m S3 Mercredi 7 Septembre 1898. 10 centimes Ie IV0. 33e Année. N° 3372 qP>GlAI\/£ LA FRANCE Pays-Bas Un télégramme de M. de Smet de Naeyer au Bien Public Poperinghe On s'abonne rue au Beurre, 36, k Ypres, et k tous les bureaux de poste du royaume. Le JOTTRNAI. D'YPHKS parait le Mercredi et le Samodi. Le prix de I'abonnementpayable par anticipation ast de 5 fr. 60 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnentfents sont d'un an et so régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adressés fraac de port a l'adresse oi-dessus. Les annonces coütent 15 centimesla ligna. Las réclames dans le corps du journal coütent SO centimes la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne. Les nuraéros suppló- uentaires coütent iO francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique (excepté les 2 Flandres) s'adresser l'Agence Ravas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et k Paris, 8, Place de la Bourse. M. Cavaignac, ministre de la guerre, a donné sa démission et est remplacé par le Général Zurlinden, gouverneur militaire de Paris, alsacien de nais- sanee. M. Cavaignac était hostile a la revi sion, bien que ce fut lui qui avait prouvé la fausseté de la pièce fabri- quée par le colonel Henry. II lui sem- blait que la culpabilité de Dreyfus était suffisamment établie par les autres documents du procés de 1894 et il jugeaitla revision inutile. La majorité du cabinet Brisson ne partageant pas l'avisde M. Cavaignac au sujet de la revision, il ne restait a ce dernier qu'a se retirer. C est ce qu'il a fait, avec beaucoup de dignité. La révision se fera done d'une ma- nière ou de l'autre. Tel est sans doute le sentiment du gouvernement. Si non la retraite de M. Cavaignac ne s'expliquerait pas. Nous avons dit que nous croyons cette révision nécessaire, inalgré les inconvénients diplomatiques qui peu- vent en résulter. 11 est évident a nos yeux que l'autorité morale du juge- ment qui a condamné Dreyfus est si non annulée, tout au moins considé- rablement affaiblie. Mais comment procéder a la révi sion sans compromettre certaines re lations diplomatiques? Comment reviser sans porter une profonde atteinte a l'autorité de la chose jugée et sans diminuer le pres tige de l'armée franqaise dont les chefs ont ju gé Dreyfus Nous n'irons pas jusqua dire, avec certains journaux, que la révision eest la guerre. Nous n espérons pas avec les Dreyfusards que la révision fera éelater l'innocence de Dreyfus, paree que nous ne pouvons croire que des soldats francais aient con damné sciemment un innocent, moins encore qu'ils aient été capables de fabriquer des faux, pour le seul plaisir de faire condamner un innocent ou de créer des embarras politiques au gou vernement de leur pays. On le voit, il est grave de reviser il nest pas moins grave de ne pas reviser. La France est a un moment de son histoire oü son honneur est en péril. Si, ce qu'a Dieu ne plaise, des soldats ont été capables de fabriquer des faux, une armée, composée de pareils éléments,est une armée discré- ditée, perdue. Après Sedan, on a pu dire comme FranQois I: «Tout est perdu sauf Phonneur. On ne pour- rait plus en dire autant aujourd'hui. L'honneur même serait perdu. Nous souhaitons done pour l'hon- neur de l'armée franpaise, non pas que Dreyfus soit coupable, mais que les preuves de sa culpabilité soient sincères, évidentes, et que cela soit établi,autant que possible,a la lumière du jour. Les reines de Hollande k Amsterdam Journée de Lundi LA JOÏEUSE ENTRÉE Au milieu d'une toule énorme et enthou siaste, qui se pressait sur son passage, la reine Wilhelmine, accompagnée de la reine- mère, s'est rendue du palais de La Haye k la gare du Rheinspoorweg. Elle y a pris le train d'une heure 15, qui l'a amenée, k deux heures quinze, en gare d'Amsterdam. Dès midi, étaient arrivés successivement et s'étaient postés aux endroits qui leur ont été désignés pour former la haie sur le par cours du passage, les délégués de quarante- 1 cinq sociótés civiles et militaires. Us sont cinq mille, représentaut quinze mille mem bres. Beaucoup d'entre eux portent leur costume historique, leur drapeaux et leurs bannières. c'est un luissellement de couleurs de l'eftet le plus pittoresque. Sur tout le parcours que suivront les souveraines, de la gare de Wesperpoort au Dam, les trottoirs se garnissent de monde, tandis que l'on prend d'assaut les estrades sans nombre improvisées par d'industrieux particuliers. Les membres de la presse prennent place sur l'immense estrade qu'on leur a dressé au Dam, sur le toit du Kom- mandantenhtiis. Cloches et carillons sonnent, le canon gronde les Reines entrent dans la gare du Westerpoort. La reine Wilhelmine est reeue a la descente de sa berline par le commissaire (gouverneur) de la Hollande septentrionale, le bourgmestre et les éehevins d'Amsterdam. Dans le salon royal attendaient, pour saluer leur souveraine, les membres du conseil communal, les autorités judiciaires, les di recteurs de la marine, en fonctions k Am sterdam, les commandants de la première division d'artillerie, de la schutterij de la place, les membres du comité central des des fêtes. Au moment oü les deux Reines font leur apparition sur le perron extérieur de la gare, une immense clameur s'élève: Leve de Ko ningin; leve Wilhelmintje. Les tambours baltent aux champs, les trompettes sonnent et les musiques entonnent l'hymne national Wien neêi land's blotd in d'aderen vloeit et le Wilhelmuslied Le spectacle est inoubliable. [Jn moment de brouhaha. Le cortège royal se forme. La maréchaussée k cheval prend la têtesuivie dun escadron du 3™° hussards, d'un détachement du corps d'artillerie, d'une compagnie du 2n'« régiment d'artillerie de siége, d'un détachement de la réserve, etc., etc. Les drapeaux clacquent au vent, les uni- formes multicolores miroitent au soleil; des sonneries de trompettes cascadent joyeuse- ment et couvrent par instant les cris de joie poussés par la foule. Le cortège déroule ses chaines au travers les rues pavoisées. Voici maintenant le mai- tre de cérémonie de Sa Majesté assis dans une voiture attelée de deux chevaux; cinq autres voitures,atteléesde même, conduisent les chambellans de service, les chefs des départemenis de la maison royale, les dames de la Cour, le secrétaire particulier de Sa Majesté. Trois voitures attelées de quatre chevaux et dans lesquelles ont pris place les grands officiers, les dames du palais, les grandes maltresses et le premier maitre des cérémo nies, précédent le carosse royal. Huit pur-sang guidés par huit laquais le le conduisent. Des cavaliers richeroent cos- tumés, parmi lesquels les princes étrangers, carcolent autour de la voiture royale. Mais la foule n'a plus d'yeux pour les figurants secondaires du cortège. Tous les yeux cher- cbent avidement l'héroïne de la féte, tandis que de plus frénétiques olameurs jettent au vent l'expression de brülant patriotisme de tout ce peuple. Ravissante d'ingénue beauté, souriante de tout ce bonheur de son peuple, la reine Wilhelmine, qui est assise dans un carosse d'ork la droite de sa mére, adresse k la foule des saluts d'une grkce charmante. Elle porte une ravissante toilette en soie blanche. Le cortège s'engage au Dam et en fait lentement le tour. Les hourrahs redoubled, toutes les mains agitent des mouchoirs, et derrière sa iégère voilelte blanche, la jeune reine sourit doucement en saluant avec une exquise eordialité. II est trois heure3 et demie lorsque les reines descendent de voiture pour entrer dans leur palais et les vivats continued long- temps encore. Les deux reines pénètrent dans le palais royal et bienlót apparaissent au balcon C'est alors une explosion d'entbousiasme qui dure jusqu'au moment oü les souveraines se retired. Puis les troupes évacuent lentement la place, et le peuple, toujours encadrés par les soldats du service d'ordre, avance jus qu'au pied du palais én poussant des accla mations frénétiques qui redoubled encore lorsque Leurs Majestés réapparaissent au balcon. Sur la place il est impossible de se frayerun chemin. Le spectacle est vraiment grandiose. (Métropole.) Le Bien Public are<?udeM. leMi nistre des Finances, chef du cabinet une lettre au sujet de laquelle notre confrère gantois écrit Les amabilités télégraphiques que le mi- nistre des finances a cru devoir adresser au Bien Public sont commentées par la presse. A ce sujet les potins circulent et grossis- sent. II ne faut guère y attacher d'importan- ce. Nous ne croyons pas un mot de cette histoire que M. de Smet de Naeyer aurait lancé son télégramme, k la suite d'un en- tretien qu'il aurait eu aveo le Roi, au Salon d'Anvers, entretien dans lequel Sa Majesté se serait plainte d'avoir été décou- verte par le ministère. Ce qui enlève tout fondement k ce racon- tar, c'est que nous avons re?u le télégrammo de M. de Smet deNaeyer vendredi midi, c'est k dire avant la visite duRoi au salon d'An vers. L'honneur d'avoir rédigé le démenti re- vient done exclusivement k l'honorable che du cabinet. La presse libérale sen prend en particu lier k M. De Bruyn, paree que les arrètés royaux en souffrance portent la signature de M. De Bruyn, non celle de Sa Majesté. M. De Bruyn aurait répondu aux Brugeois que, pour iui, il avait tout signé. Les journaux parient déjkde situation tendue, de crise.... Brr Simples potins, tout cela, nous le répé- tons. Grand succès du collége patronné do Poperinghe aux concours de 1898. Concours entre les colléges épiscopaux du diocèse CLASSE DE RHÉT0R1QUE. 112 concurrents. Discours Francais. 1" prix. M. Joseph Vuylsteke, de Poperinghe 6" accessitM. Albert Boedts, de Staden. SiaSHHttni

HISTORISCHE KRANTEN

Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1