CHRQMIQUE LOCALE Samedi 16 Avril 1898 10 centimes le N°. 83- Année. N° 3332. L REVUE POLITIQUE. Les élections du 8 Mai en France. Leconflit hispano-américain. La loi flamande. lis font tout de même quelque chose. On s'abonne rue au Beurre, 36, a Ypres, et k tous les bureaux de paste du rovaume. Le JOURNAL D'YPRKS parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de 1'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fln Décembre. Les articles et communications doivent être adressós franc de port a l'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimesla ligne. Les réclames dans le corps du journal coütent 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne Les nuraóros suppló- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandres) s'adresser a 1 'Agence \Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 at a Paris, 8, Place de la Bourse. Le Journal officiel a promulgué, Mercredi matin, le décret, signé sur la proposition du ministre de l'inté- rieur, couvoquant les électeurs pour le 8 Mai a l'efiet de uommer les nou- veaux deputes. Un second décret convoque pour le même jour les électeurs des colonies. Par le fait de la promulgation de ces décrets, la période electorale se trouve légalement ouverte, et il est désormais permis de faire oilïcielle- ment acte de candidat dans les termes de la loi du 17 Juillet 1889. On sait que, d'après cette loi, qui interdit les candidatures multiples, quiconque veut solliciter le mandat de depute est tenu d'en déposer la de claration signée ou visée par lui et düment légalisée a la préfectnre du département intéressé avant de poser sa candidature par voie d'affiches et que la déclaration de candidature doit être faite au plus tard le cinquième jour qui précède le scrutin. La situation est plus sombre que ja mais. La Chambre de Washington, après une séance orageuse, qui rap- pelle les grandes joutes parlementai- res de Bruxelles, de Vienneet de Paris, a proclamé rindépendance cubaine, et la nécessité d'une intervention imrué- diate des Etats-Unis. Aussi dans les centres diplomatiques ne croit-on plus que la guerre puisse être encore coujurée. L'excitation du sentiment national k Madrid, tout appréciable quelle soit, n'a pas, d'après les dernières dépêches, atteint le paroxysme qui pouvait faire redouter des résolutions et des actes irréparables. 11 est même assez étrange d'avoir a constater que la fureur belliqueuse, aux Etats-Unis, revêt un caractère plus agressif que chez les Espagnols. Les agents diplomatiques espagnols ne semblent pas, au dela de l'Atlantique, protégés aussi efficacement que le sont les diplomates américains a Madrid et dans toutes les villes de la Péninsule. Sans tirer une conclusion forcée de cette dissemblance des dispositions po pulates dans les deux pays, on peut dire que chez l un des deux peuples l'éventualité de guerre est envisagée comme une extrémitée douloureuse que l'on affrontera cependant avec re solution, tandis que chez l'autre elle l'est comme une aventure ou comme une spéculation dont on escompte les profits. 11 est vrai que l'Espagne est dans une situation morale excellente a 1 e- gard de l'Europe. Elle est pour ainsi dire la créancière de gouvernements européens qui lui ont demandé un -sacrifice et, qui lui en doivent la com pensation, tout au moins sous forme d'instances olïicieuses nouvelles adres- sées aux Etats-Unis. II ne sera done pas impossible que de nouvelles dé marches diplomatiques fussent tentées a Washington pour sauvegarder la paix. On dit 1'empereur d'Aulriche trés résolu a ne pas abandonner la régente d'Espagne dans la crise que t?averse le pays quelle gouverne et qui pourrait tourner au détriment de la dynastie. Quoi qu'il en soit, il est un autre facteur des solutions attendues que bien des gens jugent de nature a frap- per l'esprit de Ceux qui, parmi les Américains, ont gardé le sens de la mesure et de la prudence. Nous vou- lons parler de l'agitation, encore con fuse mais visible qui s'est emparée des républiques latines de l'Amérique depuis que le conflit est entré dans sa phase aiguë. Le Mexique, particuliè- rement, a qui les Etats-Unis ont suc- cessivement arraché par la force le Texas et la Galifornie, suit avec un intérêtpassionné, le dévoloppement de la politique fédérale et les symptómes les plus significatifs indiquent que l'agression dont on menace les Espag nols ne le laisserait pas indifférent. Une souscription publique toute spontanée ouverte dans ce pays a produit la somme de dix millions de francs destinés a l'achat de vaisseaux de guerre pour l'Espagne. D'autre part, il n'est pas douteux que, si des hostilités éclataient, des partis de gué- rillas s'organisassent parmi les Mexi- cains afin d'envahir ou tout au moins de troubler le territoire de l'Union. Bien que le Chili et la République argentine gardent une attitude plus réservée,l'on ne saurait prétendre que le triomphe éventuel et irrémissible de lelément aeglo-saxon dans le nou veau monde ne les inciterait pas a de sérieuses reflexions. La latte que l'on prévoit pourrait done prendre le caractère d'une que- relle de races. Le Sénat a voté, bier soir, le projet de loi tel qu'il a été adopté par la Chambre. L'ensemble du projet a été adopté par 47 voix contre 39 et trois absten tions. Se sont abstenus MM. Lefebvre, Baron Surmontde Volsberghe et comte de Borchgrave d'Altena. Notre confrère du Nieuwsblad enre- gistre l'aveu d'une feuille libérale locale. la Lutte-de Strijd qui veut bien recon- natire que certains travaux en exécution mé- ritent d'être signalés. II s'agit du nouveau mur place du palais de Justice, de l'aménageinent du jardin der rière leCafé des Boulevards et de l'élargis- sement de la rue des trèfles. La Latte approuve ces travaux. Le moyen aussi de ne pas les approuver II s'agit de travaux d'araélioration et d'assainissement qui se ti ouvaient sur le papier depuis quinze j k vingtans, mais qui ne furent jamais exé- cu'.és par l'administration libérale. La Latte eut pu signaler une foule d'autres j travaux, tels que le jardin prés de !a gare, le Boulevard Malou, les chemins de ronde extérieurs, les nouveaux égoüts, les eaux, etc., etc. Mais c'est déjh quelque chose que le triple aveu de la Lutte. C'est k peine si tous les ans 'e Progvès, écrasé par l'évidence, signa- Ie l'un ou l'autre travail d'utilité secondaire, comme l'aménagecoent du marché au bétail et ['arrangement de la partie restante du jardin de la gare,k propos duquel le confrère doctrinaire a fait l'éloge de l'architecte qui, entre parentbèses, est toujours le même que celui qui a dressé le plan du jardin tant critiqué l'an dernier. Nous prenous done acte de l'aveu de la Lutte.. Ce qu'il importe de signaler surtout dans tout cela, c'est que l'administration commu nale exécute les travaux en question sans qu'il en coüte un sou de plus aux contribu- ables. Les journaux libéraux ont beaucoup parlé de l'emprunt de 800,000 francs qui a servi en grande partie k la conversion de la dette ancienne. Ils ne disent pas que le surplus a servi et sert encore k payer les travaux des eaux et la construction de nombreux égoüts. lis laissent ignorer que dans 60 ans, la dette de la ville sera éteinte, grkce k l'amortisse- ment. Us ne font pas mention non plus de l'état de nos finances, qui s'améliore eon- siamment, malgré les remplois effectués. Au fait, ils n'ont pas besoin de faire l'éloge de l'administration de M. Surmont de Vols berghe,un magistrat hors ligne, aux mérites duquel tout Yprois sensé, libéral ou catholi- que, est obligé de rendre hommage. Le Progrès critique, si non les travaux, tout au moins la lenteur avec laquelle ils s'effectuent. Camme si l'on pouvait tout faire en un jour! Comme si les ouvriers de la ville, beaucoup plus nombreux qu'autrefois, n'étaient pas toujours k la besogne La Lutte fait l'éloge de la place du palais de Justice. Cette place est en effet complète- ment transformée. Elle sera trés coquette avec ses squares et le mur du fond qui sera un vrai bijou. Nous en félicitons l'architecte- ingénieur de la ville. Nous reconnaissons sans peine que notre voirie laisse beaucoup k désirer. Mais il faut avouer qu'elle s'améliore eonstamment. Ce n est pas peu de chose que de devoir repaver toute une ville Et,comme le fait remarquer le Nieuwsblad si nos rues sont dans un état lamentable, c'est qu'elles ont été négli- gées pendant de longues années. C'est ce que nous avons toujours dit. Bientót la place de la gare, la rue des Bouchers, la rue au Beurre seront repavées aux frais de l'Eiat. Ce sera un travail super be, le pavage devant se faire en pavés oblongs. L'éclairage public laisse aussi k désirer. Mais il faut reconnaltre, encore une fois, que l'administration actuelie l'a considérablemeut amélioré. Dans une des dernières séances du conseil communal, M. le Bourgmestre a dé- claré que la place de la gare sera bientót éclairée d'une fapon convenable, par le pla cement de becs Auer. Une dernière observation l'été approche. L'administration communale ne pourrait-elle doener suite k son projet d'arroser les rues et surtout la Grand'Place, au moyen des eaux de la ville, de manière k éviter, le Sa medi notamment, que le balayage des pavés soulève ces tourbillons de poussière si désa- gréables et si nuisibles k la santé? Notre article était écrit, quand nous resu mes le numéro de la Lutte de ce jour, qui, m

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1