w CHRMIQÜE LOCALE Samedi 30 Novembre 189S 10 centimes le N° 30 Année. N° 3102 Encore le front haut! On s'abonne rue du Beurre, 36, k Ypres, et k tous les bureaux de poste du royauroe. Le JOURNAL D'YPRKS parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnement» sont d'un an et se régularisent fln Décembre. Les articles et communications doivent être adrosses franc de port k I'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimesla ligne. Les réclames dans le corps du journa pour 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires, 1 franc la ligne Les numéros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Peur les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser k VAgence Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Réclamation contre l'élection du 17 Novembre. II y a done une réclamation con tre le scrutin du 17 novembre. M. Yalère Tremery, de la Lune, l'a signée en tète, M. Ernest Nolf a la queue, et M. Bossaertau milieu. C'était dans l'ordrele parti libéral a eu recours a tous les moyens imaginables pour fausser l'expression de l'opinion publique. II veut endos- scr a ses adversaires toutes les frau des, toutes les fourberies, tous les actes de pression auxquels il a eu recours. Sans doute nos adversaires n'espè- rent pas voir annuler l'élection. Mais ils désirent protester ne fut ce que pour la forme contre un scrutin qui, quoique vicié par leurs propres actes, adonné une majorité impor tante a nos amis. Battus et abattus, il faut qu'ils puissent dire, dans quatre ans, dans huit ans, dans cinquante ans mêmc, que ce scrutin qui les a a jamais chas- sés de l'Hötel de-ville, a été le résul- tatde la fraude, et qu'ils ont protesté contre l'élection Grand bien leur fasse Nous allons leur opposer toutes les turpitudes qu'ils ont commises, en attendant, avec une confiance absolue, la déci- sion de l'autorité supérieure, qui ne peut que ^confirmer le verdict du corps, él qqtoral. Nous pubiions la réclamation Tre mery et consorts telle qu'elle est donnée par le Progrès. l. «Les soussignés, tous électeurs,ont l'hon- neur, de vous prier de procéder k une en quête minuiieuse et contradictoire sur les faits concernant l'élection communale du 17 Novembre dernier, k Ypres. Gette élection a été viciée de différentes manières. 1* Aux termes de la loi électorale le pa pier electoral est fourni par l'Etat. Le Gouverneur de province doit faire parvenir aux Président» des bureaux priucipaux les quan- tités nécessaires de ouiletius de couleur rose et de couieur blancbe. Gette prescription de la loi n'a pas été observée k Ypres ales bulletins ont été enveyés directement k Monsieur Sunnont de Vqlsberghe, Bpurgmpstre b) l'on a con- staté dans l'envoi, après impression, l'ab- senee de bulletins blancs, et la présence de bulletins roses en trop. Le résultat officiel accuse un déchet de 96 voix. I! est dès k présent établi que le déchet devrait êlre supérieur, étant donné le nombre des absents, des impotents, des condamnés et des décédés. 3 Le nombre des bulletins trouvés dans les urnes n'est pas le même pour les deux séries un bulletin rose manque. Le 2et le 3* permettent de supposer o) que l'on a voté muni de convocations adressées k des absents, des impotents et des décédés. b) Que l'on a eu recours au système de fraude connu sous le nom de système des bulletins voyageurs. 4L. Un grand nombre de convocations n'ont pas été estampillées, après vote, ce qui pou- vait permettre k des électeurs indélicats de voter deux fois. Des cas ont été constatés, notamment dans le 2e bureau. 3. Des convocations en blanc ont été trou- vées. 11 était facile de les remplir au nom d'un électeur absent et de voter ainsi pour lui. 6. De nombreux électeurs ont repu des bulletins saiis, ont demandé k les échanger et ont repu jusqu'k trois reprises des bulle tins souillés. Finalement leurs réclamations ont été écariées et ils ont été obligés de voter avec des bulletins tacbés, et par suite annulables. La corruption est manifeste elle est révélée par le grand nombre de bulletins marqués par des ctuffres et des noms. Un témoin catholique a pris exactement note de ces marques. 8. La pression la plus éhomée a été exer- cée sur les vieillards des Hospices. o) Les vieillards ont été retenus dans leurs établissements la veille des élections les candidats catholiques ont été admis k les visiter. On les q préparés au scrutin par une sorte d'éiection préparatoire, en leur ïndi- quant pour quelle liste ils devaient voter. Sur la presque uuanimitó des bulletins favo- rables k ia liste catholique, ils ont été acca- blés de douceurs bière et tabac k discré- tiou, etc. Q) b) Dans les bureaux de vote oü ils avaient été conduits en char-k-bancs, ils j étaient accompagués par leur Directeur et littéralement entrainés par desjeunes gardes (1) Comprenne qui pourra. catholiques qui ne permettaient pas k un libéral de s'approcher d'eux. La nuit de l'élection au Katholiek Volkshuis, oil il y avait une réunion le soir, on a retenu des centaines d'élecleurs, leur fournissant k manger et k boire k discrétion. Ge fait ne peut être qualifié autrement que de corruption. ÏO. Un témoin libéral prétend que dans un bureau dépouillant, les quelques bulletins ne portant de vote exprimé que pour un seul candidat ont été comptés coinme suit une voix k chaque cindidat comme s'il était noirci en tête de liste, plus une voix aux candidats favorisés. tl. «Desoffres d'argent en nombre considéra- ble ont été faites k des électeurs dont les uns ont accepté, les autres refusé. Un certain nombre de cescas constatés par témoins sont k notre connaissance, et seront révélés lors de l'enquête que nous attendons de votre justice. Pour tous ces faits, il sera fourni en temps et lieu des preuves et des témoignages k l'appui. Contiants dans le bien fondé de leur ré clamation, les soussignés vous prient d'y donner telle suite que de droit, aux fins d'an- nulation de l'élection du 17 Novembre 1895.» Nous répondronsa tous ces griefs dans notre prochain numéro et nous démontrerons combien ils sont mal fondésd'un bout a l'autre. Le Progrès tkche de nous répondre k l'ar- ticle dans lequel nous avons démontré que la coalition doctrino-progressiste a été une compromission déshonorantc avec les socia- listes. Impossible, dit le Progrès, de discuter avec les hommes du Journal, tant leur ma- nièrc de polémiquer (sic) est empreinte de mauvaisc foi et exaspérante. Exaspérante Soit De mauvaise foi Nous allons voir. Après nous avoir reproché de nierl'éviden- ce, de confondre des choses essentiellement distinctes, etc. etc, toutes choses et idéés générales auxquelles il est difficile de répon- re d'une fagon adéquate et péremptoire, sans entrer dans une infinité de détails, le Progrès veut bien et nous l'en remercions citer quelques faits pourétablir notre mauvaise foi. Nous allons les examiner un k un, en dé pouillant, autant que possible, ces faits de tous les détails de forme dont le Progrès les (1) Voila des candidats noircisl II est vrai que d'autres étaient masqués; d'autres travestis en St-Martin a entourés incidents, périphrases, cata- chrèses, anacoluthes, et autres figures les unes plus belles que les autres. Voici done 1* Nous avons voulu, nous catholiques, dans la dernière campagne électorale, nous rallier les socialistes. 2' Après avotr reproché aux libéraux d'avoir jeté par dessus bord les socialistes, nous les avons taxés d'avoir fait alliance avec ces mêmes socialistes. 3" Nous avons fait semblant, dans notre programme, d'etre plus avancés que les libé raux dans ie leur. 4" C'est fausement que nous avons accu- sé MM. Brunfaut et Vermeulen d'avoir voulu, avec quelques autres, laïciser jadis notre hópital et nos hospices. 5° Enfin, nous avons tronqué les paroles et faussé la pensée du Progrès, en lui impu- tant de désirer la mort de quelques-uns des nótres. Voici notre réponse k chacune de ces, accu sations 1* Nous défions le Progrès de citer un mot, de dénoncer une démarche, d'indiquer un fait quelconque d'oü il pourrait résulter que nous avons voulu nous rallier ceux qui penchent oh l'euphémisme vers les idéés socialistes. Le Progrès nous répondra sans doute que c'est en reprochant aux libéraux d'avoir jeté les socialistes par dessus bord, que nous avons voulu nous rallier les socialistes. Nous arrivons ainsi au second point. 2* Nous avions reproché aux libéraux d'avoir jeté les socialistes par dessus bord Et puis nous les avons accuses d'avoir fait al liance avec eux Contradiction Pas précisément, confrère. Nous avons constaté plusieurs fois, d'après le Progrès, que toutes les forces et toutes les nuances libé- rales s'étaient concentrées pour ne former qu'un seul faisceau, en vue de l'élection com munale. Est-ce ainsi, oui ou non avez-vous jamais exclu du faisceau la nuance rouge Nous avons constaté aussi que la consoeur du Progrès—qui sort de ses propres presses, et dont les articles s'égarent quelques fois dans les colonnes de son confrère que La Lutte, en un mot, a déclaré k plusieurs reprises que la liste de concentration porte- rait des candidats radicaux et des candidats socialistes. Est-ce vrai Nous n'avons pas dit quoique les décla- rations de M.Vermeulen nous eussent permis de le dire que les doctrinaires se soient rallés k tous les points du programme radi- co-socialiste mais nous avons dit et nous m

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1895 | | pagina 1