POUR LES AFFAMÉS 2ÖQÖE 1 I <5 Mercredi 2 Juin 1897 10 centimes Ie N°. 32e Année. N° 3250. L'Aumóne. La poussée catholique en France. Les processions catholiques a Londres. Le massacre des Otages. La manifestation de Dimanche et le Progrès. rW) On s'abonne rue au Beurre, 36, a Ypres, et k tous les bureaux de poste du royaurae. par an pour tout Le JOURNAL D'YPHKS paraït le Mercredi et la Samedi. Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est <ie 5 fr. 50 le pays; pour l'étranger, lo port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent lin Decembre. Les articles et communications doivent être adrosses franc de port ;1 l'adresse oi-dessus. Les annonces content 15 centimesla ligne. Les réclames dans le corps du journal coütent 30 centimes la ligne. Les insertions judiciairest franc la ligne Les nutnéros supplé- mentaires coütent to francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser b l'Agence Savas Bruxelles, rue de la Madeloinen0 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Nous aurons toujours des pauvres parmi nous notre charité, pour s'exercer, ne devra jamais chercher des debouches dans les contrées loin- taines toujours, elle trouvera tout autour de nous un immense champ d'action et de dévoüemeut. Mais qu'a une heure sinistre, une calamité at- teigue un peuple, la sympathie de rhumanité s'afïirmera par le deuil et la bieufaisance, et par une contribu tion extraordinaire de secours. Qu'un souffle de malheur passé sur le monde, il se produira, en vertu de la grande loi, de la solidarité humaine et chré- tienne, un épanouissement subit de la charité. Aux cris de détresse poussés par une nation, la pitié du monde civilisé fait écho. Voila ce qui motive rempressement enthousiaste qui ac- cueillit happel a la charité pour les Indes. Le Maitre, d'un geste d'autorité désignantles foules affamées qui s'at- tachaient a ses pas, s'était informé si elles avaient de quoi se nourrir. Quelqu'un, lui répondit-on, a quel- ques pains. Aussitót, on ajouta Mais que sont quelques pains pour autant d'hommes Cette parole était le raisonnement de 1'homme. Le Christ reprit Qu'on les fasse manger. Cette parole était le pré lude du miracle. Que pourraient quelques pains quelques aumönes pour entraver le fléau des Indes C'était la sagesse de 1'homme qui tenait ce langage. On a distribué les premières aumönes entre les mains des dispensateurs, les dons se sont multiplies. C'est ie secret de la charité. Cette exportation d'au- mönes est un genre d'affaires a prodi- gieux benefices. Des milliers d'lndiens doivent le salut a notre obole. Nos aumönes converties en pain, out sauvé bien des corps, bien des ames. L'au- móne partage avec la prière l'admi- rable faculté d'être utile a l ame. Mais tout le monde hélasn est pas rassasié aux Indes. Les masses dépé- rissantes étendent toujours vers leurs frères d'Occident les bras suppliants elles voudraient s'élancer jusqu a nous de l'abimede leurs souffrances, comme on représente dans l'iconographie du moyen-age, les detenus du purgatoire passant désespérément a travers les barreaux de leur prison de feu, leurs longs bras de squelettes. Ah ne tarions pas Qui donne vite, donne deux fois, a dit Sénèque un païen. La lenteur de nos libé- ralités peut coüter la vie a une créa- ture humaine. L'affamé, auquel nous destinons l'aumöne, se débat déja dans les alfres de 1'agonie Allons, pour l'amour de Dieu, et sans délai, une dernière obole au pauvre atfamé M. de Man a l'honneur de l'affichage, tout comme M. Brisson, b cela prés que sa lettre est sur papier rouge et que le président de la Chambre a eu les honneurs du papier blanc. Eu outre, ce n'est pas l'Etat, ou plus exacternent ce ne sont pas les contri- buables qui tont les frais de l'affichage de la prose de M. de Mun, mais les associations catboliques. Cet incident montre exacternent b quel point nous en sommes. Jly a dixans, pareille riposte n'aurait pu se produire. Que s'est-il done passé AI. de Mun l'a dit fort justement lui-même au Gongrès du Puy l'autre jour la France retourne vers la foi chrétienne. Péril clérical! crie t on. Oui, mais ce quon ne voit pas, c'est que la poussée part den bas cl de partout. Cel aveu de L'Echo de Paris est précieux b retenir. II n'y aura biemöt plus que des catboliques b ne pas eroire b la force du mouvement catholique. (Groix.) Nous avons parlé dernièrement de l'initia- tive prise par te R. P. Amigo, de la mission Sainte-Marie et Saint-Michel, Commercial road, de sortir prêcher la parole de Dieu dans la rue quand il jugeail sou auditoire trop peu iiombreux b l'imérieur de l'église. Son système a réussi au delb de toute espé- ranee, et, giace b lui, la religion catholique est devenue trés populaire dans les quartiers de Vt apping et de Witechapel, les plus misé- rables de la capitale. C'est b peine si la police ose saventurer dans ces ruelles étroites qui passent pour de véritables re- paires de brigands. Eh bien, Üimanche dernier, on a pu as- sister b ce spectacle peu banal d'une proces sion catholique se déroulant majestueusement a travers ces mêmes ruelles, au milieu d'une population enthousiaste et émue, composée en grande partie de protestants qui cou- vraient de fleurs la statue de la Vierge, tandis que les fidèles répélaient les cantiques en l'üonneur de Marie. Le clergé des missions avoisinantes avait répondu b l'invitation du P. Amigo et la procession ne comptait pas moins de vingt prêtres revêtus des ornements sacerdotaux. Le spectacle était magnitique mais il est bien certain que ce n'est pas en restant con- finé dans sa sacristie que ie P. Amigo eüt obtenu un pareil résultat. Nous lisons dans la Groix de Mercredi 11 y a 26 ars, les communards fusil- laient rue Haxo de nobles victimes sans dé- fense, prêtres, religieux, gardes de Paris. Ge mur de la rue tLxo est devenu l'objet d'un pieux pélérinage le 26 Mai.anniversatre du massacre. Gette rue sinistre était ce matin remplie d'équipages entre lesquels se pressail une foule do pèlerins de tous les mondes, qui vont parer de fleurs le mur contre lequel furent fusillés le 26 Mai 1871, les PP. Radi- gue, Tuffier, l'ardieu, Rouchouze, de la Gongrégation de Ptcpus Olivaint, Gaubei t, de Bengy, de la Gompagnie de Jésus; Plan- chat, prêtre de la Mission les abbés Saba- tier et Seignerei et une quarantaine de gardes de Paris. Au n° 8ö, en face de la rue des Tourelies, ces mots se détachent eu grosses lettres au- dessus d'une grille Villa des Otages. Nous pénétrons dans cette longue allée. C'est ia que commence le douloureux pèlerinage. Des plaques en marbre, fraichement posées, indiquent les diverses stations de ce nouveau chemiu de la Groix. Combien éloquentes dans leur simplicité ces inscriptions 26 Alai 1871. liebord de fenêlre oü le jeune abbé Seignereiviolemment poussévint Irapper de la lète. Quelques pas plus loiu Endroitoü laP. Tu ffier, de Picpus, recut un coup de poing terrible qui le fit ckanceler et tomber a terre. hi le P. Caubert, de la Compagnie de Jésuss'avancait péniblement s'up- puyant sur le bras du P. Olivaint. L'allée tourne brusquement, et nous arri- vons devant une nouvelle grille Entrée au centre du secleur oü les otages furent acculés par une foule furieuss. Nous pénétrons dans cette enceinte avec un pieux respect. C'est lb que lesjustes fu rent condamnés aux applaudisseraents de la canaille en délire. Nous lisons Mur oü une vivandière de 19 ans dirigeant son revolver sur un garde de Paris tua un Père de Picpus qui f avail couvert de son corps. Ne vous semble t il pas lire une page de la passion du Christ ou du martyrologe? Le prétoire de Pilate est lb tout prés Jialcon de la salie du conseil oü Pon délibère sur le sort des victimes. Les victimes étaient massées en face des bourreaux un écrile au nous l'indique: Place oü les otages furent entassés, prêtres et reliqieux d'un cóté, gardes de Paris de l'autre. Une nouvelle grille s'ouvre, et nous péné trons dans le champ des martyrs. C'est Ib adossées b un mur que les victimes succom- bèrent. A quelques pas de ce mur, une fosse s'ouvre béante, avec cette inscription: Fosse ignoble oü furent jelés pèle- mêle les corps des victimes. Un crucifix est suspenduau-dessusde cette fosse, et des massifs de fleurs rouges re- eouvrentcel endroit qui futarrosédu sang précieux des martyrs. Qb et lb, dans le ga zon, de petites croix de pierre indiquent les lieux oü après l'exécution furent disposés les restes de chaque victime. Une chapelle a été construite dans un angle du champ. Plusieurs messes y out été célébrées ce matin et le Saint-Sacrement y reste exposé toute la journée. De pieux pélerins, prêtres, religieuses, hommes, temmes du monde et femmes du peuple, suivent les diverses stations de ce calvaire douloureux, et baisent la terre qui but le sang des martyrs. Une reflexion plusieurs de ceuz qui diri- gèrent la main des bourreaux, tels Lucipia, sc pavanent dans les honneurs et organisent de nouvelles persécutions contre les amis et confrères des victimes. Le Progrès annonce la participation de 1 association libérale d Ypres a la grande manifestation inilitariste de Dimanche prochain, a Bruxelles. Cette manifestation nos lecteurs le savent est dirigée contre le rem placement. II s'agit d'obtenir, par des parades au moins intempestives, ce que Ton na pu obtenir jusqu ici des pouvoirs publics. Déja le Sénat a refuse de prendre en consideration la proposition de re ferendum, formulée par M. Paul Janson sur la question militaire, mal- tl

HISTORISCHE KRANTEN

Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1897 | | pagina 1