i Samedi 2 Octobre 1897. 10 centimes le N°. 32e Année. N° 3284. q$,(xA!\I g* L Listes electorates. La Rentrée des Chambres Francaises. Crise ministérielle en Espagne. Les socialistes italiens. La propagande socialiste. AU VOLKSHUIS. mi «a On s abonne rue au Beurre, 3f>, Ipres, et a tous ies bureaux die poste du royaume. Les annonces coütent 15 centimesla ligne. Le3réclames dans le corps du journal eoütent 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Les numéros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser a 1 'Agence Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Le JOURNAL D'YPRES paraït le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. per an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fln Décembre. Les articles et communications doivent être adresses franc de port a I'adresse ei-dessus. .A. vis. Le dernier délai pour réclamer de cant l'autorité communale expirant le 31 Octobre prochain, les électeurs qui n'auraient pas été inscrits ou qui ne figureraient pas sur les listes électora- les avec le nombre des votes auquel ils ont droit, sont invités a s'adresser sans retard au Bureau de l'association CATHOLIQUE ET CONSTITUTJONNELLE^ail (k'V- cle Catholique, rue de Menin. Dans le Conseil qui vient de se tenir a l'Elysée, le gouvernement a fixé la rentrée des Chambres au Mardi 19 Octobre. La session extraordinaire qui va s'ouvrir sera presque exclusivement consacrée a la discussion du Budget de 1898. La Cbambre serasaisie, en effet, dès les premiers jours de la rentrée du rapport général de la Com mission du Budget.Celle-ci, devangant d'une quinzaine la réunion du Parlement, se réu- niraLundi procbainpour terminer l'examen des budgets de dépenses et discuter ensuite les recettes. II reste trois budgets a, exami ner, ceux de la Marine, de la Guerre et des Colonies. M. André Lebon devant partir le 8 Octobre pour le Sénégal, e'est par le bud get des Colonies que la Commission commen- cera sans doute ses travaux. Cette année, le budget le plus important est celui de la Ma rine; il comprend de nouveaux crédits pour la réfection de la flotte, la construction de grands croiseurs et Tétablissement de points d'appui dans les diverses régions du globe. LesMinistres des Finances et de la Marine seront entendus par la Commission du Bud get sur les réformes que celle-ci a demandées par une résolution votée dans sa dernière séance. On sait que tous les rapports spéciaux ont été déposés en blanc sur le bureau de la Chambre avant sa séparation, afin que les rapporteurs puissent mettre a profit les vacances parlementaires et faire distributer leurs rapports le jour même de la rentrée. La Cbambre serait ainsi en mesure de commencer la discussion du Budget vers la bn du mois d'Octobre, au plus tard dans les premiers jours du mois de Novembre. En attendant cette discussion,elle pour- rait employer les premières séances de la rentrée a liquider les nombreuses interpel lations qui se sont accumulées a l'ordre du jour. Eu dehors de l'interpellatiou de M Jaurès SUl'la criseagricole,qui adéja occupé quatre séances, onze interpellations sont déposées annoncées 11 est probable que le dernier mouvement Pyéfectoral, au sujet duquel M. Latappy, sépateur des Landes, doit interpeller au ®énat, donnera également lieu, a la Cham- re_i a un débat qui portera sur la politique ^térieure du gouvernement. II faut s'attendre aussi a une discussion sur la politique extérieure. Si la Cbambre maintient sa décision de ne discuter les interpellations qu'a la séance du Samedi, les projets de loi sont assez nombreux a l'ordre du jour pour occuper les séances de la rentrée jusqu'a la discussion du Budjet de 1898, le dernier que la Cbam bre actuelle aura a établir. La crise politique qui d'ailleurs n'avait cessé d'exister a l'état latent, vient d'éelater au lendemain même du retour de la reine régente de Saint-Sébastien. II était question depuis deux jours d'un large remaniement du cabinet le marquis de Pidal devait être nommé ministre des affaires étrangères et le marquis d'Aguylar Campos devait être appelé aux finances. Restait a obtenir l'agrément de la reine- régente pour la convocation immédiate des Cortes, dont le cabinet faisait une des con ditions essentielles de sou programme. Maintenant, il s'agit d'une solution plus radicale. A. la suite du Conseil des ministres qui s'est tenu Mercredi, le cabinet tout entier a donné sa démission. Et cette démission a été acceptée par la Régente. Selon toute apparence, e'est un cabinet libéral, dirigé par M. Sagasto, qui reprendra le pouvoir. Les socialistes italiens viennent de tenir a Bologne leur sixième congres annuel. Trois cents délégués environ y ont pris part. II est a remarquer, a ce propos, que le socialisme italien se trouve encore dans sa période embryonnaire. Les cadres, si l'on veut, sont parfaitement. organisés, mais ce qui leur manqne, ce sont les troupes c'est un état-major sans soldats. Tandis qu'en Allemagne, en Belgique, en France, la masse du parti socialiste est formée des ouvriers des villes, de prolétai- res autbentiques, le socialisme italien se recrute presque exclusivement dans les clas ses libérales, dans ce qu'on a appelé le pro- létariat intellectuel. II était facile de s'en convaincre a Bologne. La moitié des délégués officiels du parti étaient des avocats, des professeurs ou des médecinsl'autre moitié était représentée surtout par de petits propriétaires ou de petits commenjants minés par le fisc ou la concurrence; quant aux ouvriers propre- ment dits et aux paysans, ou pouvait les compter sur les doigts. Le socialisme italien recrute done priucipalement, sinon exclusi vement, ses adbéreuts dans la bourgeoisie. Les meneurs socialistes travaillent, néan- moins, énergiquement a souffler dans les classes laborieuses l'esprit de baine et de révolte. Le congrès de Boulogne s'est spé- cialement occupé de cette diffusion des doc trines socialistes parmi les populations rurales. En une année,les dixdéputés socia listes du Parlement n'ont pas tenu moins de quatre cent soixante-dix conférences pour prêcber aux paysans l'évangile collectivis- te. M. di Rudini avait raison quand il exhor tait un jour ses amis de la droite a prendre exeinple sur les socialistes mais il eu est en Italië comme ailleurs les partisans de l'ordre préfèrent s'endormir et laisser le champ libre a leurs adversaires. C'est ainsi que se préparent les catastrophes. Avec la misère effroyable qui règne, le jour oü les populations ouvrières et agrico- les de la péninsule, prenant conscience de leur iorce et de leur état, viendraient a s'ébranler et a suivre le mot d'ordre du so cialisme, quelle digue le régime actuel pour- rait-il opposer a ce torrent II serait em- porté comme un fêtu. Le Peuple nous tient au courant des me- sures de propagande qu elabore le parti socialiste en vue de conquérir la partie rurale du pays II nous apprend que le groupe agricole du parti a pris les decisions suivantes a) Une Société coopérative sera créée pour la publication du journal Le Labou- reur B) Les membres et les associations ou vrières seront invités a, souscrire des actions; c) Les Fédérations régionales auront a souscrire chaque semaiue un certain nombre de numéros qu'elles vendropt ou distribue- ront d) Un compagnon sera nommé, pour la rédaction et l'administration de eet organe, par le conseil général du parti e) Le Laboureur paraitra le ler Janvier. D'ici peu de jours, tousles groupes seront saisis plus complètement de ces proposi tions par une circulaire que uous leur fe- rons parvenir. La réunion s'est aussi occupée de l'ordre du jour du prochain congrès' agricole qui aura lieu le 19 Décembre a Waremme. Saisie d'une proposition demandant la discussion de l'attitucle des socialistes vis-a- vis de la petite propriété, de la petite in dustrie et du petit commerce, l'assemblée a décidé de la porter a l'ordre du jour du congrès de Waremme sous la forme sui- vante De l'attitude du parti ouvrier vis-a- vis des projets de loi tendant a conserver, a reconstituer et a développer la petite pro priété. Une séance du Congrès sera aussi consa crée a la discussion des cornices agricoles (élections) et des prud'hommes agricoles. Des rapporteurs ont été désignés pour cbacune de ces questions. La publication d'un vade-mecum du pro pagandiste a la campagne a été décidée. On voitpar eet ensemble de résolutions, d'une part, que le Congrès de Waremme presentera un trés grand, intérêt et d'autre part, que le parti ouvrier ne s'endort pas sur ses lauriers. Nous attirons la-dessus l'attention de nos amis et nous les supplions de prendre les resolutions énergiques que comporte la si tuation. LE PRÊTRE, Drame en Six Actes par Buet. Nous avons annoncé, dans un précédent numéio, que nous publierions un compte- rendu détaillé de la fête donnée au «Volks huis» par la sociélé dramatique Willen is Kunnen», au profit de l'ceuvre des affamés de l'lnde. La première représentation a eu lieu le Dimanche 19 Septembre, pour les personnes qui avaient bien voulu prendre des places réservées; la seconde a été donnée aux ouvriers faisant parti de la Garde Catholique. Disons immédiatement que le drame a été exécuté de main de maitre, sous l'habile direction de M. G. De Jacgere, qui ajoué, avec son talent habituel, Ie röle du prêtre, missionnaire aux Indes. Pous nos lecteurs qui n'ont pu assister h la fête, il sera agréable sans doute de con- naitre le sujet du drame. La familie noble de Champlaurent habite le Chateau de Mainrouge,France,un domaine qui, sprès des vicissitudes diverses, est resté h peu prés son unique patrimoine. Elle est eomposée du vieux Marquis de Cham plaurent, de son fils le Comte de Champlau rent, qui lui-même a deux garcons, Patrice et Georges. Pour subvenir aux frais du ménage et h leducation des deux enfants, le Comte est obligé de vendre pour une somme de 200,000 francs, certains immeubles faisant partie du domaine, somme qui sera placée h intérêt. Olivier Robert, un ami de la familie, mis au courant par le comte lui-même, de l'existence momentanée de la somme au cha teau, entre, la nuit, dans la chambre de son ami pour s'approprier le trésor et, surpris par le Comte, le tue. Bornu, un campagnard des environs, dont Olivier Robert avait placé certains eftets d'habillements non loin du lieu du crime,est accusé d'être l'assassin et subit la peine capi- tale. Le jour même de l'exécution de Bornu, Olivier Robert, sur le point de partir pour les Indes, rend visite au vieux Marquis qui lui promet son éternelle reconnaissance et celle de ses petits fils, Patrice et Georges, pour toute l'amitié qu'il a témoignée au Comte Robert et h sa familie. Le noble vieillard consacre ses p -tits fils h Dieu et h la Pati ie.l'ainé en quaiité de prêtre,le second comme soldat. Quinze ans plus tard, Patrice devient mis sionnaire, Georges officier de Marine, tous 0

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1897 | | pagina 1