3 f Mercredi 27 Novembre 1895 10 centimes le N°. aRGA Mr La R. P. a Ypres. Fête de Ste Cécile. Le Souper. Fête de St Pierre. 30 Année. N° 3101. On s'abonne rue du Beurre, 36, Ypre^, et k tous les bureaux de poste du royar ne. Le: JOURNAL D'YPRKS parait le Mercredi et le Saraedi. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an ponr tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adresses franc de port A l'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimesla ligne. Les réclames dans le corps du journa pour 30 oentimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Lesuuméros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser A l'Agence Eavas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. 'M Collectivisme et cléricalisme. lectivisleUn arude anuooiiectiviste eure. Dans l'article du Progrès auquel nous avons répondu dans notre dernier numéro, notre confrère fin it par prier Dieu de préserver le pays et de la domination cléricale et de la domination collectiviste, également funestes. Cette prière est étrange dans la bouche d'un libéral qui vient d'appuyer, de toutes ses forces, le parti progressiste, l'allié avoué du radicalisme collectiviste. II est vrai que le Progrès a soufflé tantót le vent conservateur et tantöt le vent pro gressiste; mais, quelles que soient ses préfó- rences, il est incontestable qu'il a prêché la concentration de toutes les nuances libérales, sans en exclure une seule. 11 est done mal fondé aujourd'bui h venir, après l'éieciion communale, faire de l'anti- collectivisme. Sa foi nest pas plus sincère que lorsqu'il vient vanter la tolerance reli- gieuse et le respect des croyances. Encore, s'il avail tenu ce langage avantle scrutin du 17 Novembre. Mais alors il n'avait aucun programme II n'avait qu'un rêve, un idéal, basé sur une rancune inassouvie; et quand nous l'avons interrogé sur son pro- gramme, il nous a répondu Notre program- me, mais il na qu'un article, vocs ciiasseii ue l'Hötel de ville! Ce programme nest pas réalisé. Que de- viendra aujourd'hui le Progrès II continuera it lutter contre le cléricalis me. C'est entendu; el le cléricalisme n'est autre chose que le catholicisme. II ne res pectera done ni nos idéés, ni nos croyances; et sou lii éralisme sera toujours incroyant et intolérant. Comment sc conduira t il it l'égard du collectivisme II y a collectivisme et collectivisme, disait- '1 naguère le collectivisme socialiste et le collectivisme chemins ie fer, chaussées, magislrature, police etc. II ne voulait point du premier, mais il était partisan du second. Nous avons répondu it cette distinction II est des services publics dont on ne se pas sera jamais. Ces services peuvent s'étendre, mais cette extention ne se justifierait qu'eri cas de manque de l'initiative privée ou en cas d'un intérêt général évident. Ce que nous reprochons au Progrès, c'est d'avoir travaillé it la concentration des for ces libérales c'est de s'être allié aux pro- gressistes et aux socialistes, c'est-ü-dire aux ennemis de l'ordre social et de la tranquili- lité publique. De ce reproche le Progrès et ses amis ne se laveront jamais. On a beau maudire le collectivisme. Les paroles ne sont rien ce sont des actes qu'il faut. Que le Progrès nous dise ce qu'il a jamais bit pour s'opposer it l'arrivée de l'idée col- deux articles d'un progressisme avancé c'est tout. Mais, laissons lui la parole. La Lutte espère que quelques élus catho- liques feront place quelques candidats li- béraux non élus. N'est ce pas, dit-il, ce que les catholiques demandaient lorsdu ballottage deM. Colaert? Et dans la lutte qui vient de se terminer par le triomphe des catholiques, ceux-ci n'ont ils pas it plusicurs reprises énoncé l'idée que les libéraux devraient être repré- sentés l'Höiel-de Ville Nous prions très-poliment La Lutte de voulotr nous dire quand et oü nos amis ou quelqu'un d'eux se sont prononcés pour la R. P. qu'ils appliqueraient, s'ils ar- rivaient it avoir l'homogéniété au conseil communal. Rien de pareil n'a été ni dit ni écrit. 11 est vrai qu'en 1887 nos amis ont lutté au cri de vive le controle C'était dire qu'ils étaient partisans, non pas précisé- mentde la R. P., mais du controle de ('ad ministration communale. Le coips electoral de 1887 a élu M. Colaert el donné atnsi un controleur nos adversaires. Mais cela s'est fait malgré eux, et aucun d'eux aucun, entendez bien n'a eté favorable l'idée d'introduire un seul cutholique it l'Hó el-de-ville. Et aujourd'hui, il faudrait leur céder quelques sièges, alors que le corps électoral a déclaré solennellemenl qu'il ne voulait pas du controle des libéraux? Allons, Consoeur, luttez pour la R. P. c'est voire droit; mais ne vous moquez pas de vos lecteurs. Les circonstances ont rendu vos amis, et notamment MM. Brunfaut et Vermeulen, proportionnalistes. Trop tard; il fallait com- mencer en 1887 Et... vous n'aurez aucun siège La fête annuelle de Ste Cécile, patronne des musiciens, été célébrée cette année par les membres de notre Grande Fanfare avec un éclat inaccoutumé. II est vrai que cette solennité, venant huit jours après les triomphantes élections du 17 Novembre, avait en quelque sorte le ca- raclère d'une célébration de la victoire de notre parti. A onze heures et quart, notre splendide phaUnge musicale het blikken muziek, d'après le spirituel rageur de la Lutte se rendit Dimanche, étendard déployé.ü l'église St Martin, oü la messe de 11 t/2 heures était célébrée it son intention. Deux morceaux distingués devaient être exécutés pendant la messe. C'étaient Les Héros de Gravelotte de Borrel, une ouver ture imposée au concours de Reims en 1892 et, une fautaisie sur Hernani, arran- gée par M. Painparé. Ces deux oeuvres ont un caractère fort différent. L'ouverture de Borrel est hérissée dediffieultéset a uneteinteassezprononcéedu genre classiquel'allegro entr'autres est une légère réminiscence de celui de Fidelio de Beethoven. La fantaisie au contraire est tout fait le genre italien, aux chants larges et mélodieux. Hatons nous de dire que la Grande Fanfare a exéculé ces deux morceaux si distingués, ft la perfection aussi les ama teurs sérieux et impartiaux ne lui ont-ils aucunément ménagé leséloges. Honneur au dévoué Président, M. Iweins d'Eeckhoutte qui voit airisi les grands sacri fices qu'il fait, couronnés de succès Honneur it MM. Painparé et Wenes, l'un pour ses conseils et ses excellentes lemons et l'autre pour son dévouement et sa bonne di rection Honneur également aux exécutants, qui ont prouvé que, malgré le zèle et l'activité qu'ils ont mis au service de la grande cause catholique,pendant la périodeélectorale ce qui a naturellement fait du tort aux répéti- tions ils ont su en quelques jours réparer le temps perdu Nous faisons une mention spéciale pour les solistes, qui ont moritré une fois de plus que la Grande Fanfare possède beaucoup d'artistes du meilleur talent. Ce sont MM. Julien Desramault, Petit bugle solo; Gustave Duprez, Saxopbane Alto; Henri Gbysel, Bugle solo; Léon Lamoot, Trombone solo; Alphonse Riem, Tuba solo et Ernest Wenes, Piston solo. Jamais nous n'avons vu, depuis que la Fanfare existe, un entrain pareil celui qui a règné depuis le commencement du souper jusqu'it la fin. C'était comme un vaste souper de fiarjfail- les. Les fiangailles du parti catholique avec l'hótel-de-ville; les fianfailles de la Grande Fanfare avec sa sceur l'Harmonie Commu nale, comme l'ont si bien dit dans leurs toasts MM. Iweins d'Eeckhoutte et Colaert; les fianpailles en un mot des membres aelifs et honoraires avec le nouveau Conseil com munal,qui assistait tout-entier cesagapes fraternelles A leur entrée, M. le Baron Surmont de Volsberghe, le sympathique Bourgmestre d'Ypres, MM. Colaert et Berghman et les conseillers furent salués par les accents du nouveau Kalotenlied, de l'air d'Ypres et autres chants de circonstance. La joie était sur tous les visages, on se disait quelle différence c'eüt été si nous avions été battus Alors c'eut été le repas qui suit un enter- rement de lro classe. Les toasts ont été nombreux. M. le Président Iweins d'Eeckhoutte a porté le toast au Roi et la familie royale. M. Lagrange M. Iweins d'Eeckhoutte, le digne Président. M. Callewaert MM. les Bourg mestre, échevins et conseillers communaux. M. Iweins d'Eeckhoutte dans sa réponse a bu dans les termes les mieux choisis it la santéde M. Colaert, Président de l'Harmonie Communale et h la confraternité des deux excellentes sociétés musicales. M. Colaert, dans sa réponse a électrisé l'assemblée par les bonnes paroles d'unionqu'il aprononcées, engageant les membres de la Grande Fanfare it considérer les membres de l'Harmonie comme des frères. Les deux musiques, a dit l'honorable Pré sident de l'Harmonie, doivent être sceurs, et nous avons l'espoir, M. Iweins et moi, que nos phalanges vont porter au loin la renotn- mée musicale de notrecité. M. le Bourgmestre a répondu au nom des élus. Son langage, empreint de la plus cor diale affection it l'égard de tous les assistants, a été applaudi avec frénésie. Nous devons tous travailler, dit-il, au bien gènéral, au bien être moral el matériel de la ville, comme l'extension des beaux-arts. Une longue ovation est faite M. le Bourgmestre. Pendant le souper excellent com me préparation, ce qui n'est pas éton- nant du moment qu'on sait que M. Henri Casier en était chargé un joli concert vocal et instrumental a été donné. Le plus grand succès comme chant a été pour M. Camille Wenes, fils du dévoué Directeur, maitre bottier k Namur, et dans le genre comique pour MM. Joseph Dei udder et Joseph Dondeyne, qui ont fait preuve d'un véritable talent dans ce genre. Nous espé- rons bien avoir le plaisir de les entendre encore eet hiver. Quelques jours avant l'élection, une affiche bleue avait annoncé plusieurs festivités qui auraient été données le 18 Novembre par les libéraux dans divers quartiers de la ville. Les braveshab'tants de ces quartiers onlfait comme Soeur Anne ils n'ont rien vu venir. Par contre, le comité des fêtes du quartier St Pierre donnera dimanche prochain une magnifique fête. II y aura un peu de tout Ascension d'un ballon. Gortège aux flambeaux et feu d'arlifice. De plus une foule de concours particuliers auronl lieu dans divers cabarets du quartier.

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1895 | | pagina 1