Samedi 19 Octobre 1895. 10 centimes le N°. 30 Année. N 3090 iV Listes électorales. Association Catholique d'Ypres. Annales parlementaires. A Tceil droit du Progrès. Correspondance. On s abonne rue au Beurre, 36, k Ypres, et h tous les bureaux de poste du royaume. Le JOURNAL D'YPRES paralt le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adresses franc de port a l'adresse ci- Les annonces eoütent 15 centimesla ligne. Les réclames dans le corps du journa pour 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires, 1 franc la ligne Lesnuméros supplé- mentaires eoütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser A 1 'Agence Savas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. AVIS. Le dernier délai pour réclamer devant l'autorité communale expirant le 31 octobre prochain, les élecleurs qui n'auraient pas été inscrits ou qui ne figureraient pas sur les listes électorales avec le nombre de votes auquel ils ont droit, sont invités a s'adresser sans retard au bureau de 1' Association catho- lique et constitutionnelle, Cercle catholique. Assemblee générale, Dimanche 20 de ce mois, it 8 heures du soir, la Maison du Peuple, (entrée rue des Chiens.) Ordre du jour Elections Communales. Les journaux libéraux ont trouvé un nouveau grief contre le gouverne ment. II va de soi que M. des Giseaux du Prngrès s'en empare immédiate- ment pour tomber a bras raccourcis sur lescatholiques. Ce grief, c'est l'annonce de ['aug mentation du prix d'abonnement aux Annales parlementaires et au compte rendu annalytique. 11 parait que les deux publications eoütent plus qu'elles ne rapportent, il est done naturel que le gouverne ment en augmente le prix, car, pour- quoi faire un cadeau aux uns et pas aux autres. Si on veut en faire un service public qu'on distribue les an nales et le compte-rendu tout a fait gratuitement aux éiecteurs, ou dans le cas contraire, qu'on en fasse payer le prix de revient, Mais voila ce que c'est, du moment quelegouvernement catholique prend a coeur les intéréts du trésor public, les libéraux crient contre sa ladrerie; Si on avait continué a distribuer au dessous du prix les deux publica tions en question, on aurait bien vite entendu les déclamations desjournaux libéraux contre la prodigalité du gou vernement. Nous ne pouvons que nous rallier aux observations suivantes de la Patrie Ni les Chambres ni le gouvernement n'ont peur que le public sache ce qui se passé au Parlement. Mais il nest écrit nulle part qu'ils forcent .es contribuables donner peu prés pour rien au dit public la patée parlementaire. Or, c'est ce qui a lieu aujourd'hui, le prix de 1 abonnement au Compte rendu analytique étant vraiment dérisoire. II n'est du reste pas exact de dire que le Compte rendu analytique donne toujours un résumé exact et impartial des débats. Tel qu'il sort des plumes habiles et fidèles des fonctionnaires chargés de le rédiger, oui, ce résumé est exact et impartial, mais avant d'être imprimés combien de dis cours subissent des remaniements qui les transformentAinsi en est-il de beaucoup de philippiques d'énergumènes socialistes que Ton neltoie et auxquelles on enlève leurs pataquès et leurs grossièretés, de fagon it les rendre présentables et faire croire au public que leurs auteurs ne sont pas aussi ignares ni aussi mal embouchés qu'ils le sont réellement. II y a la un abus qui a été signalé souvent au cours de la session dernière et nous espé- rons bien que le bureau de la Chambre veil- lera pendant cette session ce qu'il dispa- raisse. Entretemps et au risque d'agacer les nerfs ultra-démocratiques de Ia Réforme, nous souhaitons que le prix d'abonnement au Compte rendu analytique soit désormais porté un taux représentant sérieusement les frais qu'il occasionne l'Etat. Dépenserde l'argent pour assurer la sin- cérité du régime représentatif, rien de mieux mais le dépenser a l'effet de trans former en aigles des oisons et des perro- quets de clubs jacobins et socialistes, voilé ce qui ne peut pas étre. Malgré des intermitlences radico- socialistes, le Progrès se pique d'être un journal doctrinaire, genre Etoile Beige qui a la pretention de passer pour «l'organedu libéralisme tacti- cien. S'il osait braver les colères de ses amis, les radicaux et les socialistes, il prêcherait, commeautrefois, en temps électoral, le respect de la religion de nos pères. Gela viendra peut-étre encore, et vraiment nous y voila a peu prés le prêtre ne dev^ait pas sejeter dans la mêlée des parlis. C'est Pie IX, ce sont des Gardinaux francais et beiges, membres de l'épiscopat et chefs de l'Eglise les plus autorisés, qui l'ont proclamé dans tintérêt de la Religion. Dans un précédent article nous avons expliqué quand, comment et pourquoi le prêtre a l'obligation e $>- s'occuper des questions politiques, et de soutenir ou de combattre les hom mes qui veulent revêtir des mandats publics. Tout le monde en conviendra, le socialisme est athée. II est l'ennemi non seulement de l'ordre social, mais de la religion elle-mêmequi est la base la plus solide de la société. Le prêtre doit done le combattre. Le libéralisme est-il, oui ou non, irreligieux De rares libéraux ont cru et croient encore que le libéralisme ne doit pas être la libre pensée.Un libéral de notre ville l'a déclaré, il y a une quinzaine d'années, sur la tombe d'un de ses amis, et nous croyons qu'il était de bonne foi. Mais, qu'ils le veuillent ou non, le libéralisme est irreligiuex si non de sa nature, du moins dans l'ap - plication qu'il fait de ses doctrines. On peut souhaiter qu'il en soit autrement; mais personne ne peut prétendre qua de rares exceptions prés, tous les libéraux ne soient ou ennemis de la Religion ou indifférents vis-a-vis d'olle. Dans tous les cas, on ne voit jamais un libéral, quelque modéré qu'il soit, se faire le défenseur public d'un dogme, d'un précepte, d'une institution ou d'un ministre de l'Eglise. Volontairement ou involon- tairement, les libéraux sont les sup- pöts de l'impiété La conclusion est facileceux qui ont la charge de diriger l'Eglise ont aussi le devoir de combattre le libé ralisme de toutes les nuances. Quand done le Progrès, a la suite de quelque autre journal, vient con- seiller aux prêtres de ne pas s'occu per de questions politiques, il fait un acte d'hypocrisie calculée, que d'au- tres journaux plus sincères désap- prouvent. Notre dernier article au sujet de l'intervention du clergé dans les que- relles politiques était publié, quand nous avons lu un extrait d'un article de to Chronique qui montre combien le libéralisme est l'ennemi de la reli gion et a quel point il est impossible aux catholiques de s'allier au libéra lisme ou de soutenir les candidats libéraux. Nous nous faisons un devoir et un plaisir de dédier au Progrès d son oeil droit les considérations de la trés-libérale Chronique Si réellement, on pouvait rester dans l'Eglise et demeurer libéral, ce serait par fait... Mais l'Etoile oublie ce détail que le libé ralisme est tenu pour une hérésie et for- mellement condamné par les papes infailli- bles. Qui dit libéral dit, aux yeux du clergé, ennemi de l'Eglise et de Dieu. Le catholique, s'il a la foi sincère et réelle, doit naturellement se consacrer tout d'abord au triomphe de l'Eglise et au renversement de cette hérésie, de cette peste qui est le libérrlisme.... Sans doute, il lui arrive de voter, sur l'ordre du clergé, pour un négateur de la divinité du Christ mais c'est alors que cet impie a, pour une cause ou l'autre, rompu avec le libéralisme et s'est placé devant lui en adversaire. Le catholique vote alors pour lui, ou plutöt contre le libéralisme, non par sympa thie pour le candidat, mais par haine pour l'adversaire libéral. Tactique logique, en somme, et qu'il faut recommander aux libéraux timides qui, en cas de lutte entre un socialiste et un clérical, hésitent h voter pour le socialiste par peur du drapeau rouge. Le cléricalisme, voilk l'ennemi La cause est entendue, nous sem- blet-il? Nous recevons la lettre suivante Monsieur l'Editeur, Le Journal d'Ypres ne pourrait-il pas, par un exemple, faire voir clairement com ment il faut opérer en cas d'application de la représentation proportionnelle aux élec- tions communales II est h craindre que beaucoup de personnes, même parmi celles qui seront appelées h faire parti d'un bureau électoral, ne se rendent aucun compte des calculs it faire en pareille occurrence. Un cas d'application nettement exposé aurait done une réelle utilité. Une autre difficultéque votre journal pour- rait servir it élucider est la suivante Sup- posons qu'une seule liste de candidats soit présentée pour la première série. Ceux-ci sont immédiatement déclarés élus et l'élec- tion ne doit plus se faire que pour la deuxième série. La couleur rose doit-elle néanmoins être employée lors de cette élection Veuillez agréer, Monsieur l'Editeur, l'ex- pression anticipée de mes remerciements et l'assurance de ma haute estime. Un lecteur. Le 18 octobre 1895. Oui, cher lecteur. Nous nous pro posons de vous satisfaire dans notre

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1895 | | pagina 1