w m. 1 I 1 w A LA CHAMBRE. OB^AJVe Samedi 12 Mars 1898. 10 centimes le N°. 33e Année. !V° 3326. REVUE DE LA SEMAINE. Russie. St Siège et Cuba. Italic. France. Grande Fanfare. On s'abonne rue au Beurre, 36, k Yt> e tons les bureaux de poste du royaume. Le JOURNAL, D'YPRES parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est de 5 fr. 60 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adrossés franc de port l'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les reclames dans le corps du journal content 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Les nuraóros suppló- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser k l'Apence Barns Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8. Place de la Bourse. Saint-Péterbourg, 40 Mars. Un uskase impérial ordonne de consacrer 90 millions de roubles k la construction de navires de guerre comme dépense extraor dinaire, Cette dépenee ne motivera aucun emprunt. Rome, 10 Mars. On annonce que pendant la réception du pélerinage mexicain par le Pape, le prélat qui dirige ce pélerinage a dit qu'il serait peut être convenable que le Vatican intervint dans la question cubaine. Le Pape a répondu que son intervention serait impossible, car, les droits de souve- raineté de l'Espagne sur Cuba étant indiscu- tables, il n'y a pas de base pour un arrange ment. Léon XIII a ajouté que l'Espagne fait tel- lemeut de sacrifices pour obtenir la paix k Cuba que lui proposer de nouvelles conces sions serait oeuvre de mauvaise foi. De facheuses manifestations se sont pro duces, hier, contre le député Macola, qui a tué en duel le raalheureux Cavallotti. Vers 41 heures, plusieurs certaines d'étu- diants et socialistes, après s'être réunis sur la place San Marco, dans le but de faire une démonstratson de regrets k la mémoire de Cavallotti,se rendirent au municibio (marie), demandant que le drapeau fut recouvert d'un crêpe. Le syndic rc-cut une députation des manifestants, mais comme l'exposition du drapeau se faisait trop attendre, la foule cassa les vitres des fenêtres de l'entresol de la mairieet les réverbères de la rue. De nombreux eurieux se joignant aux manifes tants, on se rendit k San Angelo oil se trou- vent les bureaux de la Gazclta di Venezia en criantA bas Macola Mort Macola etc. Après les sommations, la place fut occupée militairement. Heureusement, une forte pluie est venue k lomber et elle aida beacoup la troupe k disperser les manifes tants. Plusieurs arrestations ont été faites. Le comte Feruccio Macola, député de Castel franco-Veneto, est né k Campo San piero (Padoue) le 17 Mai 1861. II fut élu le 26 mai 1893. Après avoir dirigé quelque temps le Secoio XIX de Gênes, il acheta, il y a quelques années, la Gaxetta di Venezia, dont il est directeur-prepriétaire.II y a peu de semaines, le député Macola eut un autre duel, k Rome, avee Ie député Bissolati, directeur du jour nal Avanti, et il reput une blessure k la figure. Paris, 11 Mars. A la Chambre. Durant la discussion du projet de réforme de la patente, M. Georges Berry dépose un amendement concernant les grands magasins. II demande que le paten table qui, dans le même établissement, exerce plusieurs commerces soit assujetti k autant de patentes fixes et k autant de palentes pro- portionnelles. La patente proportionnelle sera calculée d'après la valeur locative du magasin. Le gouvernement et la Commission re- poussent l'amendement, qui élèverait la pa tente des grands magasins de 138 p. c. k 437 p. c. M. Boucher estime que l'impót proposé prendrait le caractère d'une amende, d'une pénalité. Or, la Chambre n'a pas le droit d'édicter une sanction contre les magasins faisant de gros bénéfices. M. Boucher démontre que la majoration des patentes frappant les grands magasins est de 40 p. c, Le ministre du commerce ne pourrait accepter un droit supérieur k cela. M. Mesureur ne croit pas que les propo sitions de la Commission rétabliront la pro portion fiscale entre les grands et les petits magasins. Si la Chambre veut faire oeuvre de justice, qu'elle adopte l'amendement Berry. M. Cochery öéclare que eet amendement portera de 3 a 33 millions le total des pa tentes payées par les grands magasins de Paris. L'augmentation pour les grands magasins de province sera de 67 p. c. M. Georges Berry insiste en faveur de son amendement et invite la Chambre k défendre les petits magasins contre les sociétés ca pi talistes que représentent les grands maga sins. L'amendement est adopté par 293 contre 225. M. Iweins d'Eeckhoutte, se plapant au point de vue de plusieurs de nos communes frontières, s'est occupé a son tour de la question du domicile de secours. Nous reproduisons ses observations d'après les annales. M. Iweins d'Eeckhoutte. Messieurs, l'hono- rable M. Tack, avec la compétence que vous lui counaissez, dans la séance du 23 Février der nier, et M. Liebaert, dans la séance du 24, ont appelé k tour de róle l'attention de l'honorable ministre de Ia justice sur les eftets désastreux de la loi du 27 Novembre 1891 sur l'assistance publique pour plusieurs localités limitrophes de la frontière de leur arrondissement. Pas plus que l'arrondissement de Courtrai, celui d'Ypres n'échappe k cette facheuse situa tion les arrondissements d'Ypres et de Cour trai continent a la partie la plus industrielle du nord de la France. Peut-être l'arrondissement de Tournai possède-t-il quelques localités qui pourraient souffrir également de la situation dont nous nous occupons mais k part notre zone, les mêmes inconvénients n'exislent pas pour les autres arrondissements dans les pro- vinces de Hainaut, de Namur et de Luxem bourg, par le motif qu'ils touchenta des parties des départements du Nord et des Ardennes qui sont essentiellement agricoles. M. Tack s'est particulièrement occupé des villes de Mouscron el de Menin. A mon tour, je me permettrai de signaler a l'attention de l'ho norable ministre quelques localités de notre arrondissement pour lesquelles de loi du 27 Novembre 1891 constitue une situation into- lérable. Pour la ville de Comines, qui compte 5,059 habitants, la population ouvrière s'est accrue depuis 1891 dans Ia proportion de neuf di- xièmes. En 1892, les secours aux indigents s'élevaient a 17,124 fr. 13 c. pour l'année 1897, ils se sont élevés k 25,983 fr. 83 c. soit une aug mentation de 8,859 fr. 70 c. Pour la ville de Wervicq, qui compte 7,881 habitants, la population ouvrière s'est accrue dans les mêmes proportions qu'k Comines. Pour les charges de la bienfaisance, elles ont augmenté de plus de 30,000 francs au cours des cinq dernières années. Pour Ia ville de Warnêton, qui compte 3,543 habitants, les augmentations des charges pour la bienfaisance constituent une situation qui prend des proportions effrayantes eu égard au chiffre de sa population et de ses ressources. C'est ainsi que, pour les cinq années qui ont précédé la loi du 27 Novembre 1891, les charges de la bienfaisance ne s'élevaient qu'k 87,219 fr.2 c. pour les cinq années qui suivent, elles se mon- tent a 106,097 fr. 64 c. Quant aux charges de l'hospice des vieillards pour l'entretien des hospitalisés, il y a, depuis 1891, une augmen tation trés forte les charges élaient, pour la période 1886-1890, de 22,950 fr. 59 cpour les cinq années qui suivent la loi du 2 Novembre 1891, les charges pour le même objet s'élèvent a 34,086 fr. 62 c. Cette situation ne devient-elle pas effrayante pour nos localités frontières? Je suis convaincu que, signalée a l'attention de l'honorable ministre de la justice, il étudiera le remöde qu'il y a lieu d'apporter kun état de choses qui va en s'aggravant de jour en jour. II y a deux catégories d'ouvriers qui, en ve- nant se fixer dans les localités voisines de la frontière, créent cette situation. La première catégorie se compose de families dont le père ou le fils vont travailler dans l'une ou l'autre localité industrielle du Nord. Ces ouvriersne rentrent qu'k la fin de la semaine. Obligés de se nourrir et de se loger en France, ils ne rap portent qu'une minime partie de leursalaire; aussi ces families tombent-elles au bout de fort peu de temps a la charge de la bienfaisance, la mère n'ayant pas dequoi pourvoir au loyer et a l'entretien de ses enfants. La seconde catégorie se compose des ouvriers ayant habité un certain nombre d'années en France et qui, épuisés par le travail ou la mala- die, regagnent la Belgique, ne recevant aucun secours en France. Ces families s'arrêtent dans la première localité venue sur leur route, ayant hkte de recevoir quelques secours et vont se présenter au bureau de bienfaisance, qui, en vertu de la loi du 27 Novembre 1891, doit, du jour au lendemain, se trouver'dans la situation de les secourir, alors même que les intéressés ne sont pas nés dans la localité oü ils s'arrêtent et n'y ont pas la moindre attache. Est-ce a dire que la loi du 27 Novembre 1891, sur l'assistance publique soit mauvaise dans son ensemble? Pour ma part je crois pouvoir dire qu'elle a du bon. Elle assure aux indigents un secours immédiat, elle écarté bon nombre de contestations de domicile de secours, domicile souvent fort difficile a établir, et les communes ne sont plus, comme sous l'ancienne législation, l'objet d'une exploitation de la part de certaines administra tions locales qui ne cherchaient, par des secours souvent exagérés accordés aux indigents étran- gers, qu'a les conserver le plus longtemps pos sible a charge deleur ancienne commune. Parmi les modifications qu'il y aurait lieu d'apporter a la législation de 1891, je me per mets d'en signaler une la journée d'entretien ne devrait plus venir en ligne de compte, en déduction du temps passé dans la nouvelle loca lité le nombre d'années fixé par la loi une fois alteint, qu'il y ait eu assistance ou non, il de vrait pouvoir être compié pour déterminer le nouveaudomicile de secours. Quant au remède a apporter a la situation que crée la loi actuelle aux communes fron tières, il me semble que le gouvernement pour rait, par voie de subsides, leur venir en aide: faction gouvernementale s'impose. Qu'il nous suffise d'avoir signalé le mal pour que le gou vernement s'en préoccupe et agisse En terminant, je fais de nouveau appel a la bienveillance si connue et si appréciée de M. le ministre de la justice pour voir intervenir une solution conforme a l'équité. Yujourd'hui 8 1/2 heures, SOIRÉE TABAGIE en la Salie Iweins. Voici le programme par la Grande Fanfare, L. GANNE QUE, par M. Phil. Marien, 3 a) RÊVERIE, FAUCONNIER b) LE CHANT DES BEN GALIS, polka pour pe tite et grande flütes, par MM. G. Delahaye et G. Desramault, CH. VOLCKE 4 LE CRUCIFIX, chant re- ligieux avec accom pagnement de piano et harmonium, par MM. J. Dondeyne et Gh. Wenes, FaüRE m 1 MARCHE PARISIENNE, 2 CHANS0NNETTE C0MI

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1