Samedi 29 Octobre 1898. 10 centimes ie IV0, S38 Année. N° 3387 m FRANCE La révision en cassation Le complot Angleterre Le bétail hollandais Bruges Port de Mer On s'aboime rue au Beerre, 36, k Ypres, et k tons les bureaux de poste du royaume. Le JOURNAL D"YPRES paraït le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est de 5 fr. 60 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se réfrularisent fln Décembre. Les articles et communications doivent être adrossés franc de port a 1'adresse ci-dessus. Les annonces content 15 centimesla ligne. Les réclames dans le corps du journal coütent 30 centimes la ligne.-- Les insertions judiciaires1 franc la ligne. Les numéros supplé- ineatairos coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique (excepté les 2 Flandres) s'adresser k VAgence Havas Bruxeües, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. La crise ministérielle en France n'a pas encore de solution et n'eti aura qu'après le prononcé de l'arrêt de la cour de cassation dans l'affaire Dreyfus. Cette circonstance n'empêche pas cepen- dant l'éclosion de toutes sortes de combinai- sons e est ainsi que Ton donne un certain succès a une liste ministérielle donl voici les noms principaux MM. Dupuy, président du conseilDelcassé, affaires étrangères Ribot, finances Bourgeois, instruction pu blique Gonstans, justice. M. Leygues par ticiperait la combinaison. Ajoutons cependant que, dans les milieux politiques, on dit que M. F. Faure ne tient pas k avoir un cabinet Dupuy, bien que celui-ci ait été désigné comme pouvant for mer un ministère de concentration ayant quelque chance de vie. Dans tous les cas, les pourparlers conti- nuent et on conpoit qu'ils soient laborieux, étant donné le caractère hétéroclite de la majorité qui a renversé le cabinet Brisson et qui ne peut fournir les éléments d'un gouvernement. G'est hier qu'k commencé devant la cour de cassation l'examen de cette obsédante affaire. Toute l'audience a été consacrée k la lecture du rapport de M. Bard, qui a fait l'historique de la question et rappelé les di- verses teutatives faites pour la revision du procés. Mm' Dreyfus soutient que le bordereau n'est pas de son mari. Examinant le rapport des experts, M. Bard dit que le faux du colonel Henry ne saurait être un prétexte k revision, raais c'esl sa deposition qui a été surtout acca- blante pour Dreyfus. M. Bard dn que la Cour de cassation est saisie régulièrement et qu'elle devra voir si elle peut se prononcer pour une enquête sup- plémentaire. M. Bard donne lecture du rapport du colo nel du Paty de Clam sur l'arrestation de Dreyfus par M. Goehefert, chef de laSureté. II insiste sur les interrogatoires que du Paty de Glam fit subir k Dreyfus et sur les lettres qu'il dicta k celui-ci Dreyfus a toujours protesté de son inno cence. Après une suspension d'audience, M. Bard passe k la question des avr ux attribués h Dreyfus. II s'oecupe tout particulièrement de la dé- position du capitaine Lebrun-Renault, dépo- sition faite trois ans après l'événemeat. Dreyfus s'est reconnu coupable d' amor- t?age et non de trahisorj. Le rapporteur aborée ensuite l'affaire du petit bleu tombé aux mains du colonel Picquart et ne veut pas l'examiner, Picquart étant poursuivi. Après seire occupé encore des documents saisis par M. Berthulus cbez Esterbazy, M. Bard proteste contre la non communication k l'accusé des documents qui l'ont fait con- damner. II y a eu, dit-il, l'emploi d'un procédé qui ne saurait être assez i éprouvé et qui consti- tue une violation flagrante du droit public franpais de 1789. Gependant le ministre de la guerre inter- rogé par le ministre de la justice, lui écri- vait le 11 Septembre dernierJ'ai l'hon- neur de vous faire connaftre qu'il n'y a pas trace au ministère de la guerre de la com munication d'un dossier secret aux membres du conseil do guerre de 4894. Le lieutenant- colonel Picquart ayant éié invité k préciser par le ministre de la justice, a indiqué quel- les étaient toutes les personnes au ministère de la guerre qui avaient eu connaissance de cette communication. II ne sait pas d'ailleurs, mais c'est un point k élucider auprès des membres du conseil de guerre, par qui le pli contenant le dossier secret k été apporté. Lui même a ap- porté plusieurs plis et il ne saurait- dire le- quel des ces plis contenait le dossier. La lecture du rapport de M. Bard a été interrompue k ce moment L'audience k été levée, il était 5 h. 4/2. La presse parisienne. Les journaux qui ont fait campagne en fa veur de Dreyfus triomphent ce matin Ven- dredi et portent, en mancbette des titres dans le genre de celui-ci Le triomphe de la vérité, Dreyfus innocent. D'autre part, certains journaux comme Vlntransigeanl traitent M. Bard de roenteur»; ils assurent que jamais le colonel Henry n'a avoué avoir remis iui-même le bordereau au général Gonse. L'Agenee Havas dit que dans les cercles politiques on estmne que la cour de cassation ne prononcera ni la revision avec enquête ni l'annulation, ces deux procédures devant entrainer des conséquences sur lesquelles il n'est pas besoin d'insister. Pour les éviter, la cour de cassation déci- derait que, dans les conditions oü la cause se présente, il n'y a pas de crime de tfabison et que par suite la condanination prononcée contre Dreyfus ne peut pas subsister. La conspiration des généraux imagi- née par la presse dreyfusarde pour affoler l'opinion publique en France, ayant obtenu un immense succès d'incrédulilé gognenar- de, les organes du syndicat sont bien forcés de recourir k une autre invention, destinée k atteindre le même but. Telle est sans doute l'explication d'une stupéfiante correspondance romaine, publiée hier par l'Indépendance beige,ei dans laquelle le Vatican est dénoncé comme le foyer d'un vaste complot monarchico-clérical dont Son Eminence le cardinal Rampolla, ministre d'Etat de S. S. Léon XIII, serait le chef. Le libretto de la pièce est conforme k tou tes les régies de l'art mélodramatique. Bien entendu, les jésuites sont de l'affaire. M. le lieutenant-colonel du Paty de Clam, particu lièrement en butte k la haine des dreyfu- sards, est chargé d'un des principaux róles. On nous le montre se rendant secrètement k Rome, pour préparer le coup décisif. Natu- rellement aussi, une dame mystérieuse appa- rait dans le complot, etc., etc. Nous ne ferons pas k cette salade romaine l'honneur de la secouer. L'invraisemblance du récit forgé par le correspondant de l'Indé pendance saute aux yeux. II est acquis, en eftet, qu'k l'époque oü la presse dreyfusarde annonpait la fuite de M. du Paty de Glam et son passage a Rome, cet officier se trouvait a Brest avec son jeune fils, qui venait s'y engager dans la marine franpaise. Bien plus, on ne nous dit pas au profit de quelle monarchie, napoléonienne ou orléa- niste, se tramerait l'initrigue ourdie au Vati can, et personne n'ignore que la politique pontificale en France, loin d'être favorable k une restauration monarchique quelconque, pousse, au contraire, au ralliement k la Ré- publique. Mais qu'important aux condottieri de plume de la presse maponnique les invraisemblan- ces et les impossibilités Ils ont une confian- ce absolue dans la crédulité de la badauderie anticléricale et, pour susciter des préven- tions et des haines contre l'Eglise, toutes les armes leur sont bonnes. L'Indépendance a voulu, sans doute, par- ticiper, dans la mesure de ses forces, k la campagne anticatholique dont l'affaire Drey fus n'a jamais été que le prétexte et dont M. Brisson devait être le général en chef. Malheureusement pour ce journal, le ca binet Brisson est tombé, on sait de quelle peu glorieuse fapon, le jour même oü partait de Rome l'abracadabrante correspondance qui devait dénoncer k la France et k l'Europe le terrible complot.—On ne manque pas mieux son coup. Besogne inutile Besogne perdue Entrée triomphale Douvres, 27 Octobre. Le sirdar Kitchener est arrivé, cet après- midi, k 2 h. 4/4, k Douvres. II a été repu par le maire de la ville et une députation d'autorités. Après un lunch offert dans le grand hall de l'Hótel de Ville, le sirdar est parti, k 5 heures, pour Londres, oü il a été repu par lord Salisbury. Une foule immense a collaboré avec enthousiasme k cette rentrée triomphale. Les Hollandais commencent k s'aper- cevoir eux -mêmes que la grande fraude pratiquée sur la frontière est nuisible aux intérits de l'agriculture et du commerce de la Hollande. Voici, a ce sujet, une correspondance de ce pays: Malgré l'ouverture, k certains jours déter- minés et sous certaines conditions, de la frontière beige 4u bétail hollandais, la fraude continue k être pratiquée sur une grande é- chelle. La conséquence en est, écrit on de Zuiddorpe au Vlissengsche Courant, que la mesure ne profite guère ni au petit cultiva- teur ni au petit marchani de bétail beige de lk uue recrudescence de la fraude, qui introduit nous en fümes témoins le bétail en Belgique par troupeaux de douze k quinze têtes. Le même journal ajoute La levée de Ia prohibition d'introduire des vaches laitières en Belgique, est uniquement k l'avantage des grands marchands de bétail, qui importent le bétail hollandais k faire déborder leurs étableset puis, arrivé k ce point, on ne manquera de découvrir, que l'une ou l'autre béte, venue de Hollande, est atteinte de sto- matite aphteusequi rógne actuellement en Belgique— et naturellement alors la frontière sera de nouveau fermée. Et voilk pourquoi se perpétue la fraude qui, elle, dispense au moins l'importateur de la quarantaine de 10 jours qui lui est impo- sée' et des frais afférants. Tout est bien qui fluit bien. Voici ce qu'e'crit la Patrie, et nous la croyons bien informée M. le Ministre des finances a adhéré par écrit k toutes les clauses de la convention k intervenir entre la ville de Bruges et le gou vernement relativement aux installations maritimes, aux extensions de territoire, au déplacement de la gare, k l'aménagement des remparts et généralement k tous les points débattus depuis plus d'un an. La convention sera soumise k l'approba- tion du conseil communal en séance publique demain Samedi. Cette assemblée se prononcera probable- ment sur-le-champ, attendu que toutes les clauses du contrat ont déjk été discutées en séance k huis-clos et qu'elles ont été portées k la connaissance du public par la voie de la presse locale et du dehors. II est évident que si Bruges approu- ve la convention et que le gouverne-

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1