«Sgp mm Mercredi 5 Mai 1897. 10 centimes le N°. 82e Année. N° A Xt DE frr Les événements d'orient. Le régime scolaire dans le Grand Duché. a On s'abonne rue au Beurre, 36, a Ypres, et La JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et. lg^Sftmedt. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est'" tie 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnement» sont d'un an et se régularisent fiti" Décembre. Les articles et communications doivent être adrossas franc de oort A I'adresse ci-dessus. a tous les bureaux de poste du royaurae. Les annonces content 15 centimesla ligne. Les réclames dans le corps du journal cofitent 130, ceniirnes la ligne.Les insertions judiciaires1 franc la ligna Les numéros supplé- mentaires coütent to francs les cent exemplaires. i Pour les annonces de France et de Belgique oxceptó les 2 Flandres) s adrosser A 1Agence I Ilavas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8. Place de la Bourse. La situation militaire. La nouvelle des combats de Velcslino est confirmee jusqu'ici les Grecs out eu l'avantage, il parait mème que les Turcs, qui eroyaient enle\er cette posiliori facilement et qui comptaient sur la démoialisa ion de Painn'e grecque, out éprotné de g-ande- per- tes. G'esl la brigade du colonel Smo- lenski, nouveau chef d état-major, qui a soutenu letTorf dt ces engage ments et qui s'est ïrès bratcmeiii con duite. II y a, dil-on, quinze mille hommes réunis a Velestino, (rente mille sont k Pharsale. Quant aux 'i urcs, ils ont occupé Trikala et,de la, vont marcher sur Pharsale, tandis qu'un autre corps d'armée marche de Larissa sur Velestino. C'est l'avant-garde de ee second corps qui vient d'etre hrillam- ment repoussée par le colonel Sirio- lenski. Ge fait prouve au moins que Ton exagérait beaucoup quand on prétendait, après le désastre de Tour- navos, que i'armée grecque n'existait plus elie existe encore et les Turcs s'eri apercoivent. 11 est vraisemblable toutefois, que les corps engages a Velestino sont ceux dont le moral a été le moins at- teint, tandis qu'on laisse se réorgani- ser a Pharsale les regiments les plus def'aits. C'est la, sans doute ce qui ex- plique que lort n'ait pas dirigé sur Velestino, de manière a y écraser 1'avant-garde turque sous la supério- rité du nomhre, une grande partie des troupes qui, pour le moment,sont inutiles a Pharsale. En Epire, les Grecs assure,-t-on bat- tent décidément en retraite ils out, abandonné le défilé de Pente-Pigha- dia et se concentrent autour d'Arta. P.éussiron t-ils cle ce cóté a défendre la frontière Enfin, Ton ue recoil presque aucune nouvelle de la flotte grecque on dit seulement que 1'escadre de l'Est aurait renonce au bombardement de Salo- nique et quelle se réunirait dans le port de Volo en prevision de l'occnpa- tion de cette ville par les Turcs. L'escadre de i'Ouest continue k bombarder Prévesa sans résultat. Quelle est la raison de cette iinpuis- sance de la flotte grecque dont faction, disait-on, devait être si redoulable? Pourquoi ne bombarde-t-elle pas Sa- loniqueou n'essaie-t-elle pasde forcer les Dardanelles /a défaite des Grecs a Pente-Pighadia. Uiie dépêche de source turqueassure que la défaite de Pente-Pighadia a été suivie d'uue panique générale des troupes grccques. Veudredi matin il ue i esiail plus un seul soldal grec sur la rive turque de 1'Aria. Les Grecs encahissant une seconde fois l'tpire. Samedi, au commencement du jour, I'armée grecque a fait une nouvelle invasion en Epire. Le 6e régiment s'est avancé jusqu au Philippiades, qu'd a occupé pour la 3e fois sans combat. L'eanemi reste toujours a Penie- Pighadia. Les Turcs occupent égale- ment le pont sur le Louros. Lagitation en Epire. D après uue dépêche de Carvasaro, la population des campagnes s'est ré- fugiée a Aria au milieu d une agitation indescriptible. Tous les magasins de la ville sont; iermés. Dans le monde militaire, on agite beaucoup la question de savoir s'il faut battre en retraite. Un prêtre en armes prèche la croisade sur les places publiques. On voit des Hammes dans la direc tion de Pliiiippiades. Hier un grand nornbre de bergers conduisant plus de •300.000 moutons ont campé aux environs d'Arta. Les béiements des troupeaux, les feux alumés par les bergers, les cloches des égiisesqui sonneiit méiancoliquemeiit dans la nuit, donnent a la campagne un aspect fautasmagorique. Le pont improvisé sur l'Arta a été détruit. L'armee grecque occupé toutes les positions enviroimaiites. La cavalerie a fait des reconnaissan ces en avant d'Arta. Vattitude du Sultan. M. Cambon, ému de Tattitude du Sultaü vis-a-vis de la France, a fait une démarche personnelle a Vldiz Kiosk. 11 a donné a entendre a Abdul Ilamid que la France, l'Angleterre et la Russie sont résolues 1° a prote'ger efficacement les sujets grecs résidant en Turquie, et 2° a conserver la Thes- salie a la Grèce. Le Sultan, dans sa réponse, a decla re que ses decisions dépendraient de la tournure des événements. A la suite de cette entrevue,un con- seil des ministres a été convoqué d ur- gence. Le luxembourg est un pays fidèlement attaché aux crcyances de ses pères, et les non-eaiboliques y torment une minorité k peine digne de mention. Néanmoins il subit depuis la loi du 20 avril 1881 un régime scolaire des plus libéraux au sens beige du mot et des moins catholiques. Malgré les traditions encore vivaces des siè- cles de foi, malgré les bons résultats qu'avait obtenus la pacifiquecoilaboration de l'Eglise et du pouvoir civil, l'Etat s'érigea maitre d'école universel et s'arrogea le plus absolu monopole de lenseignement. Ne tenant compte que des exigences d'un libéralisme sectaire, certains hommes, ban- queroutiers de la foi de leurs ancètres, cru- rent faire oeuvre de progrès en dotarit leur pays d'insttiutions scolaires selon Gesprit des Paul Bert et des Jules Ferry. On n'arriva point, il est vrai, du premier coup k la tri- logie jacobine de 1'obligationüe la gratuité et de la laïcité. Cette trop grave alteinte aurait ému les consciences luxembourgeoises; on prétéra agir lentement, pas k pas, par petits paquets. L'obligation del'enseignement fut décrétée purement et simplement. Le démon de la laïcité montra timidement la tête, et le principe de l'école sans Dieu tut adopié, tout en laissant it l'avenir le temps d'en déduire les abominables conséquences. La surveillance de lenseignement pri maire appartinf des lors exclusivement it FEtat, et it son sous-ordre, la commune (art. 71.) Par une sorte d'ironie, le législa- teur réserva (art. 72) la surveillance de lenseignement reli-gieux au chef du culte rèspecttf tout en slaluant que les visites de ministres du culto ne concerneront que le seul enseignement religieux et no pourront avoir lieu que pendant les heures lixées comme si lenseignement teligieux devait être nettement séparé de lenseignement im- proprement appelé laique (art. 21). com me si l'institutuer, au ben d'être l'auxiliaire du prétre dans la noble tache de 1'éducation des enfants en était forcément 1'ennemi-tié et l'adversaire fatal. On poussa la générosité jusqu'a permetlre encore au prêtre dedonner lenseignement religieux dans le local de l'école aux jours et heures fixés après enten te par l'administration communale... Ces dispositions lyranniques, les protesta tions du clergé et surtout de son vénérable chef Mgr Adames aident. froissèrent les ca tholiques. Aussi le gouvernement, en posses sion de l'arme, n'en usa-t-il que fort discrète- meut, ei la lot resta dans l'arsenal législatif pluiói comme une menace pour l'avenir que comme un moyen de déchristianisation dans le présent. Néanmoins, les funestes effets de la loi ne tardèrent pas it se faire sentir, et cela d'au- tant plus que la neutralité scolaire n'a pas it Luxembourg comme contrepoids la liberté de l'enseignement. La situation, a\ec un gouvernement résolument franc-macon, serait dune plus déiestable que le régine scolaire francais, puisqu'en France la liberté de lenseignement permet aux parents riches et non fonctionnaires de faire élever leurs enfants it leur guise et conformément aux exigences de leur religion. Pourtant les mi nistres grand ducaux tenlèrent d'accrcitre encore les droits de l'Etat, en majorant le subside permanant annuellement attribué k l'enseignement. Mais voici venir l'écueil, oü échoueront les plans des partisans du dieu EtatMgr Koppensle vaillant et courageux évêque cle Luxembourg, ne put plus fongtemps assister en simple spectateur aux attentats contre lame de l'enfant. Dans son mandement de carêone, Sa Grandeur découvrit frauc&ement la plaie et formula Ie minimum de conces sions que devroiit, sans jamais se lasser, réelamer ses lidèles dtocésains. Tout en reconnaissant que grace k l'exé- cution assez peu rigoureuse de la foi et au dévouement infatigable du clergé lésé dans ses droits, ou plutót entravé dans ses de- voirs grace aussi it la directton pleine de foi de la plupart des instituteurs et k l'esprit profondément religieux de la popu lation, ces innovations (de 1881) n'ont pas encore produit au Luxembourg des truits aussi amers que chez les voisins l'évêque proclame l'inévitable nécessité d'un changement. Nous regrettons de ne pouvoir reproduire les magnifiques paroles par lesquelles l'élo- quent prélat revendique les droit de l'J5glise et de la religion. G'est une page qu'il fau- drait lire, retire et méditerdans urt temps, oü ceux quidéfer.denl les principes vrais contre les exigences du libéralisme passent pour des arrtérés, des ennemis du progrès, voire même, dans certains pays, pour des adversaires du pouvoir établi.

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1897 | | pagina 1