dieu et en notre Mère la Ste Eglise! (Applaudissements. Vous êtes un homme de foi Sous les assises fraternelles de notre Association, vous l'avez déja proclamé; vous nous avez dit C'es^. ici, dans ce college, que je me suis épris des vérités de la foi; la foi a pénétre' ici tout mon être. Et c'est ainsi que vous vous présentez maintenant armé d'elle, i comme d'un casque, d'un bouclier et de la plus noble épée Que Dieu vous seconde dans le bon combat ppplaudissements prolongés.) Que nous eussions été heureux, Monseigneur et Mes- 1 sieurs, de pouvoir acclamer aussi en ce jour un second i Ministre du Roi, également sorti de nos rangs, un des fondateurs de notre Association, M. Victor Begerem, le Ministre de la Justice. Son coeur est avec nousson dévouement a ses devoirs j l'a appelé a l'étranger pour étudier de plus prés les in stitutions de correction et de rehabilitation qui sont reputées les plus parfaites du monde. II n'a pu, au gré de ses plus vifs désirs, hater assez son retour, pour se placer a notre tête et fêter avec nous notre Evêque. II m'a chargé d'en témoigner tous ses regrets a Sa Grandeur et a vous tous. Son si sympathique souvenir nous le rend présent, accla. mons-le de loin, et applaudissons a notre Ministre de la Justice, dont Taction et si sage, si ferme, si expansive dans le sens des besoins nouveaux et de tous les progrès réalisables. (Applaudissements). Honneur a notre ancien lauréat, a notre si cher concitoyen, a Monsieur le Ministre Begerem (Acclamations prolongées j Et maintenant passons rapidement a travers le vaste I terrain d'actions de notre collége. II n'y a pas dans tout le domaine de la société un coin que des anciens de ce collége n'aient fait fructifier. Nous les rencontrons en nombre dans 1 toutes les carrières libérales. Les Sciences et les Arts, la Médecine, le Droit, le Barreau, la Magistrature, l'Admi- nistration, l'Armée, le Génie civil, l'Enseignement a tous fes degrés, aussi bien que la Cléricature et les Ordres religieux, comptent parmi les nótres, des plus distingués de leurs sujets. Nos disciples se signalent dans tous les services, qui concourent au bon ordre de la société et font l'honneur et le bien-être d'une nation. Si, des institutions organiques de la société, nos regards se portent sur les initiatives privées et sur les efforts indi viduels, qui s'appliquent a poursuivre la satisfaction de tous les intéréts de la vie et qui font en même temps la prospérité de la population tout entière, nous voyons que le commerce, l'industrie et les entreprises du travail ont trouvé chez nos condisciples de trés sérieuses et fécondes pré. parations. i

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1895 | | pagina 1