m o ?££J£Lc Mercredi 8 Février 1897. 10 centimes le N°. 32e Année. N° 3218. La Famine. La question flamande. L'hiverde 1896-1897. On s'abonne rue au Beurre, 3B, a Ypres, et k tous ies bureaux de poste du royaume. Le JOÜRKAL D'YPRHS parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est de 5 tc. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnement® sont d'un an et se régularisent fin Decembre. Les articles et communications doivent être adrosses franc de port a l'adressa ci-des'sus. Los annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le corps du journal coütent 30 centimes la ligne. Les insertions judiciairest franc la ligno Les numéros supplé- mentaires coütent to francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Balgique axcepté les i Flandres) s'adrossar A l'Agence Uavas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Dans diverses régions de l'Espagne, pi in- eipalement en Andalousie, il règne en ce moment une horrible misère parmi les classes ouvrières de la campagne. La mau- vaise récolte des céréales, la maladie qui sévit parmi les o'iviers, lts pluies torren- lielles qui tombent depuis prés d'un mois sans discontinuer, er-fin les guerres de Cuba ei dts Philippines qui ont paralysé et le commerce et ragrieulture sont autant de facteurs qui ont contribué créer eet état de choses. Une vérilable famine régne dans le Midi de l'Espagne. La province de Séviile est la plus éprou- vée de toutes. La situation des loealiiés de Casariche, Estepa, Roda, Tocina et Ossuna est vraiment épouvantable. A Casariche, la majorité des habitants se trouve littéralement affamée et implore dans les rues un morceau de pain. Le cooseil communal, qui dispose de la somme de 1,500 pesetas provenant du chapitre des imprévus de son budget, a sol- licité du gouverneur civil l'autorisation d'em- ployer eelte somme soulager la misère de ses adn.inislrés. A Tocina, ia caisse commu nale est absolument vide et le conseil se j voit réduit demander des secours au gou verneur. A Roda et it Ossuna, les ouvriers affamés onl pris une attitude menscante, et il a faliu envoyer une eseousde de gendarmes aux dites locnlités pour y maintenir l'ordie. A Estepa, ies affamés, porlant dans les bras leurs enfants presque nus, se sont d'abord iimïtés it se rassembler devant la maison communale en demandant grands cris du travail. Puis, ils ont perdu patience et fait mine de prendre d'assaut ia maison. Les gendarmes ont dü titer en l'air pour disperser la fou'e ameutée et ont fait pi ison- niers buit des plus récalcitrants. A Jaën, des scènes analogues se preduisent contii uelle- ment. Les ouvriers prennerit d'assaut ies boutiques ou les voitures des boulangcrs el les meitent sac. Beaueoup de maisons de campagne isolées, dans les environs de Séville, ont égaiement été assaillies.l'n détail assez intéressant est que les mutins ne s'em- parent que des vivres qu'iis trouvent sous la main et laissent intacts l'argent et autres valeurs. A Cordoue et dans la province du même nom, la situation n'est guère meilleure. Les autorités organisent des cantines économi- ques des miliiers de misérables trouvent de quoi apaiser leur faim. La municipalité de Bilbao et la députation provinciale ont in- stallé dans cette viile des cantines de ce genre. Le premier jour de leur fonctionne- rnent, cis éiablissemenls ont distribué, Bilbao, 2,550 rations a des hommes c-t des femmes, et 512 demi rations it des enfants. En gériéra!le problème social en Espagne constitue présentement une des plus graves préoccupations du gouv rnement. Notre Sénaleur, M. le Baron Sur- mont de Volsberglie, est violemment attaqué par plusicurs journaux fla- mands, a propos du discours qu'il a prononcé au Sénat sur la question flamande. Nous ne mécormaissons pas a la presst! le droit de critiquer les opini- uions de notre sénateur. Ou peut clillcrer [d'avis sur l'importante ques tion qui se discufe, en ce moment, au Sénat, et ft onver même inoppor- funes ceriaincs plaisanlcries dont M. Ie Baron Surmont a cru pouvoir sc servir, non pas conlre le flamand, mais conlre ceriaincs flarninganls exaltés, peul-ciro inconscients. Mais ce que nous blamons, ce conlre quoi nous croyons devoir protester de ton les nos forces, cc sont les plattes injures dont certaine presse s'est servie a l'endroit de notre sénaleur. Les mois de Uliaertde trailrc, dc Idche sont vite dits. Mais ce nc sont que des injures, indignes d'uue bonne cause, digues tout au plus dc certains eerveaux brulés, injustesen tout cas, quand cites s'adressent a un homme comme M. 1c Baron Surmont, qui a rendu de sérieux services a la cause flamande. Ce n'est du resiepas la première fois que nous trouvons ces mots dans cer tains journaux flamands. Nous les avons même vu figurer naguère sur des affiches contre l'un de nos depu tes,qui s'était permis de critiquer avec modération certain article de la loi Devigne-Coremans, sur l'emploi de la langue flamande en malière repressive. Cetaient les meines injures, et elles visaicnf, outre ie depute d'Ypres, MM. Dc Haerne et De Lantsheere. On ne dira pas que les prélendus sarcasmes Je M. le Baron Surmont de Volsbergbe justifient ie langage des journaux dont nous parions. MM. De Haerne, Dc Lantsheere et Colaert n avaient rien dit qui put nuir'e a la cause flamande ou iroisser ses parli- sans. Encore, si les injures élaient des arguments, mais cela n'est point. Enfin, Si M. Surmont de Volsbcr- ghe avait dit tout ce qu'une presse hoslile et exaltée lui altribue Mais, cela n'est pas davantage En attendant que nous puissious reproduire, in extenso, le discours de notre honorable Sénateur, nous fai- sons uölre l'articlc suivant du Uien Public, qui apprécie plus sainement la situation que le Flaamsch Polk et d autres journaux. Nous reviendrons du reste sur la question. Voici l'article du Uien Public Certains journaux commented avec une extreme vivacité le discours prononcé dans ia séance du Sénat, vendredi dernier, par M. le baron Surmont de Velsberghe. L'honorable sénateur pour Ypres a annon cé qu'il s'abstiendrait au vote. 11 s'est efforcé de justifier cette attitude. II est sans dou'.e permis de ne pas trouver ses arguments péremptoires, et de les combatlre mais on devrait au moins iui tenir compte de sa franchise. Elu par un arrondissement flamand, M. le Baron Surmont de Volsberghe, s'il n'avait éeouté que son intérêt, se serail empressé d'accorder au projet une approbation sans réserve. S'il s'abslient, c'est, apparemment, qu'il place au dessus de son intérêt, le droit d'expiimer sa conviciion sans ambages. A une époque ou l'on se plait considérer les réprésenlanls et les sënate.uis comme de simples domestiques, uniquement chargés de procurer it leurs électeurs des porits, des pavés, des decorations et des places, il faut un certain courage aux mandataires de la nation pour afïirrner leur droit d'avoir une opinion propre. Encore que cette opinion puisse paraure erronée, leur courage devrait leur valoir certains ménagements. M. Surmont de Volsberghe, Flamand d'origine et de coeur, a tenu ii répudier les cxagéralions de certains groupes flamin- gants. II a protes'.é sussi contre le mandat impératif, accompagné desommations inso- lentes, que certains orateurs de meeting entendenl imposer aux membres du Parle ment. Le Vlaamsche Volk, immédialement, a ouvert lecluse aux vitupéralions. Citons le début de son article Traïtre et laefie. Surmont de Volsberghe,sénateur d'Ypres. Honte sur le Lciiaert Non seulemect traitreuse mais lache fut la conduite de ce Flamand rérégat, qui, eet après midi, osa élever ia voix contre le bon droit, contre le plus sacré des droits de son pcupie.... Traitre, oui, car ce monsieur fut élu sur le programme des droits des flimands i'odigé par les flamaeds et adoplé dans la séance qui cut lieu en l'honneur de M. Core- mans il fut élu par la population du coeur de la Fiandre. Ce que ce noble flamand abalardi se permit, n'a pas jusqu'è ce jour été égalé par le plus vil insuiteur des Flamands. Et ainsi de suite. C'est par ces fleurs de style que le Vlaam sche Volk s'efïorce d'étabiir qu'il n'y a pas d'exagérations flamandes.... Au fait, nous ne sommes plus dans le domairie de i'ex3gé- ration.... Nous voudrions bien savoir si le poutfendcur de M. le baron Surmont con- serverait sa belle verve, dans le casoüon le chargerait de traduire, sous sa responsa- biiité, le code de procédure civile. Nous en doutons un peu, sur le vu de la traduction qu'il donnc du discours de M. Surmont. Voici, en efïet, les paroles qu'il attribue l'honorable sénateur et qu'il publie entre guillemels, affirmant ainsi qu'elies sont, non un résumé, ni une interpolation, mais une reproduction textuelle Le mouvement ilamand est semblable une vieille douairière, qui est violée par un tas d'exploiteurs, au profit de leurs passions basses c'est un mouvement de trouble, car les soi-disant flarninganls ne sont que des démccralcs chi étiens dévoyés. La loi présenlée au Sénat n'est pas seu- lement inutile elle est stupide et dange- reuse «Jer.evcux pas souiller ma conscience en la votant. Je re vtuxpas isoler les Fiamands de la France éclairée et civilisée. Je ne veux pas entasser ie pcupie fia- mand dans ce misérable petit coin de ter re qui s'appelie la Fiandre, et cü il étoufferait bientöt dans sa propre graisse. Et voilh pourquoi je ne voterai pas cette loi. M. le baron Surmont sera étonné sans doute des audaces de la traduction que publie ie Vlaamsche Volk. Notez que, dans son compte-rendu de la séance, le Vlaamsche Volk ne soufile plus mot du discours de l'ho norable sénaleur. It se borne it renvoyer la traduction que nous donnons ci dessus, et qu'il enchasse dai s son article de fond De pareils procédés désarmenl i'irdigna- lion et ne laissent plus dc place que pour la pitié. La glacé. L'uiver hat son plein en ce moment et donno raison aux pronoslics fails l'automne dernier, sur sa piëcocité et sa rigueur. On avait cru un moment que les prévisiors sur sa précocitë seule, auraient été justifiëes par l'évènement. Eu iffet, si ia glacé avait été assez solide pour permettre le patinage avant le lr Décembre, ce qui est rare chez nous, cette première période de froid avait Hffil»-

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1897 | | pagina 1