Mercredi o 1 Aoül 1898. 10 centimes le N°. 33* Annek. N° 3370 Une circulaire du Tsar L'effectif desarméesd'Europe, en temps de paix L'étude des langues anciennes au collége moderne. Ors s'ahonne rue au. Beur re. 36, a Ypres, et Le JOURNAL D'YPRES parait, le Mercredi et le Samedt. Le prix de ('abonnement, payable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. [.es abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adrossés franc de port a l'adresse ci-dessus. a to us les bureaus de pos te du royaume Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans la carps du journal coütent 30 ceo times la ligne. Les insertions judiciaires, i franc 'ai isme. Les numóros supplé- mentai"es coütent 10 francs les cont exeinpiaires. Pour les annonces de France et de Belgique (axcepté les 2 Flandrea) s'adresser a 1 'Agence iHavas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la B nrse. Le messager ofBciel de Si Péters- bourg a püblié, le 28 aoüt dernier, la circulaire suivante que le Comte Mouravieff a remise a tons les repré sentarits éfrangers accrédités auprès de la cour de Eussie: Le mainiien de la paix générale et une réduction possible des armeinents exassifs qui pèsenl sur toutes h s nations se présente dans la situation actueile du monde entier com roe l'idéal auquel devraient tend re les eftorts de tous les gouvernements. Les vues humanitaires et magnanirnes de Sa Msjesté l'Empereur, mort auguste maitre, y sont entièreoient acquises. Dans la convic lion que ce bul élevé répond :>ux intéréts les les plus essentiels et aux vceux légitimes de toutes ks puissances, le gouvernement im- f érial croit que le moment présent serail trés favorable b la recherche, dans les voies de la discussion internationale, des raoyens les plus efficaces b assurer b tous les peuples les bienfails d'une paix réelle el durable et de mettreavant tout un terme au developpement progressit des armemenis actuels. Au couts de 20 dernières années, les aspirations It un apaisement généra! se sont particulièrement affirmées dans la conscience des nations civilisées. La conservation de la paix a posée comrne le but de. la politique internationale. C'est en son nom que les grands Etats ont conclu eritre eux de puissantes alliances, c'est pour mieux garantir la paix qu'ils ont développé, dans des proportions inconnues jusqu'ici, leurs forces militaires et qu'ils continu nt encore b les accroitre sans reculer devant aucun sacrifice. Tous ces efforts, pourtarit. n'ont pu aboutir encore aux résul- tats bierfais mts de la pacification souhaiiée. Les charges fmancières suivent une marclie ase- ndante, atteignant la prospérité publique dans sa source. Les forces intellqctuelles et physiques des peuples, Ie travail et le capital sunt en ma jeure parlie détournés de leur application naturelle et coosumés improductivemerit. Des centaines de millions sont employés b acquérir des engins de destruction effroy- ables qui, corisidérés aujourd'hui com me le dernier mot de la science, sont deslinés demairt it perdre toute valour it la suite de quelquenouveile découverte dansce domaine. La culture nationale, ie progrès éeorio- rnique et la production des richesses sont entravés, paralysés ou faussés dans leur dé- veloppement A mesure qu'ils s'accroisseut, les armemenis de chaque puissance répoo- dent de moins en atoins au but que les gou- vernements s'étaient proposés. Lss crises écono - iqne dues en grande partie au régime des armeuients b outrance et au danger cominuel qui git dans eet amort- cellement du matériel de guerre transfor- ment la paix armée. de nos jour-s, en fardeau écrasant que ks peuples ont de plus ert plus de peine porter. li parait évident, dés lors que, ci entte situation se prolongeait, elle conduirait fata- letnent ce cataclysme cnême qu'on lend li écarier et dotti les horreurs font frérnir 5 l'avance toute pensée bumaine. Mettre un terme b ces armemetits inces- sants et recbercher le moyen de prévenir les calamités qui menacent le monde entier, iel est le devoir suprème qui s'impose au- jourd'hui ii tous les Eiats. Pénétrée de ce sentiment, Sa Majesté a daigné rn'ordonner de proposer b tous les gouvernements dont les représeniantssont accrédités prés de la cour impétiale, la réunion d'une conférence qui aurait b s'oc- cuper de ce grave problème. Gette confé rence serait, Dieu aidant, d'un heureux pré sage pour le siècle qui va s'ouvrir. Elle rassemblerait dans un puissant fais- ceau les eftorts de tous les Etats qui cher- ehent sincèrement b faire triompher la grande concession de la paix universelle sur les éle- ments de trouble et de discorde elle cimen- terait en rnême temps leurs accords par une consécration solidaire des principes d equité et de droit sur lesquels reposenl, la sécurité des Etats et le bien être des peuples. Gette circulaire défraie la polémique de tous les jouruaux.Le monde semble accueillir. avec faveur, la conception du Tzar de réunir un congrès des puissauces, en vue d'assurer défiuiti- ve.aent la paix par un désarmement general. Le congrès se réunira, nous en sommes convaincus, peut-être même a Bruxelles sous la présidence de Leopold II. Que sortira-t-il de ce congrès? Nous n'osorts opérer que toutes les puissances reünies auront la puissance d'abolir pour toujours la guerre qui est, comrne la peste et la famine, un fléau dont Dien, le tout-puissant, se sert, quand it Lui plait, pour chatier les peuples. Le Message de Nicolas II pour la paix n'en est pas moins un événement considérable, une idéé généreuse que le monde civilisé doit accepter dans les mêmes vues que sou auguste auteur et encourager par tous les rnoyens qui sont a sa disposition. Déja Léoti Xill a envoyé des félici- tations au jeune Empereur de toutes les Kussies. Représentant sur la terre de celui qui a voulu apporter lapaix aux hommes, le Pape ne peut-être que favorable aux idéés humanitaires et magnanimes de Nicolas II Des chefs d'Efat out adhéré immé- diatemént a la proposition du Tzar qui, eutre au tres résultats, aura sans doute celui d'ameuer une prompte et équitable entente entre tes deux puis sauces, l'Espagne et les Ëtats-Uuis, qui viennent de trancher leurs diffé rents par les armes. Puisse, Dieu aidant, la conférence de la paix être d un heureux présage pour le siècle qui va s'ouvrir! Ainsi s'exprime Nicolas II qui semble ne pas oüblier que tout événement procédé de la volonté de Dieu.Ge serait en effet batir sur le sable de vouloir se passer dé l'aide et de la protection divines. Acceptons done le Message russe avac respect et reconnaissance. Quatid les efforts du Tzar n'auraient d'au- tres résultats qu'une diminution con sidérable des ormemeuts excessifs et la soumission des différents iuterna- tionaux a un arbitrage, encore de- vrions nous les accueillir, nous beiges ,-urtout, avec empressement et bon- heur. II nous semble évident en effet que les petites nations profiteront avant toutes les autres de ces avantages iramenses qui seront probablement les couséqueuces les plus immédiates et les plus certaiues du congrès de la paix. Le message de Nicolas it serait-il inspiré par les statistiques suivantes que nous t-rn- pruntons b VAlmanack de Gotha Allemagne 480.000 h. Autriche-Hongrie 360.000 h. Belgique 51.000 h. Bulgarie 46.000 h. Danemark 11.000 h. Espagne 130.0)0 h. - France570,000 h. - Grande- Bretagne 727,000 h. Gréce 25.000 h. - Italië 255.500 h. Pays-Bas 29.000 h. Portugal 33.000 h. - Roumanie: 6^.000 h. Russie 894.000 li. Serbie 22.500 h. Suède et Norvège 39.000 h. Suisse 496.000 h. - Turquie 350.000 hommes, Soit, pour l'Europe, un total de 4 millions 779 mille cinq cents hommes. En ce qui concerne la marine, l'Allemagne possède9i batiments comprenant un personnel de48.071 hommes; rAutriche-Hongrie, 124 ba- timent et 8.649 hommes, le Danemark, 62 bati ments et 1.622 h. l'Espagne, 153 batiments et 1.410 officiers la France, 504 batiments et 43.945 h. la Grande-Bretagne, 881 batiments et 100.405 h.la Grèce, 69 bbtiments et 3.159 h. l'Italie, 328 bat. et 25.175 h. les Pays-Bas, 131 batiments et 6.918 h. le Portugal, 25 bati ments et 5.297 h. la Roumanie, 30 bat. et 1.720 h.la Russie, 369 batiments et 39.363 h. la Suède et la Norvège, 83 batiments et 3.430 h. la Turquie; 69 bailments et 12.640 hom mes. Soit un total de 2.910 batiments dont les frais de construction sont colossaux, et 279.156 officiers, soldats, employés et matelots. Voici enfin les chiffres atteints dans ces divers pays par les budgets de la guerre et marine Allemagne, 877.759.843 francs. Autriche- Hongrie, 364,94-2.705 fr. Belgique, 48.406.375 fr. Danemarck, 17.246.477 fr. Espagne, 163.659.322 francs. France, 880-718.670 fr. Grande-Bretagne, un milliard 11 millions. Grèce, 16.345.312 fr. Italië. 337.742.929 Pays-Bas, 78.624.786 francs. Portugal, 444.674.295 fr. Roumanie, 44.470.335 francs. Russie, 1.377.128.676 francs. Serbie, 14.115.393 fr. Suède etNorwège, 45.353.700 fr. Suisse, 23.200.840 fr. et Turquie, 115.823.838 francs. Soit la somme globale de plus de 6 milliards 700 millions, rien que pour l'Europe.... eten temps de paix. La proclamation des récompenses au col lége moderne a„ été accompagnée d'un discours de M. le protesseur Blyau, sur ou plutöt contre l'étude des langues latine et grecque. M. Blyau fait ressortir la supériorité des aliemands qui rsous sont, dit-il, préférés dans le commerce parcequ'ils sont nos mal- tres dans ia connaissance des langues rno- dernes. II appelle des survivantes du moyen age les prerogatives que les langues anciennes ont conservées dans nos établissements de struction. L'honorable protesseur conclut b ce qu'on adopte dans notre pays, comme en France, pour ['instruction moyenne, l'inscription au programme, de la lecture, en traduction, des chefs d''oeuvre de Vantiquité. C'est pourqu >i, dit-il, bien que fervent partisan des études humanistes, bien que siocère adrairateur des littératures de ces langues déturites, je voudrais voir adopter cette mesure pour notre pays, car je con- sidèrela connaissance de ces langues com- me un bagage superflu et encombrant pour tous ceux qui ne se destinent pas aux étu- des supérieures. Qui done a jamais prétendu que ceux qui ne se destinent pas aux études supérieures doivent apprendre le latin et le grec? -t—-,»MQQiiuU- i

HISTORISCHE KRANTEN

Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1