<^/QÜÉW^ Mercredi 1 Septembre 1897. 10 centimes ie N°. 32e Année. N° 3275. m roairvii y Le typhus et La Lutte. L'alliance franco-russe. JnSSBiiSiiffl On s'abonne rue au Beurre, 36, k Ypres, et Lo JOURNAL. D'YPHES parait le Mercredi et le Samedi. Le prix do l'abonnemontpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Dócembre. Les articles at communications doivent être adrosses franc da port a I'adresse ci-dessus. k tous les bureaux de poste du royaume. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le corps du journal coütent ?0 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Lesnuméros supplé- inentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique exceptó les 2 t*landres) s'adresser l'Agence Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 ot a Paris, 8. Place de la Bourse. Nous disions, dans notre dernier numéro, que la Lutteau lieu de rétracter ses affir mations au sujet du typbus rêgnant S Ypres, ne disait plus rien dans son numéro du 28 Aoüt. Nous nous sommes trompés, ou plutöt la Lutte nous a induits en erreur son numéro, paraissant le Samedi matin, a été suivi, le soir même, d'un supplément,oil nous lisons, en tête, un long article iniitulé le typnus Ypres,» etrépandu profusion dans la vilie. Le public s'est demandé quel bul pouvait bien poursuivre l'organe du radicalisme jprois, en donnant pareille publicité it un ar ticle, évidemmenl conpu dans un esprit mauvais. Dans un précédent aiticle, éciit il y a quelques semaines, la Lutte avait annoncé également l'apparition du typhus, alors qu'il n'existait pas même une ombre de maladie épidémique h Ypres. Pour s'excuser, lacon- sceur déclarait qu'il valait mieux faire con- naitre i'existence de la maladie afin que les habitants pussent prendre les précautions bygiéniques nécessaires. Elle trouvait mau vais que l'on niat l'apparition du typbus,cette dénégation pouvant placer noire population dans une quiéiude dangereuse. L'on peut discuter cette théorie et préten- dre, non sans raison, que s'il est mauvais de placer ses concitoyens dans une fausse sécu- rité, il est plus dangereux encore de les alar- mer outre mesure. Mais alors il n'y avail lieu de recourir ni l'un ni k i'autre procédé, puisqu'il n'y avait en vilie aucune épidémie de fièvre typhoïde. M. le Bourgmestre a donrié.dans la séance du Gonseil communal du 21 Juin dernier, des explications qui n'ont pas été contredites pur la Lutteei qui étuient basées sur les fenseiguemenls fournis, l'administration communale, par ie corps médical de la ville. Aujourd'hui la théorie de la Lutte n'est Pas mieux justifiée. 11 y a dans le bataillon nous l'avons dit précédemment quelques cas de fièvre iyphoide. Un seul soldat a succombé, Thorn- Ie plus fort du bataillon. 11 a été enterré hier. Les autres sont en voie de guérison. Nous avons dit que la fièvre qui règnait dans le bataillon n'était point due l'eau de 'a ville, mais au séjour de nos soldats h Charleroi. Ce qui est prouvé par cette cir- c°nsiance que d'autres bataillors, et notam- ®ent celui de Liége, ont subi le même sort. Nous pounions citer un bataillon d'une aut*e ville, mais nous ne voulons pas nuire cnelocalité même étrangère, en donnant e 'a publicité une maladie qui se renferme ans une garnison. Nous donnons en cela ane lepon dont la Lutte aurait dü profiler ans 'intéiêt de la ville d'Ypres. Mais c'est bien de cela que la feuille radi cale se soucie. Elle créerait elle-même et répandrcit le typhus pour les besoins de sa cause. 11 y a du typhus daas le civil, s'écrie la Lutte, toute joyeuse, comme il y en a eu il y a quelques semaines. Le public le sail et cite des noms... Nous avons pris de nouveaux renseigne- menls, et nous venons d'apprendre, de source autorisée, qu'il existe, en ce moment, a Ypres Ypres. Estce lh une épidémie de fièvre typhoïde N'y a-t-il pas chaque année, depuis des siècles, et presque constamment, b Ypres comme ailleurs, quelques cas de typhus, de même qu'il y a des cas isolés de variole Est ce l'eau qui occasionne ces maladies? Si oui, la ville d'Ypres devialt avoir élé, de tout temps, le centre, le siège même des maladies contagieuses Avons nous jamais, sous l'administration libérale,fait état de cas rares de, typhus etde variole pour accuser nos adversaires d'incu- rie.et de vouloir sciemment tronquer la vérité, comme la Lutte reproche hM.le Bourgmestre de le faire en ce moment La Lulte nous pose deux questions Si le typhus ne provient pas, au moins en pariie,de l'eau alimentaire.pourquoi ïautorilé militaire a-t elle placé des sentinelles auprès des robinels de la caserne pour empêcher les soldats d'en consommtr Pourquoi a t elle oblige les soldats a boire de la tisane Si le fait est exact, nous ne pouvons qu'approuver l'autorité militaire, conseillée sans doute par nos dévoués médecins rni 1 i- taires, faire usage de tisane plutót que d'eau non bouillie,quelque bonne ou inoffen sive que puisse être l'eau de la ville. Mais cctte prescription rentre dans les prescrip lions générales auxquelles les médecins ont recours, et n'est pas spéciale pour l'eau de la ville. Au demrurant, nous sommons la Lulte de nous indiquer le moyen de procurer la ville, une eau autre que celle que nous pos- sédons. L'administration communale nous a fourni, depuis un an,une eau plus abondante et incontestablement meilleure que celle qui existait avant. A moins de prétendre, avec M. Vermeulen qui est reslé seul de son avis, qu'il existe, dans nos environs, une eau excellente que la vilie aurait pu nous faire arriver de soi-disaot galeries souterraines. Mais on sail ce que vaut pareil système. II vient de faire banquerouie a Laeken, malgré les ifforts de M, Francois, dont l'ancien con- seiller communal nous a tant vanté la com- pétence et les succès.... futurs. A cela la Lutte ne nous a point répondu, quand nous l'avons interrogée h ce sujet. La Lutte nous demande encore: s'il n'y a point d'épidémiepourquoi le bataillon a-t-il reen défense du ministère de la guerre de partir, Samedi dernier,pour les gratides manoeuvres 9 Nous répondons pourquoi d'autres ba- taillons qui ont séjourné k Charleroi lors des grèves, ont-ils recu la même défense Encore une fois, mesure de précautions que nous approuvons et dans laquelle la Lutte ne voit qu'un moyen de nuire h la ville d'Ypres, en empêchant les touristes de venir visiter nos monuments et nos objets d'art, et de faire quelque bénéfice au commerce local. Dans un mois nous en faisons la ga- geure la Lutte écrira, sans sourciller, que jamais les étrangers n'ont été plus rares k Ypres que cette année. Quand, il y a quelques semaines, la Lutte annoncait l'apparition du typhus, les fêtes communales approchaient. Aujourd'hui les vacances sont lh. II faut fournir h ses amis l'occasion de dire que nos fêtes ne sont plus fréqueniées et que l'étranger s'abstient de visiter la ville. A quoi servent alors les efforts de ceux et notamment des auteurs du Touriste k Ypres et aux environs quicherchent ii altirer les étrangers dans nos murs Enfin, la Lutte attribue au Journal de Bruxelles la première annonce de l'appari tion d'une épidémie de typhus, k Ypres, par- mi les soldats de la garnison. On sail que le Journal de Bruxelles et plusieurs autres journaux du pays,ajoutèrent que l'administration communale venait deplacarder des avis invitant les habi tants d s'abstenir de boire cette eau. La Lutte veut bien reconnaitre que cette dernière information n'était pas exacte. Mais, comme le correspondant Yprois du Journal de Bruxelles ne doit pas être le premier clêrical venu el est d même de puiser d bonne source, La Lutte s'in cline d croire c'est elle qui le dit - qu'un projet de pareilles a ffiches d du mijoler d l'Hotel de ville, mais que M. Surmont l'a abandonné de peur de nuire u la réputation du beau système d'eau de mare dont il nous a doté. Comme la Lutte est ingénieuseO i dirait le Journal des ingénieurs elle a des explications k tout et pour tout. M. Surmonttoujours M. Surmont l'inventeur de l'eau de mare de Dickebusch L'eau est de l'eau de mare depuis I'existence du nouveau système. Elle ne l'était pas de I 300 1896, savez-vous Finissons le typhus a tort de de pas règner h Ypres pour 1b plaisir de la Lutte; et M. Surmont tort de règner comme Bourgmestre de la ville. Ne cherchez pas ailleurs, lecteurs. L'eau sera excellente, et il n'y aura plus de l'eau de mare, mais de l'eau cristalline, le jour oü le Monsieur de la Lutte sera Bourgmestre Vous le verrez bien, ou plutót, non vous ne le verrez jamais; hettreusement pour tout le monde, même pour les doctrinaires. Mieux a même d'apprécier Ia portee et les consequences de l'alliance franco- russe, que les journaux francais trop enclins a s'enthousiasmer de peu de chose, le Bien Public, cousacre l'arti- cle suivanta levéuement qui s'est ac compli, au palais Alexandrie, le 25 Aoüt dernier Elles sont intéressantes k lire, les appré- ciations des journaux francais, au lendemain de la proclamation si longtemps attendue de l'alliance russe. C'est presque l'allégresse du noyé qui couvre de baisers et de larmes la main de son sauveur ce n'est pas, k coup sur, la sa- tisfactioa sereine d'un peuple qui est cods- cient de sa force et qui accepte, comme un gage de paix, l'étreinte d'un autre peuple. Cette frénésie prouve, nous semble-t-il, que la France n'a pas beaucoup grandi sous le fonctionnarisme libre-penseur de la troi- ième République. 11 fut un temps oü elle n'é tait pas épouvantée de se trouver seuie. Elle se croyait alors une mission dans l'Europe. Tout au moms y jouait-elle un röle. Au jourd'hui, ce n'est plus de son cóté que se touruent les peuples opprimés, comme vers un vengeur chevaleresque c'est elle-même, au contraire, qui scrute les profondeurs de l'horizon, la recherche d'un allié qui soit uu appui. Les monarchistes avaient souvent prédit que la France républieaiue de 1870, comme celle de '1789 et comme celle de 1848, sc jetterait, au terme d'une longue série de fau- tes et d'humüiations, au pied d'un César. Les républicaius s'en défendaient fort. Et pour- tant, d'une certaine tacon la prophétie vient de se réaliser. 11 ne s'agit pas d'un César francais sans doute, mais d'un César mosco vite. Seulemem, a t on acclamé avec plus d'enthousiasme les Bonaparte? Et ne semble- t-il pas que la nostalgie du prestige imperial soit pour quelque chose dans co délire de la France, acclamant Nicolas II? Après tout, nous n'avons nul sujet de re- j gretter ce qui vient de se produiie. II vau mieux, pour l'Europe en général et pour la DEUX CAS DE TYPHUS, CHEZ DEUX PERSONNES VE NANT, TOUTES LES DEUX, DE LlÉGE, ET DONT L UNE, MALADE ET GUÉR1E LA DAS, A FAIT UNE RECHUTE A

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1897 | | pagina 1