m c? q &/QUE Mercredi 11 Décembre 1895 10 centimes le Nc 30 Année. N° 3105. Le socialisme a Ypres. Chronique électorale. On s'abonne rue au Beurre, 36, Ypres, et tous les bureaux de poste du royaume. Le JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnement» sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adrosses franc de port a l'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le corps du journa p our 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Lesnuméros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser k VAgence Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Y a-t-il des socialistes k Ypres? Nous l'avons souvent prétendu, et quel- ques fois le Progrès, dans unbut qu'on devine aisément, a nié qu'il y en eut, quelques in- dividualités exceptées. Le Progrès n'est plus aussi formel. Dans un récent article, il parle de ceux qui pen- chent vers les idéés socialistes et, dans un de ses derniers numéros, il prétend que les catholiques ont voulu se les rallier, tous autres moyens a part. Ces derniers mols renfermaient une insi nuation laquelle nous avons sommé la Lutte de répondre. Enfin la chose est avouée aujourd'hui Ypres reriferme dans ses murs un certain nombre de socialistes. Combien Peu importent leur nombre et leur degré d'avancement. Il y en a de très-rouges, d'après la Lutte (numéro du 26 0ctobre). II y en a de moins rouges, sansdoute. Ceux-ci sont les radicaux, dont M. Vermeulen est le protecteur, si non le chef. Parmi les nuances qui forment le faisceau des forces liberates d'Ypres, la plus nom- breuse est incontestablement la nuance radicalo-socialiste. Placés, de leur propre consentement.dans la minorité, les doctrinaires militants se voient, comme partout ailleurs, absorbés par les avancés. Nous n'aurons plus guère a nous occuper d'eux k l'avenir. Leur règne est fini, et il est plus que probable que dans quatre ans, on ne verra plus leurs chefs affronter le scrutin. Nous nous trouverons alors devant une coalition progresso-socialiste, soutenue sans doute, derriere les coulisses, par les anciens chefs, mais abandonnée par la majorité des libéraux conservateurs, qui, malgré tout, ne sejoindronl jamais k ceux dont M. Frère- Orban disait naguère qu'ils conduiraient le pays aux abimes. Le terrain du combat sera done considé- blement déblayé d'ici Ik, et notre tkche de journalistes, ardue sans doute parce que nous aurons k faire k unennemi plus ardent, plus énergique, plus résolu et plus avancé, sera beaucoup moins difficile que lorsdes dernières élections, oü nous avons eu k lutter contre des forces plus nombreuses et coalisées. Mais revenons k notre sujet: le socialisme b Ypres. Le jour de la fête de St-Pierre, nous avons constaté qu'un drapeau rouge était arboré k la fagade d'un cabarêt de ce quartier de la ville. Nous avons cru et écrit que c'était sans doute en signe de protestation contre la manifestation catholique. C'était une erreur. II s'agissait d'un con- grès socialiste, annoncé par le Volksrecht, tenu k Ypres et oil Ton devait notamment prendre des mesures pour étendre le cercle d'influence de ce journal, destiné spéciale- ment k la propagande socialiste dans la West- Flandre. II va sans dire que s'il n'y avait pas k Ypres un nombre relativement grand de socialistes, ce congrès n'aurait pas été tenu dans noire ville. Mais, encore une fois, peu importe ce nombre. L'essentiel, ce qu'il im- porte de constater, c'est que, outre un certain nombre de délégués socialistes de la West- Flandre, et ceux de céans, nous avons vu au local rouge des gueusillons Yprois qui, quoique issus de parents libéraux ou radi caux, ont cru devoir se ranger sous la ban- nière du socialisme. Ces gosses travailleront-ilskla propagan de du journal socialiste le Volksrecht Nous le saurons sans doute bientót. En attendant nous croyons devoir signaler k leurs parents, certains articles de cet organe extraits du numéro même oü le congrès d'Ypres était annoncé. Ecoutez, pères de familie, qui avez regu un patrimoine de vos parents, patrimoine que vous avez augmenté par vos labeurs et que vous désirez trarismettre k vos enfants. Ecoutez, vous aussi, qui ne craignez pas de vous rallier aux idéés des meneurs collecti- visles, ou qui lessoutenez par votre influen ce et par vos votes. C'est contre vous que l'on écrit ceci Le socialisme veut mettre fin a tout cela. II veut donner a la col- lectivité les machines, Ia terre et tous les moyens de production quelconques. Alors c'en sera fait de la misère de Ia masse, des contrastes que nous rencontrons tous les jours. Le capitaliste, ce bandit de notre temps, n'y sera plus pour voler les fruits du travail d'autrui.les coffres- forts ne déborderont plus d'argenl sueur des travailleurs alors que le garde-manger du pauvre ouvrier est vide Notre but et tous nos actes ten- dent a Ia disparition de la société actuelle et a l'instauration dans toute sa justice du socialisme; par ce moyen nous voulons le bonheur de tous les hommes. Après cela, un article contre le mariage. Puis, deux pièces de vers, dont la première se cloture sur ces mots De vader zwijgt.,., o God, er is geen God. (Le pére se tait.... mon Dieu, il n'y a pas de Dieu Le second poême se termine par ces in criminations Debout! Plus de tergiversations. Debout! pour votre liberté, votre droit et votre pain. Le salut est dans l'union de nos forcesAlors nous aurons vite fait de chasser les parasites, grands et petits. Alors la vie du pauvre travailleur nelui sera plus a charge. Cela va bien, n'est ce pas, lecteurs? C'est le journal qui écrit ces abominations qu'ilfaut propager, et c'est k Ypres que le congrès de propagande k été tenu Et k Ypres, il y a des gens qui penchent vers les idéés socialistes, dit le Progrès. Que répondra le confrère aux extraits que nous venons de copierdans Ie «Volksrechte? Que dira la Lutte? Dans son dernier nu méro, elle ne mentionne pas le congrès Elle ne dit rien des résolutions qui ont été prisesNe voudrait-elle pas donner le compte-rendu du congrès? Pourquoi vous gêner, consoeur.... du Progrès La decision de la Béputation permanente. La Lutte falmine contre la décision de la Députation permanente qui a validé les élections d'Ypres. C'est un odieux coup de partiC'est un ver diet qui engloutit l'honneur politique de ceux qui l'ont rendu Brrrr.... Autant en emporte le vent! Nos lecteurs pourront juger du dégré de fondement de la récla- mation de M. Valère Tremery et consorts, en lisant la délibération de la Députation permanente que nous reproduisons ci-dessous. La Lutte nous demande pourquoi nous laissons de cóté les faits numé- rotés 8 et 9 Pourquoi? Mais parcequ'il ne valait pas Ia peine d'y répondre. Nous avons donné un pain frangais et un verre de bière a des centaines d'électeurs, tous membres du «Volkshuis», nos hommes que nous avons chargés de surveiller les vötres que vous avez payés, a raison de trois francs par nuitEst-ce vrai Nous n'incriminons pas votre con duite. Qu'avez-vous a dire a la nötre, alors que nous avons méme donné un pain fourré et un verre de bière a vos propres surveillants.qui étaient bleus de faim et de froid. II fallait articuler encore ce dernier fait. Celui-la au moins eut été un peu plus relevant. II est vrai que vos hommes n'étaient pas des électeurs! Les nötres sont des hommes dévoués, et en veillant toute la nuit du Samedi au Dimanche, ils ont voulu protester contre vos diffamations consistant a les faire passer pour des traitres a leur parti Mais aucun électeur étranger au Volkshuis n'a veillé et n'a recu un pain fourré, si ce n'est vos sur- veillants de la rue St Jacques, que vous n'avez payés que sous la then ace d'nne action en justice. Voila et lisez encore Ie considé- rant de la décision de la Députation permanente, o transparents percés, que vous êtes. Lisez, si vous savez lire. Et le numéro 9!? Mais, nous vous avons déja dit que votre témoin est un menteur ou unimbécile. Veuillez lire aussi la réponse péremptoire de la Députation permanente. Et, maintenant, voici la décision de cette Députation lr Div. N°182338. La Députation permanente du Gonseil provincial de Ia Flandre Occidentale Vu la requête regue au greffe provincial Ie 27 Novembre 1895,parlaquelle MM.Tremery et consorts d'Ypres, réclament contre la validilé des élections qui ont eu lieu dans la susdite ville le 17 du même mois pour le renouvellement du Conseil communal, récla- mation f'ondée sur les griefs suivants 1°) Les bulletins de vote n'ont pas été envoyés au président du bureau principal conformément k la loi, mais au bourgmestre de la ville; on a constaté après l'impressiori, qu'il y avait trop peu de bulletins blancset des bulletins roses en trop 2°) Le résultat officie! accuse un déchet de 96 voix; ce déchet devrait être supérieur étant donné le nombre des absents, des condamnés.des impotents et des décédés; 3°) Le nombre des bulletins trouvés dans lesurnes n'est pas le même pour les deux séries un bulletin rose manque, on peuten conclure qu'on a voté au moyen de lettres de convocation adressées k des personnes absentes au scrutin, et qu'il y a eu des bulle tins voyageurs 4°) Un grand nombre de convocations n'ont pas été estampillées après la vote, ce qui peut avoir donné lieu k des doubles

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1895 | | pagina 1