Mercredi 17 Aoüt 1898. 10 centimes le N°. 33e Année. N° 8366, eS 0 R. Gt A N £- La paix. Le blocus levé. FRANCE Uii programme maconnique Autriche-Hongrie La manifestation néo-démocratique a Bruges On s'abonne rue au Beurre, 36, Ypres, et tous les bureaux de poste du royaume. Le JOURNAL D YPRES parait le Mercredi et le Samedt. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fln Décembre. Les articles et communications doivent être adrossés franc de port 1'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans la corps du journal coütent 30 centimes la ligne.Les insertions judiciaires1 franc la ligne.Les nurhéros suppló- montajres coütent to francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique (excepté les 2 Flandres) s'adresser k l'Agence IHavas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Plac3 de la Bourse. La signature du protocole peut être considérée comme impliquant ia con clusion de la paix. L'amiral Dewey a reeu l'ordre de lever le blocus de Manille. L'amiral Sampson fait notifier aux navires américains que le blocus de Cuba est levé. Le general Shaffer annonce qu'il va faire connaitre la nouvelle de Couverture des négociations de paix a Holguin, Manzanillo, Cienfuegos et la Havane. II est impossible de communiquer actuellement avec le general Milles. Les navires marchands de toutes les nations pen vent de mêine entrer et sortir librement des ports de Cuba et Porto-Rico. Le département d'Etat considère la déclaration et les ordres recus comme suf'fisants et il ne sera pas fait de proclamation de la levée du blocus. On ne craint pas a Washington de difficultés avec les Cubains au sujet de la cessation des hostilités. Tous les chefs cubains ont été olficiellement informés de la fin des hostilités. Gomez sera reconnu comme commandant en chef et on aura des communications avec lui en cette qualité. Legénéral Merrit a accusé réception de l'ordre de suspeadre les hostilités. Le général Lee a été appelé a Was hington. On croit qu'il fera partie de ia commission militaire qui se réunira a la Havane pour régler la date de Tévacuation de Cuba. Sous ce titre, on lit dans le Journal des Débats, organe libre-penseur. Les loges magonniques sont en émoi et les Ligues de la iibre pensée ne cachent pas leur épouvante. Sur tous les points du terri- toire, ligueurs et Irancs-muQons, fraternelle- ment unis, délibèrent sur les rnoyens de repousser le flot montant du cléricalisme qui menace de submerger jusqu'è la dernière les conquêtes de 89. C'est la Ligue de la libre pensée de Gre noble qui a jeté une des premières le cri d'alarme et formulé le programme de la future guerre civile. Ce programme a au moins un mérite celui de la franchise. Les ligueurs dauphinois n'y vont pas par quatre chemins. Qu'on en juge par le pas sage suivant Propageons autour de nous, s'écrient les auteurs de ce Manifeste, l'inutilité et surtout la malfaisance du dogme de toutes les religions. Et, si voulant précipiter les évènements probables, les cléricaux tentent de passer des menaces aux actes, ne re- commenpons pas les fautes du passé. Non comme nos ainés les sans culottes de la grande Révolution, nous ne laisserons pas debout comme monuments d'art et d'utilisa- tion quelconque les cathédralcs, les églises, les convents,{etc. Sans croire commettre aucun sacrilège, nous y porterons le fer et le feu. Nous écra- serons ces nids de vermine, ces réceptacles d'obscurantisme. Nous ne trouverons jamais de potences assez hautes pour y prendre, selon le mot de Ranc, les suppóts de toute la racaille cléricatarde Seul, le drapeau de la libre pensée est assez large pour abriter sous ses plis les amis de la liberté k quelques nuances qu'ils appartiennent, tous les ehercheurs de la vérité, k quelque école philosophique qu'ils relèvent. Nous affirmons que le groupement de la libre-pensée est le seul oil, pour y en trer, on n'abdique rien de sa personnalité ou de sou indéperidance. A bas les religions Vive la pensée libre Est ce tout? Pas encore. Cette belle be sogne accomplie, il restera a donner h la jeunesse franchise une éducation intégrale et netlement laïque. Ce dernier trait est ad mirable. Tout cela au nom de la liberté de penser. Les socialistes et les juifs On écritde Vienne, 7 aoüt, au Patriote II existe en Autriche nombre de personnes qui n out jamais pu croire que les deux sous de la cotisatiou ouvrière suffisent pour remplir les caisses socialistes et qui supposent uue autre provenance aux centaines de mille florins dépensés eu temps d elec tions. D'autres se demandent aussi d'oü vient l'ardente sympathie des socia listes pour les Juifs qu'ils couvrent de leur corps avec un incomprehensible dévouement. O'autres enfin, consta- tent que ces mêmes socialistes mar- chent comme un seul homme avec les Allemands dans tous les pays oü ceux- ci sont en tutte avec une autre na- tionalité. Or, le journal ouvrier V Pred, organe des tchèques non socialistes de Prague, publie en ce moment une liste des noms des banqniers, gros fabricauts, gros négociants qui ont aidé le parti socialiste au moyen de souscriptions. Les chiffres varient de 20 a 50, 100 et jusqu'a 1,000 florins. La liste comprend plus de 300 noms, parmi lesquels oil relève les suivants Stein, Franck, Pollak, Tele- welés, Mauthner, Berger, Fischer, Goppelmann, Popper, Altschul, Stern, Winternits, Tausig, Rosenfeld, For- gés, Reimann, Wiener, Thorsch, Mor genstern, etc. De tons ces noms, les deux ou trois qui nesont pas absolument juifs com me Stein, Berger, Fischer, sont Alle mands. Ges révélations aident a com- prendre 1° Pourquoi les socialistes sont tou- jours si bien nantis. 2* Pourquoi ils servent si coura- geusement la cause des juifs 3° Pourquoi on les voit toujours unis aux Allemands. A Gratz, ils ont joué partie liée avec le parti prussophile. A Vienne, ils ont engagéune luttedésespérée contre M. Lueger, d'accord avec le parti de la gauche allemande oü parti juif. A Prague, enfin, les socialistes ont cu- mulé les voix des juifs et des Alle mands, essayant sans succès de battre le candidat national tchèque. En décembre dernier, ils firent mieux encore Dans nombre de villes comme Gratz, Saaz oü les slaves sont en minorité, les Allemands unis aux juifs pillèrentet brulèrent nombre de maisous slaves, excès qui amenèreut des représailles a Prague, oü les Tchè ques infligèrent aux juifs et Allemands solidarisés une magistrale correction qui dura 48 heures. Les socialises mobilisèrent immé- diatement leurs forces répartis en groupes de cent,deux cents, cinq cents hommes, ils occupèrent des rues et des quartiers, prêtant main-forte a la police, veillant au maintien de l'ordre, montant la garde devant les portes des propriétaires ot des patrons alle mands ou juifs. Ces étrangetés sout düment expliquées par la publication de la liste des actionnaires du parti socialiste Ces indications donnent la clé de bien des énigmes. La patrie évalue, d'après des bases certaines, a 760 le nombre de mani- festants. L'abbé Daens n' a pas parti, malgré Tannonce de son arrivée. II fait tou jours défaut au dernier moment. Voici ce que ÏEtoile beige écrit au sujet du Congrès inême. Le Congrès des démocrateschrétiens s'est réuni, ce matin, dans la salie du Makelaars heester, rue Sainte Claire. Un millier de personnes environ y assistaientla plu part des chefs du parti s'étaient rendus Bruges, Pierre Daens (Alost), de Backer (DenderhautheraHector Plancltaert(Somer- ghem), Van Lint (Louvain); Lebon (Anvers) Ducattillon et Reini de Beer (Bruxelles.) Bruxelles, Gand, Courtrai, Anvers, Alost, Menin, Roulers, Ninove, etc., avaient envoyé des délégations. L'abbé Daens, dont ont espérait la presence, s'était abstenu. On pré- tend cependant que !e bruit d'après lequel cette abstention lui aurait été imposée par i'évêque de Gand est inexact. M. Pierre Daens présidait. II a ouvert le Congrès en protestant contre la vexation dont son frère l'abbé est l'objet de la part de I'évêque de Gand, bien que les démocrates soient aussi bons chrétiens que les catbo- liques conservateurs. M. Pierre Daens a terminé par un signe de croix cette allocution, au cours de laquelle le nom de l'abbé a été frénétiquement applaudi. M. De Backer, rédacteur en chef du Klokke Roeland, a ensuite entretenu l'assemblée de la situation éconoraique du parti. Puis M. Dueatillon a combattu la reprise du Congo et la politique coloniala, notamment, k cause des charges militaires qui en résulteraient. Ila réclamé, aux applaudissement de i'assera- biée un référendum sur la question de la reprise tout au moins, il demande que la reprise définitive soit précédée d'une reprise temporaire destinée servir d'expérience. II a abordé alors l'examen de la création d'une caisse de retraite pour les ouvriers qui serait organisée en grande pat tie par les ressources de l'Etat. Tous les ouvriers industriels seraient pensionnés h 35 ans, tcus les ouvriers agricoles 60. Après une longue discussion co sujet, tout le monde étant d'accord sur le principe, la question a été renvoyée h un prochain congrès, lequel se réunira h bret délai et s'occupera également d'unifier l'organisation du parii. A ce Congrès ont été envoyées aussi les questions du service militaire et de la repré- <k

HISTORISCHE KRANTEN

Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1