Mercredi 10 Mars 1897. fo centimes Ie N°. 32e Année. N° 3<227. MANDEMENT DECARÊME. L'enseignement et la Fcanc-niaconnerie. On s'abonne rue au Beurre, 36, 4 Ypres, et k tous les bureaux tie poste du royaume. Le JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et le Samedi. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans la corps du journal coüj&nt Le prix da l'abonnement, payable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout 30 ceniimes la ligne. Les insertions judieiaires1 franc la ligna Les numéros supplé- le pays; pour l'étranger, le port en sus. mentaires content 10 francs les cent exemplaires. Les abonnement» sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les a Flandros) s'adrosser a 1 'A.gencs Les articles et communications doivent être adrosses franc de port a l'adressa ei-dessus. Kavcs Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et Paris, 8, Place de la Bourse. Guslave Joseph WAFFELAERT, Docteur en Théologie, Par la miséricorde de Dieu et la grace du Saint-Siége Apostolique, évêque de Bruges, au clergé et aux fidèles de notre diocèse, salut et bénédiction. Nos trés chers Frères, Le bonheur est le premier besoin de la nature humaine. C'est le désir d'ètre heureux qui est le secret mobile de toutes les actions de l'homme, la raison intime et dernièrc de lous les efforts qu'il tente, de tous les sacrilices qu'il s'impose. De plus, l'homme a été créé par Dieu et doué par Lui d'inteliigence et de liberie, afin qu'il place son bonheur et le cherche la oü seul il peul le trouver, c'est-a-dire, en Dieu, sa fin dernière et son bonheur suprème. Mais, comme son intelligence a des limites, comme sa volonlé a des défaillances, et que son corni est en bulte aux passions, il arrive bien souvent que l'homme, trompé et comme fasciné par les vains dehors et les apparences Irompeuses, et oublieux de ses destinées immortelles, aille demander son bonheur aux biens passagers de ce monde et croit trouver sa félicité dans les satisfactions accordées a ses appétits grossiers. I. De nos jours, plus que jamais peut-èlre, ils sont nombreux ces hommes abuses qui s'acliar- nent k la poursuite des honneurs, qui sont avides de plaisirs, qui ne convoitent que les richesses et ne demandent qu'a jouir, comme si la jouissance de ces biens périssables pouvait être le but de leur existence, et devait seule leur assurer le vrai et parfait bonheur. Les progrès matériels eux-mêmes, qui font la gloirè de notre siècle, ne laissent pas que d'avoir exagéré cette exuberance de la vie des sens. L'observation judicieuse des phénomènes de la nature, l'élude approfondie de ses lois, les découvertes de la science moderne, et les merveilleuses applications qui en furent faites sur le terrain pratique, attirèrent Irop exclu- sivement l'attention du grand nombre sur le cöté materiel de la vie, au grand détriment des intéréts supérieurs de l'ordre moral et religieux. Le bien-être matériel, les jouissances du corps, le confortable et les commodités de la vie, la gloire et l'opulence apparurent aux yeux de beaucoup comme le seul bien k réaliser, comme le seul but a atteindre. Et cependanl, Ie dix-neuvième siècle, qui peut se glorifier a juste tilre d'avoir accompli, surtout au cours de ses dernières années, tant et de si grands progrès, peut-il aussi se vanter de nous avoir fait perdre le regret du bon vieux lemps, même au point de vue purement temporel? Non, et la raison en est simple quand les progrès dans l'ordre matériel ne marchent pas de pair avec le développement, ou tout au moins, avec la conservation des idéés morales et des convictions religieuses, loin d'augmenter la somme de bonheur de l'individu et de la sociélé, ils ne servent souvent qu'a engendrer des misères plus profondes et des abus plus criants a preuve, les fraudes criminelles, érigées aujourd'hui en syslème, les falsifications des marchandises et des denrées alimentaires, si préjudiciables a la santé et k la prospérité publiquek preuve encore, en dehors de ces abus coupables, tant d'autres conséquences, imprévues autant que calami- teuses, qui déjouent tous les calculs de la pru dence humaine, et ne relèvent que de la seule providence divine, laquelle semble permettre parfois que l'homme trouve dans les fruits mêmes de ses propres ceuvres, le premier chk- timent de son orgueil et de sa témérilé. Ainsi, le dépérissement de l'agriculture dans nos campagnes si fertiles les chómages dans nos centres industriels les crises intenses qui se succèdent saus relache dans toutes les branches de l'activité nationale, k quoi faut-il les atlri- buer? N'est-ce pas, en partie du moins, k l'incroyable facililé des communications, qui, supprimant les distances, a fait tomber les barrières qui séparaient les peupies N'est-ce pas a la substitution des enginset des machines k faction immédiate de la main de l'homme, et a tant d'autres innovations, qui, pour iou- ables qu'elles soient, en elles-mêmes, n'en ont pas moins rompu l'cquilibre sur le terrain économique et jeté le désarroi dans le monde du travail. Ajoutez a cela les mille besoins nouvaux, les exigences toujours plus grandes et plus nombreuses, les ambitions et les apres convoitises qu'une civilisation trop avancée doit nécessairement faire naitre, mais qu'elle est tout aussi fatalement condamné k laisser inassouvies. Si notre siècle, N. T. C F., doit marquer dans les annales de l'histoire, comme un siècle de progrès et de lumière dans l'ordre matériel, ne sommes-nous pas aulorisés a adresser k certains savants et inventeurs de notre temps, ces paroles de l'Esprit-Saint, écrites, il y a des milliers d'années, au livre de la Sagesse «Tous les hommes qui n'ont point la connaissance de Dieu. ne sont que vanité; ils n'ont pu comprendre par les biens visibles le Souve- rain Être, et ils n'ont point reconnu le Créa- teur par la consideration de ses ouvrages... Que s'ils ont admiré le pouvoir et les effets de ces créatures, qu'ils comprennent de lk com bien est encore plus puissant Celui qui les acrééescar, la grandeur et la beauté de la créature peut faire connailre et rendre en quelque sorte visible Ie Créateur... S'ils ont pu avoir assez de lumières pour connaitre l'ordre du monde, comment n'ont-ils pas découvert plus aisément celui qui en est le dominaleur(l) Chose étonnante, et qui ne tendra guère k la gloire de notre temps Les vérités qui font le fondement mème de la religion, lelies que l'existence de Dieu, d'un Dieu unique et person nel, d'un Dieu Créateur et Maitre Souverain du ciel etdela terre, il a fallu, après dix-neuf siècles de christianisme, que l'Eglise catholique les proclamat k nouveau, dans son dernier Concile général tenu au Vatican, et les élablit a l'encontre des rèves creux et des négalions insensées de nos Sages modernes, absorbés et comme ensevelis dans la matière (2). Ce qui doit moins étonner, c'est que l'éternel ennemi du genre liumain ait su mettre a profil ces tendances rcgreltables, poür entrainer un plus grand nombre d'hommes dans sa perte et troubler jusqu'au bonheur qu'ils auraient pu goüter ici-bas. Quand il s'aper§ut que les Ihéories perverses avaient pénétré dans les masses populaires que les mauvais exemples donnés par les patrons et par les maitres avaient propagé l'impiété et la débauche dans les rangs des classes ouvriëres que la foi en Dieu, la fidélité au devoir, l'espérance d'une vie future et meilleure étaient amoindries dans les ameset que, en mème temps, la soif immodérée des jouissances charnelles, non moins que la tyrannie de maitres iniques et barbares, avaient suilisament attisé la convoi- tise et la haine au coeur des besogneux alors, croyant que l'heure était venue, il erwoya ses émissaires, artisans du mensonge dontil est le père, et soullla parlout le feu des jalousies envieuses, le vent de la révolte et de l'émeute, dans le dessein a peine déguisé d'envelopper l'Eglise et la société dans la même ruine et de reinplacer l'ordre et la sécurité publique, la paix et la charité, le peu qui reste de bonheur sur ia terre, par le règne du désordre, de la haine farouche et du sombre désespoir (1) Sap. XIII, 1-9. (2) Si quis unum verum Deum visibilium et invisibilium Creatorem et Dominum negaverit, anathema sit. Si quis proffer materiam nihil esse affirmare non erubuerit, anathema sit. (A continuer.) Nous avous souvent écrit que l'en- seignement neutre est l'oeuvre de la Franc-maconnerie. Digae fille de Satan, la secte impie et révolutionn tire ne négligé aucun raoyen pour chasser Dieu de l'écolc et de lame de l'enfance. La oü le gouvernement est entre les mains des francs-macons, FEtat in- staure l'enseignement neutre, saus souci des rósultats funestes que doit infailliblement produire une instruc tion basée sur une morale sans sanc tion, sans Dieu. Nous avons vecu, en Belgique, sous un gouvernement pared. Abandonnant les idéés de la loi de 1842, oeuvre de conciliation, le ministère dit des sept franc-macons qui sévit en Bel gique de 1879 a 1884, a instauré l'école neutre, dès sou arrivée au pouvoir. II ne tint comptc ni des vceux des families catholiques, ni des avertissements de 1'épiscopat, ni des protestations do certains libéranx, entre autres du Prince dc Ligne, pré sident du Sénat. 11 faillait rouler le cadavre du catholicisme'dans la fosse, selon l'expression du F/, Van Hum- beeck, ministre de i instruction pu blique ct le raoyen le plus sur d'ar- river a eet euterremen't civil consistait incontestablement a preparer des ge nerations sans Dieu et sans morale. Heureuscment la Belgique a sécoué bien vite le jong des franc-macons. La fosse ouverte a la Religion a en- glouti la franc-maconnerie et sou complice, le libéralisme.; et, du même coup morte la bete, mort le veniu l'enseignement neutre a disparu de la loi. Ce n'est pas que l'iüstruction neutre et laïque n'ait produit ses effets. De laven des socialistes eux-mêmes, l'écolesans Dieu a été la pépinière du socialisme. Mais le peuple beige, plein de bon sens et d'esprit religieux, a donné sa confiance au p irti catho lique qu'il a chargé de réparer les maux causes par la politique nefaste du gouvernement liberal. En France la franc-mayonncric règne toujours, et avec elle l'ccole neutre et sa suite les folies dépenses, les persecutions odieuses, la recru descence dans la criminalité, la stéri- lité des méthodes, Fignorance même, oui, l'ignorance Du reste, la banqueroute est géné rale. Nous l'avons constaté pour l'Italie, dans un précédent numéro, en reproduisant une leltre écrite par le ministro de Finstruction publique du royaume Subalpin. Aujourd'hui la franc-maconnerie francaise fait des aveux insiructifs. Saus don te, elle ne propose pas, comme le ministre fl"Italic, de reve- nir a l'ancienne morale. Mais Ie voeu exprimé au dernier Convent n'en est pas moins significatif. En constatant les aveux dc la franc-maconnerie, nos lecleurs commenteront eux-mêmes le factum du venerable F/, Corcueil un norn predestine qui renferme plus d'une lecon dont les catholiques sauront tirer profit. Nous reproduisons textuelicment le compte-rendu dos travaux dc l'asseni- ldéc générale de 1896, page 182 Considérant que le cours de morale present par la loi de 1882 devant se faire lous les jours dans les écoles, n'est fait qua d une mauière tiès imparfaite, et qu'il ne produil que peu ou pas d'efïet sur les enfants et les jeuoes geus des deux sexes.

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1897 | | pagina 1