Mercredi 17 Mai 5 899 10 centimes le N\ 34e Année. !V° 3443 Le Meeting de Dimanche soir A propos du meeting M. Daens a Wervicq Le projet de loi électorale devant la section centrale A Courtrai On s'abonne rue au Beurre, 36, Ypres, et tous les bureaux de poste du royaume. 50 c. par an pour tout Le JOURNAL D'YPRES parait le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnement, payable par anticipation est de 5 fr. le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Decembre. Les articles et communications doivent être adrossés franc de Dort a l'adresse ci-dessus. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le aorps da journal coütent 30 centimeg la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne. Les numéros suppló- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique (exceptó les 2 Flandres) s'adresser A l'Agence Ha.vas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 8, Place de la Bourse. Des affiches promenées dans nos rues, ou placardées sur les murs. avaient annoncé le grrrand... meeting qui devaient tuer dans l'ceuf le projet de loi électorale déposé par le gouvernement Le programme était assez alléchant pour les gens curieux de voir et d'entendre cer tains personnages politiques, plus ou moios célèbres, sinon par leur talent, du moins par le bruit qu'ils font dans le pays tel que MM. Daens, Paul Emile Janson fils. etc. Beaucoup de personnes done, bien loin pourtant de partager les vues des orateurs inscrits, étaient allées les entendre Dimanche soir la Salie des Anciens Pompiers. Une première décepiion les attendait M. I'abbé Daens, jugeant sans doute que notre bonne ville d'Ypres n'est, pas digne de son talent, brillait par son absence. G'est la seconde fois qu'il joue ce mauvais tour ses alliés Yprois. Son lieutenant, M. Hector Plancquaert le remplacait désavantageusement pour les amateurs du nouveau. Un tombeur de curés, qu'il soit socialiste radical ou même simple doctrinaire, en ha- bit ou frac noir, rien de particulier, on en voit tous les jours et partoutmais un prê- tre, portaot soutane, fraternisant, voyageant, et marehant bras dessus bras dessous avec les ennemis les plus plus acharnés et les plus irréconciliables de sa religion, voilé certes du nouveau Nous comprenons done la cu- riosité du public. On comprend aussi la mélancolique fapon d'ouvrir la séance de M. Pol Vermeulen, annonpant qu'il était déplorable que deux des orateurs annoncés ne fusent pas venus. Le meeting, dit l'orateur en bégayant plus fort encore que d'habitude, n'a pas de carac- tère politique. Tous les partis y sont con- viés. M. Hector Plancquaert, le démocrate chrétien remplace M. lecuré Daens. La question de la représentation propor- tionnelte compte des partisans dans tous les partis, dit M. Vermeulen, parmi les chefs da parti catholique aussi bien que dans les contrairesentr' autres MM. Beernaert, Nyssens. Les organisateurs du meeting avaient de- mandé une salie l'Administration Commu nale. Elle ne le leur a pas accordée c'est pour ce motif que le meeting a lieu dans la Salie des anciens Pompiers. (M. Vermeulen tape du pied, nous ne savons pourquoi). Outre les trois orateurs: MM.Plancquaert, démocrate chrétien, Janson fils, boucaert, typographe socialiste de Gand, et M. Pol Vermeulen qui présidait, avaient pris pbee sur l'estrade MM. Bossaert, Brunhut, Ver- schaeve, Ern. Nolf, 1. Onraet, Ch. Deweerdt et Maleveys. MM. Foucaert et Planquaert ont parlé en flamand; M. Janson en franpais. M. Fou- caert a fait entrer les temmes qui se trou- vaientéla porte et ainsi lasalle s'est rem- L lie. Mais quand M. Janson a commencé son discours, plusieurs ouvriers ont quitté la salie, disant qu'ils ne comprenaient pas le franpais. Le sujet des trois discours était sensible- ment le même: La question de la représen tation proportionnelle et celle du vote uni que. Eén man, ééne stem. Quelques variantes selon le caractère po litique des orateurs M. Plancquaert a prétendu qu'il était plus catholique que eertains représentants d'An- vers et de Bruxelles, qui ne connaissent l'Eglise qu'au point de vue monumental. Le socialiste gantois a dit que N. S. Jésus- Christ, fils d'un charpentier, étant ouvrier lui-méme, neut eu qu'une voix s'Il était sur terre puis que le projet de loi proposé par le gouvernement avait pour bul de maintenir l'oppression du capitalisme, qui met le pied sur ia poitrine de l'ouvrier. Après cela une violente sortie contre les maitres et les patrons, les riches et les capi- talistes qu'il traite de fainéants. MM. Bossaert, Verschaeve et consorts étaient visiblement vexés. M. Janson est entré dans une quantité de détails sur le systême de la représentation proportionnelle et la question de quorum. II repousse le système Struye, mais accepte- rait le système D'hon jt. Après les discours des trois orateurs M. Vermeulen demanda si personne ne voulait prendre la parole pour contredire les ora teurs. Personne ne répondant, il déclara le meeting clos et les 3 400 auditeurs, la plupart libéraux, quittèrent la salie. Nous venons de donner un eompte-rendu aussi exact que possible du meeting de Di manche. Le Progrès et La Lutte, qui avaient leurs reporters la séance, nous donneront sans doute de plus amples détails. Nous les alten dons avec impatience. L'absence de I'abbé Daens a été beaucoup eommentée. G'est la seconde fois qu'il s'an- nonce et qu'il ne vient pas, disait-on, Gette absence a été d'autant plus remar- quée que l'ex-abbé s'est fait entendre, le même jour, Wervicq, dans un cabaret oü une ceritaine de curieux sont allés l'écouter. Autre déception M. Grimard, le député socialiste millionnaire de Thutn, qui s'était fait inscrire, a brillé également par son absence. Pouiquoi M. Daens n'est-il pas venu D aucuns prétendent qu'il n'a pas voulu parlerdans le local de l'Association libérale. D'autres soutiennent que M. Brunfaut, enne- mi de toute soutane, n'a pas même voulu admettre celle de l'ex-abbé. Nous comprenons la dernière version. La première s'explique moins. Quel scrupule peut bien arrêter M. Daens, qui est allé pé- rorer et se faire applaudir la maison du peuple de Bruxelles Serait il par hasard moins partisan des li béraux que des socialistes? 11 s'était fait inscrire pourtant, s'tl faut croire Le Progrès et La LutteII est vrai qu'il croyait pouvoir pérorer k la Salie de spectacle qui a été refusée par l'administra- tion catholique. Aurait-il changé d'avis en apprenant qu'il devait parlor au local de l'Association libérale G'est un scrupule que nous ne comprenons pas chez M. Daens,qui va et qui est regu partout, sauf chez les con- servateurs et les vrais démocrates chrétiens. On nous dit que MM.Bossaert et Verschaeve qui se trouvaient, fort modestement d'ail- leurs, £t la tribune derrière les orateurs, étaient trés contrariés d'entendre le citoyen Foucaert développer des théories socialistes. Nous le croyons sans peinemais qu'avaient ils besoin d'aller se compromettre dans la société de gens dont ils ne partagent pas l'opinion II est vrai qu'ils sont membres de l'Asso- ciation libérale et que, comme tels, ils ont voté pour le principe du S. U. temporisé par la R. P. el l'instruction obligatoire. Mais cela n'explique pas pourquoi ils n'ont pas cru devoir élever au moins une protestation contre ies théories colleclivistes de leurs alliés. Si le citoyen Foucaert a pu se permettre une sortie violente contre les fainéants, les voleurs etc,, il fallait au moins que les hou.- mes d'ordre ne se fissent pas complices de ses paroles, par leur silence. II ne suffit pas de rougir, d'allonger le nez, de se laisser glisser de sa chaise, il fallait parler ou quit ter la salie, en signe de protestation ou de désapprobation. Ils n'ont pas applaudi nousdit-on, nous le croyons sans peine. II n'aurait vraiment mariqué que cela. Mais il est tout au moins humiliant d'étre désigné du doigt par un orateur socialiste et de se laisser faire, de se laisser traiter de tout d rien. Passe pour M. Vermeulen et consorts. Ils sont habitués it se laisser dire et faire, tout capitalistes qu'ils sont. Mais MM. Bossaert et Versebaeve, vraiment c'est épatant. Juste cbatiment d'une alliance entre l'eau et le feu M. Daens a parlé dans le cabaret tenu par le sieur Hubert Demyttenaere. Pas de monde et peu de succès. L'ex-Abbé a désavoué les Evêques et le cardinal Rampolla, dont il a dit pis que peti- dre. Lui seul est un digne et vrai disciple du Christ, un vrai prêtre. Après cela on peut tirer l'échelle. II n'y a en Belgique qu'un seul prêtre digne de ce nom et c'est I'abbé Daens La section centrale chargée d'examiner le projet de loi électorale, a tenu aujourd'hui une importante séance. Le socialiste Vandervelde, récemment devenu franc-mafon, y a combattu le projet au nom de l'intérêt du parti libéralil recori- nait que l'application des dispositions du projet serait loin d'être défavorable aux socialistes, mais elle enlèverait, dit il, aux libéraux, tout espoir de reveuir au pouvoir d'ici longteraps, et, en présence de la politique scolaire du gouvernement, il est hautement désirable que la direction des affaires soit reprise par le parti libéral. M. Lorand k aussi vivement attaqué le projet, et demandé son ajournement, ou son remplacement par un projet de la R. P. intégrale. M. Woeste, son tour, a coaseillé au gouvernement l'ajournement, et il a ainsi donné aux libéraux, radicaux et socialistes un appui dont ceux-ci ne manqueront pas de triompher. II a déclaré qu'en combattant le projet, il savait qu'il assumait la responsa- bilité d'en présenter un autre mais il croit, a-t-il dit, pouvoir réunir une majorité sur un projet de découpage. MM. Tack, Beernaert, de Trooz, Bilaut ont défendu le projet en faisant ressortir que c'était une transaction. M. Bilaut a insisté pour que le gouverne ment fasse des concessions aux proportion- nalistes en établissant le quorum matériel et en laissant aux associations ie soin de déter- miner, sur leurs listes, l'ordre des candidats. Une sérénade au general de Charette Dimanche, vers huit beures et demie du soir, la fanfare de Groeninghe est allé donner une sérénade au général de Charette qui était descendu rue St-Georges chez M. H. Steyt, ancien zouave. M. 1 aumönier du cercle des jeunes gens de Notre-Dame a dit en termes émus et cha- leureux la signification de leur démarche auprès du vaillant serviteur de l'église. M. le baron de Charette a répondu avec sa verve accoutumée et de concert avec tous les convives a applaudi l'exécution du vivat Pio nono. Le général a quitté Courtrai Lundi vers 9 btures. Plusieurs personnages éminents 1 accomagnaient parmi lesquels le marquis de Résimont et Mgr Bouriau, chapelain du Sacré-Coeur. A

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1899 | | pagina 1