w m CURONIQUE LOCALE. Samedi 21 Décembre 1895 10 centimes le N°. 30 Année. N° 3108. Un emprunt de 850.000 fr. Les élections communales et la K. P. Le résultat global du 17 Novembre. On s abonne rue au Beurre, 36, a \pre~, et k tous les bureaux de poste du royaurae. Le JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est do 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adrosses franc de port a l'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le corps du journa pour 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Les numéros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepts les a Flandres) s'adresser l'Agence Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Un journal radicai-socialiste de la ville, celui' qu'on ne nomme guère, et qui a la spécialité de s'attaquer k tout le monde, même k ses amis, même aux personnes étrangères h la politique, le Weekblad sil faut le nommer par son nom, propos de 1 emprunt de 850.000 francs, voté par le Conseil communal et approuvé récemment par l'autorilé supérieure, écrit les lignes suivantes Le Conseil communal d'Ypres est autorisé a emprunter une somme de 850.000 francs. A vos poches, contribuables ce n'est qu'un commencement; vous vous en ressentirez après le nouvel an (gij zult het gaan ge waar worden met nieuwjaar.) Cela veut dire, ou cela n'a pas de sens, que la ville contracte un nouvel emprunt et qu'elle frappera, pour en payer les intéréts, des impótsquiseront k supporter par les con tribuables, k parlir du lr Janvier prochain. Nous reconnaissons que les autres jour- naux libéraux ne disent rien de pared. Nous ajoutons que les gens intelligents et instruits savent que ce que le journal libéral flamand écrit n'est pas vrai. Mais il importe que des bruits absolument faux ne soient pas répan- dus, alors surtout que ces bruits trouve- raient un léger crédit dans les paroles pro- noncées par M. Vermeulen, k l'association libérale. Mais cela était dit par M. Ver meulen avant l'élection, et, pour certains de nos adversaires, tout est permis en période électorale. Nous répèterons done, pour ceux qui l'ignorent ou feignent de l'ignorer L'emprunt de 850,000 francs doit servir li payer l'ancienne dette de la ville, contrac- tée par ['administration communale en 1881, savoir 300.000 francs aux Hospices civils et 212,000 au bureau de bienfaisance, en semble 512.000 francs. Sur l'emprunt fait au bureau de bienfai sance, l'administration libérale avait rem- boursé en tout 15,000 francs, alors qu'aux termes de son contrat eile devait rem- bourser chaque année pareille somme. L'administration catholique, son arrivée k l'Hótel de Ville, a done trouvé une dette de 497.000 fr.(512.000—15.000=497. OOOfr.) Elle a été obligée, il y a trois ans, d em prunter une somme de 31.000 fr. pour faire face aux déperises courantes, la ville n'ayant aucun capital roulant. Les travaux k faire pour les eaux néces- sitent une dépense de 230.000 francs, k laquelle il y a lieu d'ajouter une somme de 100 000 francs, deslinée la construction d'égouts. demandée par tout le monde. En additionnant ces divers chiffres, nous arrivons la somme de 858.000 francs, que l'emprunt est destiné k couvrir. L'emprunt permettra done k la ville de convertir sa dette, ce que M. Vermeulen, entre autres, a souvent réclamé. La dette ancienne, s'élevant k 497.000 fr. donnait lieu k une dépense annuelle, pour intéréts k 4 de 23,880 francs.L'emprunt de 850,000 francs donnera lieu k une dé pense annuelle de 38.250 fr., également pour intéréts. Maïs, tanüis que la ville payait, avant la conversion, 4 sans amortissement, elle ne payera pius, k l'avenir, que 31/2 pour cent, amortissement compris, de telle fagon qu'après 66 ans, la dette de la ville sera éteinte. II saute aux yeux de tout le monde que l'opération que le Weekblad qualifie d'emprunt, sera extrêmement favorable k la ville, et cela n'est pas même contestable. Ce que l'on peut discuter, c'est l'utilité des travaux entrepris pour résoudre l'éternelle question des eaux. Mais il a été établi, k touie évidence aussi, que ces travaux étaient utiles et même indispensables. La ville aura done k payer annuellement 38.250 francs, soit 14.370 francs de plus qu'avant la conversion. Mais déjk les finances de la ville permet- tent de faire face k ce surplus de dépense. Les économies réalisées k la suite de la suppression du Collége communal et des mesures prises en matière scolaire, s'élèvent k 15.900 francs. II y a done moyen de payer la diftérence avec les économies réalisées. Mais dans la somme de 14.370 francs ci- dessus est comprise celle de 8.500 francs, dépense k laquelle pourra s'élever le service des eaux, (des machines,etc.) D'oü nous concluons 1° Qu'après 66 ans la dette de la ville sera éteinte. 2° Que la question des eaux sera compléte- ment résolue. 3* Que le service des eaux sera payé. Tout cela, 5° Sans que la ville doive frapper des im- póts, et sans que par conséquent les con tribuables doivent payer un centime en plus Et maintenant, 0 Weekblad discutez, si vous voulez, mais faites le sérieusement, sans vous exposer k entendre dire qü'en toute cette matière comme du reste en toutes matières vous êtes ou incapable ou de mauvaise foi. Nous laisserons aux gens sérieux et hon- nêtes le soin de vous répondre. On sait combien les journaux libéraux et socialistes, presque sans exception,ont com- battu pour la R. P. Ici comme ailleurs, les orateurs radicaux et socialistes n'ont cessé de prêcher la justice et l'exceliencedece sys- tème. On a pu remarquer leur sincérité dans les votes qui ont eu lieu k Bruxelles, An- vers et autres grands centres du pays, lundi dernier, lors de la nomination des col léges échevinaux. On a pu voir en même temps la justice de ce système. D'abord lk oü les trois partis ont une re- présentation presqu'égale, les libéraux se sont empressés de s'allier aux socialistes pour écarter complètement le parti catholi que, en donnant bien attendu des gages au parti révolutionnaire, ce qui fait que le résultat net est: que dorénavant ces adminis trations communales seront obligées pour se maintenir, d'adopter une politique beaucoup plus avancée qu'auparavant et que la mino- rité catholique sera considerée comme une quantité négligeable. II y a k observer ensuite que dans quelques unes de ees grandes communes du pays, sans la R. P. le ballottage aurait donné pro- bablement la majorité au conservateurs ainsi k Liège, Schaarbeek Tournai etc. Mais il y a mieux. La plus grande ville du pays.Anvers, grace k la R.P. sera gouvernée en réalité par la minorité. Le 17 Novembre, sur 31 conseillerscommunaux.lescatholiques en obtinrent quinze et les libéraux seize, ce qui démontre que les deux partis étaient de forces presqu'égales. Restaient les élections complémentaires, qui devaient décider de la majorité. Les patrons et les ouvriers avaient tous deux qua- tremandats k conférer.Les catholiques, pour les deux catégories, ont obtenu une grande majorité et sans la R. P. les huit conseillers catholiques eussent été élus, ce qui eut don né pour résultat global 23 Catholiques contre 16 libéraux. Mais il fallait un quorum et comme il n'élait pas atteint, la majorité n'a pas eu plus d'élus que la minorité. Les libéraux gardent done leur unique voix de la majorité. Les catholiques se soumettant k ce résultat, injuste quoique légal, ont demandé k ce qu'on eüt appliqué la R. P. k l'élection des échevins et qu'on leur eut accordé deux places sur cinq. Ah oui la R. P. est tout juste bonne pour les libéraux, quandelle peut s'exercer au détri ment des catholiques. Tous les échevins ont été pris dans la majorité libérale; done 20 conseillers libéraux, élus en somme par la minorité du corps électoral, ont tout k dire et les 19 catholiques rien. A Schaarbeek et dans plusieurs autres endroits il en a été de même. Ce résultat du premier essai de la R. P. est loin de nous faire de la peine, car il ouvrira les yeux, il faut l'espérer aux catho liques encore trop portésk croire k la loyauté de leurs adversaires. II montre une fois pour toutes que la R. P. n'est bonne qu'k duper notre parti. Voici comme se subdivisent, au point de vue politique, les communes respectives de nos neuf provinces, pour les chefs-lieux de canton Province d'Anvers 23 communes catho liques et 4 libérales. Brabant: 16 communes catholiques, 12 libérales et 7 oil il n'y a pas de majorité. Flandre occidentale 41 communes catho liques et 3 libérales. Flandre oriëntale 40 communes catholi ques, 5 libérales, 1 antisocialiste et 1 sans majorité. Hainaut 10 communes catholiques, 25 libérales, 11 socialistes, 14 anticléricales, 5 antisocialistes et 1 sans majorité. Province de Liège 9 communes catho liques, 11 libérales, 7 socialistes, 4 antiso cialistes 4 sans majorité. Limbourg 11 communes catholiques et 2 libérales. Luxembourg 9 communes catholiques et 11 libérales. Namur 3 communes catholiques et 11 li bérales. En totalisant les communes de ces diffé^ rentes catégories et leurs nombres d'habi- tants, on constate que 162 communes, comptant ensemble 1,178,630, habitants, sont catholiques. 84 communes comptant ensemble,959,775 habitants, sont libérales. 18 communes comptant ensemble201,105 habitants, sont socialistes. 14 communes,comptant ensemble 145,237 habitants, seront administrées par une coa lition anticléricale de libéraux et socialistes 10 communes,comptant ensemble 97,094 habitants, seront d'administrées par une coalition antisocialiste de catholiques et li béraux

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1895 | | pagina 1