Mercredi <22 Janvier 1896 31 Année. 10 centimes le N Installation du Conseil Communal d'Ypres. Nomination du Bourgmestre. On s'abonne rue <tu Beurre, 36, a Ypreet k tous les bureaux de poste du royuume. Le JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et le Samedi. Les annonces content 15 centimes la ligne. Las réclames dans le corps du journa pour Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est de 5 Jr. 50 c. par an pour tout 130 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Lesnuméros suppló- le pays; pour l'ótranger, le port en sus. mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Les abonnements sont d'un an et se régularisent tin Décembre. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser l'.ipence Los articles et communications doivent être adrosses franc de port a l'adrasse ci-dessus. Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 eta Paris, 8, Place de la Bourse. VIIJLE D'VPRES. Le nouveau Conseil communal a été installé hier, Lundi, a cinq heures du soir. Dès 4 heures et demie, une foule immense stationnait autour de l'Hötel de Ville ct envahissait le grand esca- lier cl les corridors. L'arrivce des conseillers est saluée par des applaudissements et des bra- vos. De rares libéraux se bornent a regarder. A cinq heures précises le coup de sonnette se fait entendre, la porte de la Salle Bleue s'ouvre et la foule inon- de l'immense salle. M. le Baron Surmont de Volsberghe, Bourgmestre encore en fonctions, preside le conseil. II ouvre la séance en prononQant un discours, en langue flamande, dans lequel il fait con- naitre les principaux points du pro gramme de nos amis. Void le discours de M. le Baron Surmont Uiers et Estimés Collègues, PermcUt'z mui, avant do procéder aux formal nés oHicielles de I'iristallation du Coiisril communal, de vous adresser quel- ques mots. Voici la première fois, depuis de lon- gues années, qu'une assetnblée, dont tous les membres apparuenneiit a noire opinion, siègc ii l'bólcl de ville, li y a quatre ans le corps électoi al avail élu une majorité catho- tique cells ibis, il n'a plus voulu de mé lange. Le conseil est-liomogène. Applau- dissemenls.) En moii nom et au nom des membres de la majorité de hier je félicite les élus d'au- jourdiiui, et leur souhaite la bienvenue. Bicnvenue surtout aux représentants de la classe ouviière, désignés par les ouvriers au corps électoral et envoyés triomphants dans cello enceinte. Applaudissements Mes eters Collègues, notre mission est grande el belle. Candidats, nous représen- tions plutöt les vues et les opinions d'un parti politique,qui nous avait désignés. Elus, saus abandonner ou renier nos principes, nous sommes devenus les représentants de la vilie entière, les représentants de tous nos coneitoyens sans exception. L'homme politique disparail dans celte assemblée. Dès que nous avons prêté le serment exigé par la lui, nous sommes constituéS les admi nistrateurs de la cité, les défenseurs de ses droitsles protecteurs de ses intéréts moraux et matériels et les intéréts moraux ne sont pas les rnoinS importants. Tout estconfiék notre garde, tout réclame les sacrifices de notre dévouement, les eftorts de notre intel ligence, l'amour de notre cceur Depuis les choses les plus essentielles.comme Instruc tion publique ou les établissements chari- tables, jusqu'aux détails les plus infimes de l'bygiène ou de la voirie, tout doit faire l'objet de nos constantes préoccupations. Tous les citoyens sont égaux devant l'ad- ministralion. L'auiorité doit faire règner la paix entre eux, et pratiquer k leur égard k tous, les régies de la justice. Telle est, tracée en quelques mots, la grandeur et la beauté de notre mission. Mais, ne nous faisons pas illusion k eet égard, cette mission n'est pas exempte de difïicultés. La tache sera rude parfois. Notre ville ne possède pas d'établissements industriels nombreux ou importants; son commerce n'est guère développé. Sa popu lation augmente k peine et par suite de la rictiesse extraordinaire de nosétablissements bospitaliers, les nouveaux venus sont le plus souvent des indigents, qu'attirent les res sources de la bienlaisance publique ou que nous envoient les communes moms riches. Le travail n'est pas (oujours abondant et nos ouvriers sont obliges souvent de cher- cher ;'i l'étranger les moyens d'élever leurs enfauis et d'eniretenir leur familie. La misère, conséquence inévitable de cette situation, est difficile k secourir ou k combattre d'une manière efficace. II y a beaucoup k faire sousce rapport, inutile de se le cacher. Ce problême grave et terrible doit être regardé en face, avec courage les moyens de le résoudre examinéset posés avec matu- rité et prudence, appliqués ensuite, d'une main ferme et sans bésitalion. C'est en fournissant du travail surtout, plutöt qu'en accordant des secours, même abondants, qu'il faut chercher k apporter une amélioration au sort des classes nécessiteu- ses. Peut-être, a-t-on, en général.trop négli gé ce moyen jusqu'ici. Nous avons été assez heureux de faire décider l'éreclion de deux établissements importants sur le territoire d'Ypres. C'est pendant queique temps du travail pour un grand nombre de nos con eitoyens et plus tard du débit pour les bouti- quiers et les artisans. (Applaudissements). En cette matière surtout, il y a lieu de songer au Proverbe, aide-toi, le Ciel t'aidera. La parole divine qui promet la paix aux hommes de bonne voionté, nous ga- rantit aussi la bénédiction de Dieu, sans la- quelle aucune oeuvre humaine ne peut pros- pérer. Applaudissements La situation commerciale et industrielle de notre ville rend égalemenl difficile l'aug- mentation de nos ressources financières. Impossible de demander k de nouveaux im- pöis un accroissement de revenus. Le bud get de la ville exige de la prudence et si la situation ftnancière présente depuis quatre ans des résultats, chaque année meilleurs, il n'est pas permis d'en abuser, maintenant surtout que ceriaines lois récentes exigent des frais plus considérables. Cependant que d'améiiorations encore k réaliser dans les quartiers surtout habités par la classe ouvrière. Ne nous laissons pas effrayer pat' la vue de l'avenir. Toujours de l'avant, n'ayanl devant les yeux que le bien k faire, la pros- périté de notre chère ville, le bonheur des Yprois. Toujours de l'avant avec notre con cours k lous et la bénédiction divine. Applaudissements Après ce discours, couvert paries applaudissements de l'asstmblée et du public, M. le Président prie Mes sieurs les Conseillers de préter ie scr ment preset it par Partiele I de la loi du 1 Juillet 1860: «Je jure fidélité au Roi, obéissance a la Constitution et aux lois du peuple beige. Avant de procéder a cette formalité, M. le Président prète lui-même ce serment, en flamand, entre les mains de M. Colaert, premier Echevin encore en fonctions et leplus ancien membre du Conseil. Puis tous les Conseillers, dans l'ordre de leur inscription au tableau, prêtent le même serment entre les mains de M. le Président, Le Conseil procédé ensuite a la no mination des Echevins. Le premier scrutin donne le résul- tat suivantM. Colaert est nommé premier Echevin pour un terme de huit ans, par 14 voix contre une donnéea M. Struye. Aörès la proclamation de ce scru tin, M. Colaert prête serment en qua- lité d'Echevin entre les mains de M. le Président, qui prie le premier Eche vin de vocloir présider la séance. M. Colaert va occuper le siège de la présidence, et en termes choisis et en flamand, remercie ses collè gues de l'honneur qu'ils lui font en lui confiant encore une fois les fonc tions d'Echevin, quTl a occupées déja depuis prés ue cinq ans. Des applau dissements accueillent ses paroles. M. l'Echevin-président fait procé der a la nomination du second échevin. Le serutin dormc le réèu 1 iat suivant: 14 voix a M. Berghman contre une voix a M. Struye. M. Berghman, élu second échevin pour une termede quatre ans, pré te serment, et, a son tour, adresse a ses collègues dans la langue mater- nelle quelques paroles des mieux senties pour les remercier du chcix qu'ils ont fait de sa personne. De nouveaux applaudissements saluent ce discours. M. l'Echevin-président fait approu- ver le procés-verbal de l'avant-der- nière séance et dépose celui de la dernière séance a l'inspection des membres. L'ordre du jour appelle ensuite la nomination des trois commissions formées sous la présidence des trois membres du collége. Quand l'ordre du jour est épuisé, M. Colaert remet la médaille de 2" classe obenue par M. Lameirc qui est chargé depuis 43 ans du trans port des malades, et la médaille de lre classe a M. Dézütter, employé a l'Etat-civil et a M. Boudry, chef de service au secrétariat, pour vingt- cinq ans de bons et loyaux services* M. le Président félicite chacun des fonctionnaires pour la distinction honorifique qu'il a plu au Roi de leur accorder. M. le Président annonce ensuite que les commissions seront convo- quées pour Jeudi procbain aux tins d'examiner les budgetset les comptes de la ville et des administrations cha- ritables comptes de 1894 et budgets pour 4896. M. Breyne-Devos demande qu'a l'avenir le conseil soit convoqué, en été, a 6 heures du soir au lieu de cinq heures. Le collége examinera la question. La séance est levée a 6 heures. La foule acclame les conseillers et les accompagne jusqu'a la dèmeure de M. Surmont de Volsberghe, qui offre un banquet a ses collègues. Le caril lon joue des airs joyeux pendant que la foule enthousiaste s'écoule. Aucun incident n'est venu troubler l'installation du nouveau conseil. Toutle monde est d'accoi d pour dire que nos amis ont donné a cette céré monie la plus grande solennité pos sible.

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Journal d’Ypres (1874-1913) | 1896 | | pagina 1