IM Ml f Saniedi 26 Novembre 1898. 10 centimes le N°. Annee. i\° 3395 VsyJ) üfr M||J QflGA iV£- La liberté d'enseignement a !a Chambre fran^aise A la Chambre fran^aise Ouverture de la conférence Antianarchiste. Un discours de M. Beernaert JbIp ■ammshS^P^^ -)n s abonne rue au Be? re, 36, a Ypres, et a tous les bureaux de noste dt SO c. par an ponr tout Le JOURNAL DTPRES paraït Ie Mercredi et le Sameci). Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est da 5 IV. le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre Les articles et communications doivent ëtre adressés franc de port a 1'adresse ci-dessus. royauu e. Les annonces content 15 centimes la IC u Les réclames dans la jerps da journal coötent 30 centimes la ligne.Les insertions judiciaires, t franc taligae. Lesaumóros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pi nr les annonces de France et de Beigique (excepté 188 2 Fiandr,--,) .s'adrasser a VAgence Har as Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de Ia Bourse. N. Levraud depose one proposition visaut les einpiétemeiits du clergé. L'orateur vent interdireaux congre gations et au clergé régulier, ie droit d'enseigner. Violentes interruptions a droite). C'est une honte, dit M. Cassagnac. Et les francs-macons leur reconnai- trez-vous le droit d'enseigner, de- mande M. Habert. M. Levraud continue au milieu du vacarme a lire l'exposé des motifs. MM. Cassagnac, de Mun et d'autres demandent la parole, rnais on revienl a l'ordre du jour. Un projet de remboursement anti- cipé des dettes du Trésor est adopté. M. Levraud remonte a la tribune et renonce a l'urgence. MHabert reprend la demande d'urgence. M. de Cassagnac. La République fondée au iroru de la Liberté veut aujourd'hui lever le drapeau de Ja tyrannie. Les républicains trembleut Je demande la question préalable. Les républicains avouent qu'iis craignent la concurrence du clergé. La proposition ne doit pas être discu- tée. Ce serail une honie. M. Millerand. 11 est urgent de prendre des mesures contre un peril qn'011 ne peut pas nier. Le seul moyen est de revenirau programme primitif républicain, qui portait separation des deux pouvoirs. Ce qui est dangereux dans le péril clerical, c'esl le bien de main-morte, c'est l'accroissement de fortune. M. Lazies. Et les Juifs M. Millerand. Nous combattons la finance partout. M. Aynard. C'est i'bonueur de la république d'avoir proclamé la li berté. Le jour oti la république aban doning a la liberté, el le sera perdue. M. Dupuy combat la question préa lable. Nous ne croyons pas a i'eflSca- cité de la separation de l'Egiise et de l'Etat. 11 faut résoudre les difiicultés par une loi sur les associations. M. de Mun combat l'urgence. L'urgence est repoussée par 303 voix contre 1 49. Le résultat du scrutin est accueiili par les oris Vive la République M. Rabier dépose ensuite une pro position revendiquant le monopole de I'enseignement pour l'Etat. II deman de l'urgence, y renonce, puis y re- vient. L'urgence est repoussée. La séance est levée. L'urgence est, done repoussée et a une grande majorité. Est-ce un indice de la situation des esprits et l'espoir de voir écarter des projets de loi qui n'ont d'autre but que de vinculer, d'anéantir même, la liberté en France Espérons le. Autre proposition Paris, 24 Novembre. M. Coutant dépose une proposition tendant a pro- tégcr le travail national. II demande 1urgence. M. Dupuy dit qu'un examen sérieux est nécessaire, car la proposition sou- lève une question diplomatique. II de mande le renvoi a la commission du travail et repousse l'urgence qui est rejeiée. M. Paulin dépose une proposition tendant a réserver les emplois et fonc tions de diverses administrations de l'Eiat aux candidats pourvus de di plome de l'université. II est temps que la République ferme la porte de ses administrations a ses pires ennemis, les cléricaux. M. Dupuy demande le reuvoi a la commission de I'enseignement et com bat l'urgence qui est repoussée. M. Dumont dépose une proposition sur la liberté d'associatiou. C'est une preparation a la separation de l'Egiise et de i'Etat. II demande que sa propo sition soit renvoyéea une commission de 22 membres. M. Dupuy rappeile que le gouvernement prépare un pro- jet analogue, qui sera renvoyé a la même commission. M. Dejeante interpelle le gouverne ment sur l'attitude qu'il compte pren dre a la coaféreuce internationale contre-les anarchistes. 11 approuve le gouvernement de s etre rallié a la pro position de désarmement, mais it ne le félicite pas d'avoir adhéré a la confé rence anti anarchiste, qui vise aussi les socialistes. M. Dejeante dit: Je n'approuve pas plus les crimes des pelits contre les puissants cyie ceux des puissants con tre les petits. Je ne suis pas anarchiste, mais n'est-il pas monstrueux de voir des riches entretenir des animaux fé- roces dans leurs jardins et refuser de soulager des meurt de faim L'orateur reproche au gouverne ment d'avoir expulsé un sujet suisse chassé de sou pays. Le devoir du gou vernement est de prendre des garan ties pour que la liberie des cdnyens soit respectée. La conférence va-t-elle instituer contre les opprimés ie régime du bon plaisir ou de la loi? Queltes mesures compte prendre le gouvernement pour faire respecter la liberté d ecrire La république se déslionorerait en s'al- liant aux monarchies pour opprimer tes malheureux. M. Dupuy répond qu'il n'y a de confusion possible pour l'administra- tion et la police entre un anarchiste notoire el un citoyen professant telle on telle doctrine. II justitie 1'expuls.ion du sujet suisse dout il a parte. M. Dupuy ajonte: Notre pays ad- hère a la Conférence de Rome et il a raison, car il y a solidarité entre les nations, et si M. Brisson n'avait pas accepté d'y participer, j'eusse adhéré a la Conférence. Nous réservons nofre legislation in- térieure. Si lës lois d'extradition de- vaientêtre modiflées, ce n'est. pas aux iégislateurs que les modifications se- raient soumises. La conférence est une conversation,un échange de vues. 11 en sortira des échanges de vues philosophiques plutót que des lois de repression. Personne ne peut avoir un senti ment d'inquiétude ni d'apprehension. M. Vaillant critique le gouverne ment d'avoir adhéré a la conférence contre les anarchistes. Un ordre du jour d'Odilon Barrot, accepté par le gouvernement, est adopté au millieu dn vaCarme par 420 voix contre 107. Séance levée. Picquart Paris, 24 Novembre. C'est seule- ment ce matin que le général Zurlin- den, gouverneur militaire de Paris, a sigué l'ordonnance renvoyant ie lieu tenant-colonel Picquart devant le conseil de guerre pour faux et usage de faux. Cet après-midi, lespièces composaut l'ordonnance de mise en jugement et la convocation du conseil de guerre le 12 Décembre, seront transmises au lieutenant-colonel Foulon, commis- saire du gouvernement. En même temps, le ministre de la guerre sera avisé officiellernent de la decision du gouverneur de Paris. Le lieutenant-colonel Picquart a été mené a 8 1/2 heures au palais de ju stice. Le conseil de guerre qui jugera Picquart sera précidé par le général Dosse. La Conférence internationale antiaoarcliiste s'est ouverte j'eudi après-midi, h 2 n. 4/2, au palais Cortini, sous la présidence de l'amiral Canevaro. Etaient présents MM. le général Pelloux, Fuioechiaro, Aprile, Marcengo, Bastia, Bonardi, Malvaao Siuf qm iqu s déiégués non encore arrivés qui se .- -et x cusés, toutes les puissances européeqnes, qui toutes om. répondu ii l'inviiatton, étaient représentées. L'amiral Canevaro a salué les déiégués et les a remerciés au nom du Roi qui, a-t il dit, est beur ux de voir réunisMaris la capitate de sou royaume le,- ïeprésentadls de ious les Eu ts d'Euiope et souhaite la réussite de la Conférence. L'amiral Canevaro dit qu'il n'apparlient pas au gouvernement depiéjugerd'uue tagon quelconque les décisions de la conférence. Personne ne peul se dissimuler les multiples et grarides difficuliés de la tèciie qu'un péni ble deroir impose au gouvernement. Le doyen des ambassadeurs, baron Pasepi, ambassadeur d'Autriche, a remercié le tni- nistre des affaires étrangères de son accueil et a prié l'amiral Caoeva o de présenter au Souverain les hommages des déiégués Sa proposition de nommer l'amiial Canevaro président de la Contérence, est adoptée i'unauimité. L'amiral Canevaro a remercié; puls ii a proposé un règlement intérieur qui est adop té. Conformément k ce règlement, l'amiral Canevaro a nommé vice présidents le baron Paseiti et le ministre de Belgique, MM. Pu blier, Plombel el Boubon, conseillers d'am- bassade, sont nommés secrétaires du bureau. La procbaitie séance a lieu aujourd'tiui ven- dredi. La séance a éié levée k 4 heures 4/2. Au Bien-être socialLiége Voici, d'après le Patriots, une rela tion suffisamment déveióppée du dis cours qu a prononcé a Liège, Dunau- che dernier, M. le ministre d'Etat Beeruaert. Voire accueil, dit M. Beernaert, me charme et me trouble. M. Lemmens m'a demandé d'as- sister a votre assemblée générale et de vous dire quelques mots de notre grande cause anti- alcoolique, mais je ne croyais pas me trouver dans une assemblée aussi nombreuse et aussi brillanle. Je ne m'attendais surtout pas a y être fèté de la sorte. Au cours de ma longue carrière, il m'est arrivé déja d etre appiaudi et je sais ce que les applaudissements valent, mais les vótres me vont au coeur. Je remercie surtout les nombreux ouvriers que je vois dans la salie. (Mouvement.) Dieu m'est témoin que pendant les années longues quej'ai passées au pouvoir, ma plus grande piéoccupation a été d'ainéliorer le sort du plus grand iiombre, de ceux qui ont a iuller con tre le sort et le malheur. Le premier devoir de ceux qui sont au pouvoir est de chercher a supprimer, k adoucir ce qui reste encore d'in- justices dans nos vieilles sociétés. (Applaudis sements.) J'ai la conviction d'avoir fait mon devoir cependant souvent mes intentions ont été mé- connues, mes actes travestis; vous, au moins, vous me rendez justice. Merci a vous tous La croisade que vous avez enlreprise contre l'alcool, me semble en bonne voie. L'esprit public vient b nous et les plus mau- vais jours de l'épidémie aicoolique sont passes. On a tort souvent de juger le présent avec trop de pessimismecroyez-moi, il vaut uiieux que ie passé. Les conditions de la vie, le logement valaiens beaucoup moins jadis. Nous ne connaissont

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1898 | | pagina 1