Mercredi 23 Octobre 189S. to centimes le N°. 30 Année. N 3091 Chronique éleetorale. On s aborme rue <m Beurre, 36, k Ypre?, et Le JOURNAL D'YPRSS parait le Mercredi et lo Samedi. Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est do 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se regularised lin Dócembre. Les articles et Communications doivent ëtro adresses i'ranc de port a l'adresse ci-dessus. tous les bureaux de poste du royau ne. Les annouces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le corps du journa p our 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Lesnuméros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser A YAgcnce Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Réunion de V association Catholique. Nous pouvoiis évaluer 2000 le norabre des auditeurs qui sorit venus au Volkshuis, assister k la réunion de Dimanche dernier, oü devait se faire la proclamation des can- didats de l'association catholique. Le Président d'honneur de la jeune garde catholique, M. Iweins d'Eeckhoutte, pré- sida la séance et donna la parole k M. le Baron Surmont de Volsberghe, Bourgmestre d'Ypres. M. Surmont commenga par annoncer que la situation éleetorale différait considérable- menl cette année, de celie d'il y a quatre ans. En effet, le nombre des électeurs s'éle- vait aujourd'hui k 2800, ayant plus de 4700 votes h émetlre. Les libéraux essaieront de venger leur échec de 1891 mais si tous les catholiques font leur devoir, ce qui sera, nous pouvons être assurés de la victoire. Le jour était arrivé de proclamer les candidatures pour l'éleclion prochaiue. Déja dimanche passé, les membres de la jeune garde avaienl élu les irois eandidals qui lui avaientété réservés. Le chiffre con- sidérable de votants prouve que les ouvriers comprenaient Timportaiice des intéi êts que leurs représentants au Conseil Communal auraient k défendre. J'ai été on ne peut plus satisfait, dit M. le Bourgmestre. en voyant quelle ardeur les membres de la garde out mise k user de leurs droits, la liber té dont iis ont joui, l'union qui a regné et i'intelli- gence des choix qui ont été tails. La garde Catholique se compose de Irois sortes de membres qui out chacune leur délégué Les membres protecteurs, M. Bouquet; les membres honoraires, M. Fiers et les membres actifs, M. 11. Vanderghote. Aujourü'hui, dit l'honorable Bourgmestre, je vous nommerai les candidats que le Co mité Central présente k voire approbation. Je vous annonce tout d'abord que M. Bie- buyck, conseiller sortant, croit devoir se retirer. Ayant été norntné juge au Tribunal, il estime que ces fonctions sont incompa- tibles avec un mandat politique. Néanmoins, catholique convaincu, son coeur et son esprit sont avec nousnos opinions sont les siennes et nous pourrons toujours comp ter sur les services qu'il lui sera possible de rendre k la chose publique. (Applaud.) Maintenant, dit M. le Baron Surmont, il y a les candidats sortants et en qualité de Bourgmestre, je suis contraint de me nom- mer le premier. Si vous êtes content de moi, prenez moi, sinon prenez en un autre. ovation Je passe k MM. Colaert et Berghtnan.éehe- vins. Vous les avez vus k l'ceuvre, M.Colaert depuis buit et M. Berghman depuis quatre ans. Vous connaissez aussi bien que moi les services qu'ils ont rendus it la ville. accla mations) M. Breyne-Devos, malgré son age une voix dans la salie hij is wel dikke, maar is nog goed (vires) combattra k nos cótés encore cette fois. Puis l'orateur proclame MM. Iweins d'Ee ckhoutte, Slruye, Boone et Begerem. tous membres sortants dont chaque nom est ac- cueilli par de chaleureux applaudissements. Alors vient le tour des nouveaux candidats qui sont MM.Hyppolite Van den Boogaerde, Emile Decaestecker, le notaire D'huvettere, qui ne vient pas faire le testament des ca tholiques, mais bien leur contrat de mariage perpétuel avec l'hötel de ville et finalement M. Ernest Fraeys. Décrire l'enthousiaste accueil fait k toutes ces candidatures nous serail impossible. Disons pour en dormer une idéé que deux des nouveaux candidats, MM. D'huvet tere et Vandenboogaerde qui se trouvaierrt au fond de la salie ont été litéralement por- tés sur Teslrade M. le Bourgmestre prononce ensuite un magnifique discours, dont nous lacherons de donner une pale esquisse. Orateur clair et précis,administrateur hors ligne, M. le Baron Surmont passé en revue les actes de sa gestion depuis quatre ans. II montre la liberté et l'égalilé devant la loi pour le pauvre comme pour le riche, qui forment la base de sa manière d'administrer, la liberté scoiaire surtout, qu'il a déferrdue et défeodra toujours avec le partï Catholique; les parents sont tout k fait libres d'envoyer leurs eniants aux écoles de leur choix. J'avais dit en prenant possession de mon siège comme premier magistratde notre cité, qu'il fallait faire peu de politique, et plus d'administration. Certains administrateurs des hospices et du bureau de bienfaisance faisaient de la politi que nous les avons remplacés. Ort dit que l'industrie et le commerce ne sontguère améliorés. Cela n'est pas de notre faule mais je puis toujours constater qu'ils n'ont pas diminué. Ce que nous pouvions, c'était de faire travailler. Nous n'y avons pas failli et je puis dire que depuis quatre ans d'ici, nous avons fait faire plus de travaux publics que nos adversaires en vingt cinq aus. Nous en ferons encore plus, car toute notre préocupation est d'améliorer le sort du pauvre et de l'ouvrier. Voyez d'ailleurs l'ceuvre Catholique: Eigen heerd. J'ai dit aussi, lors de moil installation, que je désirais la paix entre les habitants. La paix rie regne-t-elle pas plus a présent qu'autrefois La hitte des partis n'est-elle pas moins apre que jadis Voyez entr'autres la confection des listes électoralrs. Sous i'administration libérale, on acceptait fort rarement les réclamations élec!orales des catholiques. Nous, au contraire nous avons écrit chaque année aux deux associations politiques de bien vouloir indiquer les réclamations qu'elles auraient cru devoir faire. Dans le travail si aride de la confection des listes électorales, surtout pour l'électorat communal, sur 2800 électeurs inscrits, 28 réclamations ont été faites par les libéraux et 24 par les catholiques et la plupart visaient des personnes qui possédaient des biens dans d'autres communes, chose que nous ignorions évidemment. Pour en reventr- aux travailleurs, voyez comme nous avons agi. Un jour, vous le savez, par suite d'un coup monté probable- ment.une quantité de sans travail sont venus nous réclamer de l'ouvrage. Qu'avons-nous fait Nous avons réussi it trouver de l'ouvra ge pour eux et nous leur avons donné de i'argent pour faire le voyage et se rendre sur les chantiers. J'ai l'intention d'étendre ce système et dans ce but je demanderai aux hospices et au bureau de bienfaisance de réserver une petite somme k ceteffet.(Rravos). M. le Bourgmestre dit pour cloturer son beau discours que tous doivent se préparer k lutter vaillamment. Chacun, si petit qu'il soit, a une ceitaine somme d'influence. Chacun doit corabattre saus peur et sans hésiter et alors nous serons certains du triomphe. Aux cultivateurs, quand ils parient de la question de 1'échenillage, on doit annoncer et je dis eeci pour me défendre contre des accusations imméritées dit l'orateur que les poursuites qui ont été faites,n'ont pas été ordonnées par moi, C'est le parquet qui les a ordonnées. Et si le Commissaire de Police dit, comme on le prétend, qu'on ne doit pas lui en vouloir, qu'il n' est que le serviteur du Bourgmestre, il dit une contre-vérité, et si je parviens k en avoir ia preuve par témoins, le Commissaire sera puni. [Acclamations prolongées.) Même chose pour les vexations faites aux laitiers. D'ail leurs j'ai toujours été d'avis que ceux qui out l'autorité en mains doivent éviler autant que possible de vexer les gens. Ainsi il est dé- fendu en effet de trainer deux triqueballes vi des attachés l'un k la suite de l'autre, comme il est défendu de le faire pour les chariots; mais dresser k trois heures du matin par exemple, en pleine nuit, au milieu de la Grand'Place oü ne se trouve ame qri vive, procés verbal de ce chef, je trouve la chose absurde. On ne doit, d'après mes principes en fait d'administration, chercher noise k personne, je ne l'ai jamais fait et jamais je ne le ferai. (Applaudissement.) L'art d'administrer est déjk assez difficile sans qu'on i.e cherche k le compliquer par des tracasseries et des vexations de toute espèce. Des applaudissements sans fin accueillirent cette brillante harangue de notre premier magistral. M. Seys, Président de la Garde Catholique, prend ensuite la parole pour remercier les membres de l'Association de la faveur avec laquelle ils ont accueilli les candidats de la Jeune Garde. II engage également les auditeurs k faire leur devoir dans la lutte, et dit qu'il sait de bonne source, que, si par impossible les libéraux revenaient au pouvoir, la persécu- tion qu'ils exerceraient contre les catholiques et surtout contre les ouvriers catholiques serait terrible qu'ils en ont prisla résolution dans leurs réunions secrètes. Malheur k ceux qui en seraient la cause; k ceux qui, souvent pour un rien, un peu de méconlentement.d'envie ou une autre vétille, failliraient leur devoir ils seraient les premières victimes. La Bourgeoisie, les industriels et surtout les ouvriers en paliraient.Par exemple quand un entrepreneur quelconque aurait une con struction ou une reparation importante k faire.il ne pourrait travailler qu'après autori- sation du Collége écbevinal qui lui cher- cherait chicane sur chicane. Qui en serait victime les patrons et leurs ouvriers. Nos adversaires brulent de vengeance pour les cinq anneés qu'ils ont été mis dans l'impos- sibilité d'assouvir la haine qu'ils ont contre tout ce qui est bon, honnête et généreux. Retenez done bien ces mots, dit M. Seys; il est vrai qu'k ia première occasion nous les culbuterions de nouveau,mais nous devrions attendre buit ans, et huit ans quand on souffre, c'est si longtemps Tous au poste done, pour faire sortir triomphalement de l'urne, le nom de nos chers candidats. Nous devons le faire d'abord pour éviter le despotisme odieux dont nous serions rne- nacés par les gueux et ensuite par un senti ment de reconnaissance pour les chefs de notre ville: Quand ils arrivèrent au pouvoir, la caisse de la ville était dans une situation précaire. Us ont tout remis en ordre ils ont amélioré la ville et procuré beaucoup d'ou- vrage aux ouvriers, et tout cela sans deman- der un sou de plus aux habitants. Honneur k eux acclamations M. Iweins d'Eeckhoutte se leve k son tour au milieu d'un tonnerre d'applaudissements. II remercie en termes émus le public des marques d'affection et de symphatie toujours renouvelées qu'on lui témoigne chaque fois qu'il pose sa candidature. II fera, comme il a toujours fait,tous ses efforts pour en rester digne.U est certain qu'aucun homme impar-

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1895 | | pagina 1