Samedi 11 Décembre 1897. 10 centimes Ie Nc 32e Année. N° 3303. Un congrès national catholique en France. Les résultats de l'athéisme politique. La réorganisation de l'armée anglaise. li. L'AlIemagne et la Chine. On s abonne rue au Beurre, 36, Ypres, et Le JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et le Ramedi. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr.50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fln Décembre Les articles et communications doivent être adressés franc de port a l'adresse ci-dessus. k tous les bureaux de poste du royauroe. Les annonces cofttent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le corps du journal content 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires, l franc laiigne Lesnuméros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. 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Les bases de cette Fédération devraient être les suivantes 1° Acceptation loyale du terrain constitutionnel; 2° Réforme, en ce qu'elles ont de contraire au droit commun et a la li- berté, des lois dirigées contre les ca tholiques 3° Entente avec tous ceux qui veu- lent un régime de paix dans la liberté et dans la justice. Cette question de la position des catholiques sur le terrain républicain a été fortement combattue par les monarchistes mais, a une trés gran de majorité, les membres du Congrès, composé pour la majeure partie des membres de 1'Union nationale, ont affirmé leur volonté de n'aborder la lutte électorale qu'avec une adhésion ferme a la Constitution actuelle. Sur cette dernière declaration, la Fédération électorale a été votée et eonstituée sur les bases dont nous par ions plus haut. La Vérité de Paris publie Partiele suivant qui en du long hélas sur la situation de la Prance Un de MM les ourés de Paris adresse k ia charité pubiique, en faveur de sa paroisse, Un appel qui est un véritable cri d alartne et de détresse. La paroisse Notre-dame de la Croix de Ménilmontant est pauvre. Elle compte ptès de 60,000 habitants, Sa population est cotnposée en trés gtan- de majorité de travailleurs. Les families qui comptent plus de quatre enfants sont en trés grand nombre et dans une extreme pau- vreté. Le faible salaire du père est générale - ment iusuffisant k pourvoir k tous lesbesoins des siens, surtout au loyer. Aussi ces pauvres gens sont-ils réduits aux plus dures privations, entassés plutót que logés k six et huit personnes dans des chambres sans air, sans lumière, et l'hiver sans feu, n'ayant même souvent ni lits ni couvertures. Cette misère matérielle n'est rien auprès de la misère morale et religieuse. Une si grande paroisse n'a qu'une église. II n'y a pas de ville de 60,000 ames, en France, même aujourd'hui, qui ne possède plusieurs églises et chapelles. Autour de Téglise paroissiale de Ménil- montant, une seule école chrétienne de gar- gons et une de filles. ne pouvant même pas recevoir k elles deux cinq cents enfants et, avec les écoles, deux patronages, l'un de gargons, l'autre de filles. Ce sont lk toutes les ressources spiritu- elles de la paroisse. Mais aussi, quel tristeétat Le quart des enfants n'est pas baptisé. Un graud tiers, pour ne pas direlamoitie, ne fait pas sa première communion. «Sur 60,000 habitants, e'est k peine si deux mille au plus accomplissent l'essentiel des devoirs du chrétien. De toutes ces constatations, la plus dou- loureuse est celle qui concerne le baptême. Dans cette paroisse de Ménilmontant le quart des enfants, si ce n'est plus, n'est pas baptisé. Le quart des enfants n'est plus même chrétien de naissance. La statistique de beaucoup d'autres pa- roisses de Paris donnerait k peu prés les mêmes résultats. Nous le savons, hélas par divers renseignements. En moyenne, c'est le quart des enfants, k Paris, qui n'est plus baptisé. Dernièrement, Lyon nous fournissait des chifFres semblables, et même plus tristes encore. Et que serait ce k Marseille, k Bor deaux, k Toulouse, k Saint Etienne C'est la France qui se déchristianise. Avant peu, une grande partie de la popula tion aura perdu le baptême. Jamais fait aussi douloureux n'a été con- staték auoune ép:qu«. Jusqu'en 1880, ('im mense majorité des enfants continuait k recevoir le baptême. Le dernier recense- ment de la population oil ait figuré la stati stique des différents eultes, ne donnait pour toute la France qu'une infirae minorité de quelques miliiers de non catholiques. La France était encore chrétienne par le bap tême. En quinze ans, 1'efFet de la politique et des lois de laïcisation a été désastreux. Les nou- velles générations élevées sans Dieu donnent des enfant3 sans baptême, sans première communion, des enfants païens sous ie vocable de libres penseurs. Combien faudra-t-il d'années pour que la déchristianisation soit consommée Le curé de Sainte-Croix de Ménilmontant essaie courageusement de latter contre le mal. II a fondé l'ceuvre de Tévangélisa- tion de sa paroisse, pour laquelle il réclame le secours de tous les généreux chrétiens. Une oeuvre semblable serait k fonder dans la plupart des paroisses de Paris, dans toutes les grandes villes et, aujourd'hui, dans le plus grand nombre des campagnes. Ce serait une oeuvre nouvelle de la propaga tion de la foi pour la France. Jamais la charité chrétienne ne fera assez pour essayer de soustraire la France k l'im- piétéetau paganisme qui la menacent de toutes paris. Pour le chergé et les fidèles, c'est une nouvelle matière de zèle, un cbamp illimité d'apostolat. Mais que feront tous ces efforts réunis contre l'infïuence d'une politique qui tend sciemment et persévéramment k détruire la foi chrétienne en France, contre Taction continue des lois de laïcisation qui concou- rent k faire oublier jusqu'au nom même de Dieu et k effacer toute notion de religion dans les ames Ce sont ces lois mauvaises qui vicient Ia jeunesse, qui perdent la France. Ce sont ces lois qu'il faudrait détruire avant tout. Et cependant, on entend parler de pro- gramme électoral pour les catholiquds, oü il ne serait pas question de protester contre ces lois, d'en demander Tabrogation C'est ce que plusieurs appellent se placer sur le terrain constitutionnel Si Taction des catholiques ne devait pas tendre avant tout k Tabolition d'un régime de laïcisation, qui est la ruine de la foi, il ne vaudrait pas la peined'essayerd'organiser la lutte électorale. Le marquis de Lansdown, ministre de la guerre, a pronsncé k Edimpourg un discours sur la réorganisation de l'armée. II a exposé d'abord que les nécessités de la défence anglaise sont tout k fait différentes de celle des nations du continent. II faut k TArigleterre, preraièrement trois corps d'armée pour la défense du territoire en cas d'invasisn il faut que TAnglelerre puisse euoutre, mobiliser deux corps d'armée dans le but de livrer bataille en dehors des lies britanniquesil f rut que TAngieterre puisse avoir un corps d'armée quand les cir- constances Texigeront sans avoir k mobiliser une armée il faut que TAagleterre puisse fonrnir des hommes k ses garnisons de Tlnde et k ses colonies. M 1 Le ministre de la guerre espére pouvoir augmenter le nombre des bataillons k l'in- térieur de manière k pouvoir s'assurer un plus grand nombre de soldats parfaitement entrainés. II propose de faire accord spécial avec un certain nombre de réservistes afin qu'ils puis- sentrejoindre les troupes pendant la première année de leur service dans la réserve au cas oü certaines opérations n'exigeraient pas la mobilisation de toute la réserve. 11 pense que le sentiment général du pays est opposé au service obligatoire excepté peut-être pour la défense du territoire. Le gouvernement désire avoir une forte artillerie. II convient aussi, a dit le ministre, que les milices soinent rapprocbées plus étroitemet de Tinfanterie de ligne. On est décidé k faire du départ de l'esca- dre allemande pour la Chine une manifestation politique significative. L'empereur assistera au départ et escor- tera en mer Tescadre jusqu'k la limite des eaux allemandes. Mercredi après-midi, le prince Henri de Prusse, venant de Friedricbsrube, oü il était allé voir le prince de Bismarck, a rendu visi te au comte de Waldersée, prés duquel il est resté une heure environ. Avant de partir, il a salué les officiers réunis k la gare. En rêponse k une allocution du comte de Waldersée, lui adressant ses souhaits, le prince a ditJe vous remercie de vos pa roles aimables. Veuillez croire qu'en me rendant oü m'envoie la grace de l'empereur, je remercie le souverain d'avoir placé tant de confiance en moi. Je remplirai mes fonc- tfons au nom de TEmpereur, en son honneur et en Thonneur de la patrie. Vive TEmpe reur Ce vivat a été répété vigoureusement par !es officiers présents. Le prince est ensuite partie pour Kiel. On mande de Hambourg k la Post. Une assemblée trés nombreuse de repré- sentants des principales maisons de com merce de Hambourg a adopté k l'unanimité la résolution suivante L'augmentation de la flotte est absolu- ment nécessaire pour le maintien et le déve- loppement du prestige de TAllemagne, pour la protection des nationaux allemands et du commerce transatlantique allemands. L'as- semblée exprime en conséquence Tespoir que le Reichstag donnera son approbation au projet relatif k l'augmentation de la flotte. Les journaux de différentes nuances reconnaissenl que les déclarations du leader catholique Lieber ont augmenté les chances d'adoption du septennat naval de la flotte. f if; I 4jWjf Hl;. Ti

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1897 | | pagina 1