1 i Té O O O m Samedi 4 Juin 1898. 10 centimes Ie N°. 33* Année. 3346. L'affaire de Santiago. Le cardinal Gibbons et la guerre. La fin de la spéculation sur les blés L'assistance aux vieillards en France. La Chambre Francaise. On s'abonne rue au Beurre, 36, a Ypres, et Lb JOURNAL D'TPRKS parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de rabonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 60 c. par an pour tout le pays; pour l'ótranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adrossés franc de port a l'adresse ci-dessus. a tous Ies bureaux de poste du royaurae. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans ia corps da journal content 30 centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne. Los nnraéros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique (excepté les 2 Flandr cs) s'adresser a 1'Agenet IHavas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. X>inx! inolio 5 Juin A MIDI, sur le kiosque de la Grand'Place, L'HARMONIE COMMUNALE. PROGRAMME 1. Allegro militaire, 2, Les Templiers, fantaisie Litholff. 3, Friedensmarsch, Wagner. 4, Ronde de la garde, Jos. Löw. 5. Fackeltans, de Flotow, air. par Wittebrood?. 6. Valse des blondes, Ganne. Oil ne sait pas encore quelles ont été les pertes de chaque belligérant dans l'affaire de Santiago mais il ap- pert des nou velles recues que les américains ont été bel et bien repous ses. Aussi les américains cherchent ils aujourd'hui a réduire le combat acharné aux proportions d'une simple reconnaissance. Une dépêche de New-York nous dit en ontre Le conseil supérieur au ministère de la marine dé ment otEciellement toutes les nouvelles propagées par la presse relatives a des victoires améri- caines ou a des engagements quelcon- ques autour de Santiago. Ordre a été donné au commodore Schley de s'ab- stenir de livrer des combats sur mer et d'attendre les instructions de Was hington. Les forces de terre et de mer doivent attaquer en même temps les Espagnols, L'amiral Sampson pro- tégera, avec son escadre, le transport des troupes. On ne sait pas d'ou partira le corps expéditionnaire. Toutefois ce ne sera pas de Tampa, pour la raison que celte localité est trop éloignée du point de destination. Les américains ont perdu l'illusion qu'ils ne feraient de l'Espagne qu'une bouchée. lis deviennent plus prudents et plus modestes. A l'occasion d'une messe célébrée dans la cathédrale de Baltimore pour les catholiques qui ont péri en grand nombre dans la catastrophe du Maine, l'Eme cardinal Gibbons a adressé une allocution aux assistants, parmi les- quels se trouvaient de nombre offi ciers de terre et de mer. II a protesté contre les excitations périlleuses pro pagées par certains journaux. Pour l'honneur de l'humanité a dit l'illustre prélat américain, j'aime a croire que la destruction du Maine a été l'effet d'un accident, et que, par conséquent, l'Espagne ne peut point en êtrerendue responsable. Lors même qu'un Cubain crimi- nel aurait provoqué ce désastre pour lancer notre nation dans une guerre avec sa mère, ou qu'un Espagnol fa- natique aurait commis ce crime atroce, ce ne serait pas une raison pour recourir a la force des armes. Une seule circonstance pouvait ju- stifier Couverture des hostilités la preuve que le gouvernement espagnol aurait coopéré au placement de tor- pilles ou autres engins explosifs dans le port de La Havane, en vue d'ame- ner la destruction du dit navire. Mais je ne crois point qu'aucun homme sensé puisse croire qu'une nation chevaleresque se soit rendue coupable d'un pareil acte d'inhuma- nité. Interrogé au sujet des menus inci dents, Mgr. Ireland, archevêque de Saint-Paul, adéclaré que, a en juger parce qu il savait jusqu'alors par la voie des journaux et des informations olficielies venues de Washington, il était persuadé qu'aucun fait ne légiti- mait une rupture entre les Etats-Unis et l'Espagne. Le New- York Herald annonce la fin de la spéculation de M. Leiter; les spéculateurs qui s'attendaienik une fin de mois sont dégus, ait ce journal.Ils basaient leurs appréciations sur le précédent du fameux Corner il y a une dizaine d'années, oil le prix a monlé de 88 cents le dernier jour et a touché 2 dollars, chiffre qui n'avait jamais été atteint. Les courtiers de M. Leiter out commencé k vendre k Chicago 145, soit h 30 cents au- dessous de la cloture de Sarnedi et au bout d'un quart d'üeure, le prix était descendu h 125. Eu attendant, le blé sur Juiiiet a perdu 10 cents, ruinant une multitude de petits spéculateurs qui s'attendaient h ce que Leiter transférêt ses opérations h la hausse sur ce mois. De grands efforts ont été fails pour amener bêtiveraent du blé ft Chicago avant que le délais de livraison sur Mai fut expiré Plus d'un demi-million de bushels ontétéemma- gasinés depuis Samedi. Cast ainsi que s'est terminée cette fameuse opération. Le consor tium Leiter est crédité d'un profit total de 5 millions et plus, mais se sont lh des conjec tures. Le premier achat a été fait au début d'Avril 1897. La guerre gréco-turque, le déficit des récoltes h l'étranger et la guerre hispano américaine ont contribué h favoriser le succès de cette spéculation. Dans sa dernière réunion, le Conseil des Ministres a approuvé le projet de loi préparé par M. Barthou, ministre de l'Intérieur, sur l'assistance des vieillards et des incurables. D'après ce projet, dont la Chambre sera saisie aussitót après la constitution de son bureau, des secours publics seront rendus obligatoires en faveur des vieillards et des incurables satisfaisant auxquatre conditions suivautes être Frangais être indigent être, soit agé de 65 ans au raoins, soit atteint d'une infirmité incurable être reconnu incapable de subvenir k sa subsis- tance par le travail. Les secours publics ne seront alloués qu'au cas d'absence ou d'insuffisance des secours, soit privés, soit publics. Le domicile de secours s'acquiert par un séjour de dix ans pour ies veillards, de cinq ans pour les incurables. La dépetise sera répartie entre la com mune, le département et l'Etat, les commu nes riches venant en aide aux communes pauvres par la subvention du département, et les départements riches venant en aide aux départements pauvres par la subvention de l'Etat. Les malheureux qui se trouveront dans les conditions légales pour être secourus et qui n auraient acquis ni domicile communal, ni domicile départemental seront k la charge de iEiat. Les secours consisleront soit dans l'atiri- bution d'une pension mensuelle payée k do micile, soit dans l'hospitalisation. Sauf exception, le secours k domicile devra être préféré il pourra être aecordé a des individus, ou h des oeuvres privé-s qui se chargeut du vieiilardou de 1'incurable. Les dépenses résultant de l'application de la loi sont obligatoires elles peuvent être imposées Q'office aux budgets communaux ou départementaux. PARIS 2 Juin. La séance est ouverte h 2 h. 25, sous la ptésidence de M. Boisset; la salie est bondée. L'agitation est des plus vives. On décide au milieu du bruit de pro céder par appel nominal au scrutin pour la nomination du président provisoire. II y a aussi grande affluence de députés qu'bieril se pourrait même qu'il y ait plus de votants. Tous les partis ont télégraphié li ceux des leurs qui étaient parmi les 23 absents pour les prier de venir voterun certain nombre de ces absents se sont ren dus h la convocation et on ne pense pas que des absences se soient produites parmi les votants de la veille. Le vote par appel nominal est clos 3 1/2 heures. Le contre-appel commence immédia- tement. A 4 heures moins 20 il y a 561 votants soit 4 de plus qu'hier. Le scrutin est oio? k 4 heures. Les ministres sont applaudis lorsqu'ils déposent leurs bulletins dans l'urne. MM. Brisson, Deschanel, Drumont, Mil- levoye et Déroulède sont également applau dis. 11 y a exactement 532 votants. Des 19 dé putés absents qui n'ont pas pris part au vote, 6 sont républicains et 13 radicaux socia- listes. II y a deux bulletins nuls. M. Boisset proclaims le résultat da scrutin. Votants, 562 suffrages exprimés, 560 majorité absolus, 281. Deschanel, 282, élu Brisson, 278 A gauche Le voilé, le républieain M. Boisset quitte le fauteuil aux applau- dissements de l'extrême gauche. M Deschanel prend place au fauteuil de la présidence. Gris h droite G'est un président de coup d'Eiat. M. Deschanel commence une allocution, mais il est interrompu chaque phrase par les clameurs de la gauche. I! remercie la Chambre et parle de la fixa tion de l'ordre du jour. A gauche Adress'ez-vous k droite. M. Deschanel déclare ne pas vouloir com- mencer sa mission en appliquant le règle- ment h l'interrupteur. La séance est levée et renvoyée k Lundi. Au moment oü le président quitte son fau teuil, il est applaudi par la Droite et le Cen tre, tandis qu'h Gaucne on üurle Hou! hou! Les principaux chefs du parti radical se sont rendus, k l'issue de ia séance de la Chambre, prés de M. Brisson. Ils ont eu avec lui une longue conférence. lis lui ont proposéde présenterde nou veau sa candidature lors de l'éiection du bureau définitif, c'est-ü-dire après les invali dations. PAR

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1