mmmil^ Mercredi 13 Janvier 1897. 10 centimes le N°. 32e Année. N° 3212. 0&!(@§mW*~ M Les socialistes et les paysans francais. Les droits sur les valeurs mobilières. Une intronisation mouvementée. Les recettes publiques Le marché au bétail. Y') sJS\W;iW£Ïi »sa /«W /rJMa Ü3 ^üiiÉ1 ram v-- ©J %gs®&S y On s'abonne rue du Beurre, 36, a Ypres, et a tous les bureaus de La JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est do 5 fr. 50 c. par an pour tout le pay3; pour l'étranger, le port en «us. Les abcnnements sont d'un an et se régularisent fin Daeembre. Les articles et communications doivent être adrosses franc de port a 1'adresse ci-dessus. postc du royaurae. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le corps du journal coütent 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne LosnuméroS supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgiaue excspté les 2 Flandres) s'adresser a VAgence Eavas Bruxellos, rue da la Madeleine n° 32 et a Paris, 3. Place de la Boiirse. Les socialistes, par la plume de M. Jaurès, viennent d'adresser a la France paysanne un appel qui ré- vèle une naivete surprenante on dis— simule une perfidie calcule'e. II y est expose que le collectivisme a été présenté par ses eunemis sous un faux jour et qu' il n'y a de salut, pour les paysans commo pour les ouvriers, que dans ['organisation de la propriété collective. A première vue, parler de propriété collective aun pay- san, lui dire en langage plus on moins clair qu'on travaille a lui assurer la jouissance de toutes les terres de sa commune, quitte a lui enlever la pos session exclusive de son champ, ne semble pas un moyen de propagande révolutiounaire bien efficace, ni par conséquent, bien dangereux. C'est ce qui peut faire supposer a tout homme ayant la notion des sentiments simples mais passionnés de la masse rurale, que les socialistes sont des naïfs. Mais, a la suite de lappel de M. Jaurès, il v a un questionnaire et c'est par lui que la seconde hypothèse, celle de la per fidie calculée, sejustifie. Ce questionnaire, au point de vuc de la pi atique agricole, est un gali matias triple. Les renseignements qu'il peut fournir auront nécessaire- ment une. signification différente et aboutiront a des conclusions coutra- dictoires, suivant les pays divers dob ils émaneront. Le moreellement excessif de la pro priété, par exemple, qui est un élé ment de progrès et d'accroisement de la production dans laGironde, 1'Aude, l'Hérault et le Gard, pays viticoles, serait un malheur dans le Nord, pays de production sucrière, et deviendrait une calamité en Normandie et en basPoilou, pays d'élevage. Mais, parmi ces questions mal con- cues on en a glissé quelques-unes qui sont trés précises et trés elaires, du moins quant a 1 intention qui les a dictees. Ge sont celles qui ont trait a la condition non pas des fermiers ni des paysans proprement difs, mais des ouvriers agricoles, des valets et des servantcs de ferme. On s'inquiète de «avoir quel est le laux de leurs salai- res, s'ils sont victimes du chómage, comment ils sont nourris et logés. C est a ce proletariat rural, souvent instable et nomade, et non pas a la classe paysanne atfachée a sa chaumiè- re et a son champ, que valasollicitude socialiste. L'ame deces déshérités, plus beureux pourtant etmieux assures du lendemain que les ouvriers des villes, est le foyer ou peut s'allumer le plus aisémen 11 incendie des convoitises en- vieuses.G'estle personnel dune Jacque rie que les socialistes flatteut avant de le con vier a Paction. Preuve nouvelle que leur politique ne s'appuie que sur lahaine et ne pent produire que le bouleversement, laruineet la sauva- gerie. Resultats pcu satisfyisants. L année 189Gn aurapasétébonnepour le flsc francais, en ce qui cancerne les divers impots qui pèsent sur les va leurs mobilières. L'administration des finances vient de faire un releve qui permet, en effet, de faire les consta- tions suivantes L i input surles opérations deBourse, dont le montant était évalué, d'après les previsions budgétaires, a 10 mil lions et demi,na donné que o millions pour 1'année entière, soit un déficit de 5 millions et demi. La reduction du taux de l'impöt sur les opérations con- cernant les rentes francaises a certai- nement contribué a cette diminution, mais elle n'a qu une part dans ce ré- sultat. La principale cause du déficit doit être cherchée duns la facheuse reper cussion qu'ont euc sur le marché financier les divers projets fiscaux mis en avant dans la première moitié de l'année dernière et tendant a ètablir l'impöt progressif sur le revenu global ou a imposer la rente francaise. Les autres branches de l'impöt qui frappent la fortune mobilière ont donné des résultats aussi peu salisfai- sants. La taxe de 4 0/0 sur les valeurs mobilières, estimée a 00 millions pour l'année entière, n'a donné que 63 millions, soit 3 millions de déficit. Cette moins-vaiue est due a la diminu tion des dividendes déterminée par le ralentissement des affaires. Enfin, le droit de timbre sur les valeurs, taut francaises qu'étrangères, estimé a 38 millions, n'a donné que 31 millions, soit 7 millions de déficit. Le timbre sur les rentes des gouver- nements étrangers contribué, en par ticulier, a cette moius-value popr prés de 4 millions et demi. L'élëvation du tarif mis en vigueur l'année der nière n'a pas produit tous les résul tats qu'oii en attendait. Ces constatations inspireront sans don ie quelque prudence au gouver nement dans la preparation des projets fiscaux dont le dépot prochain est annoncé et qui comportent, parait- il, des dispositions destinées a toucher le marché financier dans une certaine mesure. Vendredi dernier, ia cérémonie d installation du nouveau primat del'é- glise anglicane dans la cathédrale de Canterbury a élé marquée par un in cident dramatique. Le docteurTemple avait déja siégé sur son tröne archi- épiscopal ct les dignitaires écclésiasti- ques le conduisaient processionnelle- ment, a travers la nef et les cloitres a la maison du chapitre, lorsqu'un cler gyman placé a l intérieur de la cathé drale lout prés dc ia por te, fit enten dre une vébémente protestation. Ap- préhendé par des constables, il fut expuisé au milieu de lemotion géné rale. On croyait avoir affaire au ré ve rend S. D. Browjohn, qui a émis con- tre l'élection du docteur Temple des objections fondées sur I'incompatibili- té existant entre les opinions théolo- giques de eet écciésiastique et les ter mes des formulaires de l'Ëglise. Mais M. Brownjohn n'était, parait-il, nu He men t responsable du scandalele pro- testataire était un laïque, M. Green wood. II a declare, a la station de police de Canterbury, ou il est présentemeiit interne, que les paroles qu'il avait adressées au nouveau primat étaient les suivantes M. le docteur Temple, tout ce service n est qu'un iorig meu- songe. Tout dans cette cérémonie n est que fraude et tricberie. Invité a faire connaitre les raisous pour lesquelles il avait cru devoir s exprimer en ces tormes, M. Greenwood a ajoutó qu'il voulut protester coritre la ridicule co- médie du congé d élire eet usage qui donne lieu actuellement a une vivc polémique de presse et par lequel c'est la eouronne qui designs a l'Ëglise le candidal de son choix a tel ou tel siége vacant. et la consommation du tabac en France. Le gouvernement francais vient de faire publier le tableau de rendement des impöts pour les onze premiers mois de l'année. Au Ier Décembre dernier leSimpöts directs avaient 85,789.200 francs de plus que le montant des dotizièmes échus. Les impóts indirects présentaient une diminution de 29,411,000 francs sur les évalutions budge- taires, mais les recettes des monopoles étaient en avance de 27,023,000 francs sur ces prévisions et fes recettes diverseS de 4,572,000 fr. La caracléristique du tableau publié par le gouvernement, c'est une baisse énorme de 37 millions 1/2 sur les produits de l'enregi- strement et du timbre et, par contre une augmentation de 16 millions 1/2 sur les boissons et une autre fort surprenante de 27 millions sur les tabacs, les pastes et télégraphes. Pour cequi est des postes et télégraphes, la majoratiori de 10 millions sur une recette totale de 180 millions n'a riende bien sur- prenant, étant donné l'extension de plus en plus considérable des relations par corres- pondanoe. Nous ne saurions en direautanl du tabac. Une augmentation de 16 millions est chose assez étonnante, si on considère lrsrende- ments des années antérieures. II y a peu d'années, on se trouvait trés beureux de ia perspective d'une recette de 1 million par jour. Cette recette estdéjéde 357 millions pour les onze mois écoulés.Elle dépassera trés certainement 380 millions pour l'exercice entier. La progression tient sans nul doute aux mesures législatives qui ont été prises contre la fraude, mais aussi surtout au développe- ment de la consommation générale. Elle porte sur les cigarettes, le tabac k turner or dinaire et les cigares communs. L°s allumettes chimiques sont les seuls produits qui ne progressed pas.Elles auront beaucoup de mal atteindre les prévisions budgétaires qui s'élèvent ft 28 millions. Dans une des dernières séances du con- seil communal, il a élé question d'établir w3 I K" a T/.r.vw>& f.(w_<*.4',>!i S. (So! sSjSiSS&S» asËMïa^#®^#® iwtö®SBS<S!S WPyfygstm

HISTORISCHE KRANTEN

Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1897 | | pagina 1