t Samedi 15 Octobre 1898. 10 centimes Ie N°. S3' Annêe. N° SS83 Etats-Unis d'Amérique France Bruit d'un coup d'état a Paris Au Conseil des Mi nistres La Prusse et le Vatican Bruges-Port de mer La statue de N. D. du Rosaire On s'abonne rue au Beurre, 36, k Ypres, et tous les bureaux de poste du royaume. L« JOURNAL D'YPRKS parait le Mercredi et le Kamed). Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est de 5 fir. 60 c, -par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adrossés franc de port a l'adresse ci-dessus. Les snnönces coütent 15 centimesla ligne. Les réclames dans le corps du journal coütent 30 coutimes. la ligne. Les insertions judiciaires 1 franc la ligne. Les numéros suppló- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique (excepté les 2 Flandres) s'adresser a VAgence Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. La commissiou d'enquête améri- caine chargée de decider a qui revient l'hoiineur de ia bataille de Santiago, honneur que se disputeut i'amirai Sampson et ie commodore Schley, a termiuéson rapport; les conclusions sont les suivantes La bataille a été livrée et gagnée d'après les plans élaborés par I'amirai Sampson La manoeuvre commandée par I'a mirai Schley n'a aucune importance. Le New- York n'a pris aucune part active au combat. Le Brooklyn se trouvait a une plus grande distance des navires espagnols qu'on ne l'avait annoncé. Le Texas et ïlowa étaient au pre mier rang et out eu a essuyer tout le feu de l'ennemi. Le New-York était k 9 milles du Christophe-Colomb lorsque celui-ci a arboré le drapeau blanc. Aucun navire américain ne s'est approcbé a plus d'un mille des navires de guerre ennemis, pendant le combat. L'impöt sur le revenu Le projet de réforme de l'impót con- stituera, comme on sait, un projet distinct du budget de 4899. Tous deux seront déposés, dès la rentree, sur le bureau de la Chambre. La réforme de l'impót, élaborée par M. Peytral, tend k supprimer la contribution person- nelle-mobilière et Timpöt des portes et fenêtres et a les reraplacer par une taxe dégressive sur le revenu calculée d'après les signes extérieurs, loyer, nombre de domestiques, de chevaux, de voitures, habitations de plaisauce, etc. La dégression consiste dans la dé- termination d'une limite maxima dont on partira pour la fixation du taux, ce taux allant en décroissant jusqu'a un chiffre de revenu au-dessous du- quel le contribuable sera exonéré to- talement. M. Peytral compte demander a la Chambre de nommer, pour l'examen de ce projet une grande commission 33 membres, distincte de la com mission du budget qui devra être également élue a la rentrée. Cette commission de réforme de l'impót sera saisie, en dehors du projet du ministre des finauces, de toutes les propositions de réforme fiscale qui pourront. émaner de l'initiative parle mentaire. Elle dégagera d'autant la tache de la commission du budget. Paris, 14 Octobre. Du Figaro On coup d'Etat nous menace telle est la nouvelle que nous donnent ce matin trois journaux, le Rappel, la Petite République et Jurore. La note du Rappel est la plus explicite. La voici intégralement Nous ap- prenons dans la soirée une nouvelle d'une gravité exceptionnelle. De di vers cótés et sous des formes dilféren- tes parvenaient bier a quelques répu- blicains éprouvés et bien placés pour en recueiilir les bruits des renseigne- merits tendant a indiquer qu'un atten tat était préparé contre le gouverne ment actuel. Un général tout au moins, occupant dans l'armée une situation considérable, aurail re$u un ou des télégrammes d'un caractère tel qu'il n'y aurait aucun doute au sujet de son intention. Le gouvernement immédiatement prévenu n'a pas semblé trop surpris, attendu que des renseignements de mêtne nature lui avaient déja été com muniqués. Tout ce que nous pouvons dire a 1 heure actuelle c'estque l'atten- tat était. résolu pour Samedi matin et cette date avait étéprécisément cboisie parce que le général Chanoine devait être ce jour la absent de Paris. Mais nous le répétons, le gouvernement est prévenu. Les minislres se sont réunis Jeudi matin en conseil de cabinet. Le président du conseil a tenu ses collègues au courant des incidents re- latifs a la grève et des conditions dans lesquelles s'opère la reprise du travail. Le ministre des affaires étrangères a continué a entretenir ses collègues de la situation extérieure. Le ministre des finances a expliqué les dispositions générales du projet qu il a préparé sur l'établissement de f'impótsur le revenu. Le conseil continuera la discussion de ce projet dans une prochaine séance. Le ministre des colonies a commu niqué une dépêche de Saint-Louis an~ nonQant la prise de Samory. Des féli- citations ont été adressées aux officiers auteurs de ce fait d'armes que le gou vernement se réserve derécompenser. Un nouveau conseil de cabinet aura lieu Samedi. Des journaux annoncent que le mi nistre de Prusse prés le Vatican, M. de Bülow, si brusquement rappelé a la suite de l'allocution du Pape aux pélé- riusfrancais, a donné sa démission. D'après des informations puisées a bonne source, il est inexact qu'il faille considérer le départ de M. de Bülow comme une réponse de la Prusse au discours que le Pape a adressé aux pélerins francais. Depuis longtemps, le remplacement de M. de Bülow était décidé, et le mi nistre de Prusse prés le Vatican avait demandé lui-même sa mise k la retraite pour raisons de santé et cause de sou grand age. On annonce que le remplacement de M. de Bülow, fait au lendemain du discours du Pape, est une pure coinci dence que les A demands sont les pre miers a regretter, car iis n'ont aucun iiitérêt a rompre leurs relations avec le Saint-Siége. Des explications dans ce sens ont été données au Vatican par le chargé d'affaires de Prusse. Le successeur de M. de Bülow, déja désigné, est attendu. Nous lisons dans la Patrie Les concessionaires du port de Bruges- Heyst et les administrateurs de la Compagnie des Installations maritimes ont été regus Lier par M. le Ministre des finances l'efïet de délibérer sur les modifications que le gouver nement se propose d'apporter au disposilif de l'avant-port. II a été admis que ces modifications seront des plus avantageuses tant, au point de vue nautique qu'k celui de l'entretien de l'avant- port et qu'il y a lieu d'y adhérer pleinement. Après cette audience MM. Visart, Ronse et De Glercq ont été repus k leur tour par M. de Smet de Naeyer. L'entrevue a été plus longue que la précédente. Elle n'a pas duré moins de deux heures. II fallait discuter non seulement le nouveau dispositif mais toutes les questions qui ont si vivement ému l'opi- nion publique depuis plus d'un an. Nous sommes heureux de pouvoir annon- cer que toutes les difficultés sont applanies. Nos honorables édiles se sont mis d'accord avec M. le ministre des finances sur tous les points. Des communications écrites conformes l'échange de vue oral d'hier seront sans retard entamées afin de marquer d'une fafon précise l'accord intervenu entre le gouvernement et la ville. Elles seront ensuite soumises en séance publique k l'examen du conseil com munal. M. De Bruyn,ministre des travaux publics, assistait k l'entretien et a adhéré pleinement aux explications de son collègue des finances. Tout est bien qui finit bien. k l'église St-Jacques Tout le monde a admiré, pendant l'Octave du Sl Rosaire, la décoration simple mais de bon goüt, de l'église, et spécialement la ma- gnifique statue de la St-Vierge qui couron- nait ie maitre autel. Cette statue a son histoire. Elle date du commencement du XVI* siècle et se trouvait au couvent des Frères-prêcheurs, jusqu'k la suppression de ce couvent, k la Révolution frangaise. Par acte du 6 Décembre 4803, Antoin Lambrecht, prieur des Dominicains k Ypres, avec l'autorisation du Général de l'ordre et de l'Ëvêque de Gand sous lequel Ypres se trouvait alors, transmit tout ce qui apparte- nait k l'ancienne confrérie du St-Rosaire k la confrérie qu'il érigea dans l'église paroissiale de St-Jacques. Parmi ces objets se trouvait l'ancienne statue de N. D. du Rosaire. On la plapa ha- biliée prés du banc de communion. Pour la vêtir commodément on s'était cru dans la nécessité de lui couper un bras ainsi qu'un bras de l'enfant Jésus, d'enlever les draperies de la robe et du manteau. On avait mêrne supprimé la couronne sculptée. Heu- reusement la statue avait conservé son an- cienne polychromie, ainsi que la trace de dorures dans les cheveux. M. le Chanoine Duclos, curé de la paroisse, ayant constaté le mérite artistique et archéo- logique de l'autique statue, s'est décidé k la faire remettre dans son ancien état.. II s'est adressé k M. Blancbaert pour la sculpture et k M. Brusers pour la polychromie. Ges artistes, qui out restauré également la Statue de N. D. de Tuine, ont profité des indications fourntes par M. le Chanoine Du-

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1