Mercredi 31 Mai 1899 10 centimes ie N°. 34" Annêe. N° 3447 arth: dehajsr REVUE POLITIQUE L'affaire Dreyfus Autriche-Hongrie Angleterre Russie Saint-Siège .zs/êêêêêêbt^s On s'abonne rue au Beurre, 36, k Ypres, et Le JOURNAL D'YPRKS parait le Mercredi et le Samadi. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fln Décembre. Les articles et communications doivent ètre adrossós franc de port a 1'adressa ci-dessus. k tous les bureaux de poste du royaume. Les annonces coütent 15 centimes la ligne. Les réclames dans le corps da journal coütent 30 centime» la ligne. Les insertions judiciaires1 franc la ligne. Les numéros supplé- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique (excepté les 2 Flandres) s'adresser A 1 'Agence Havas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et A Paris, 8, Place da la Bourse. Paris, 30 Mai. Malgré les mesures sévères arrètées pour empécher l'affluenee du public, la salie de la Cour de cassation, dont les portes s'ouvrent, a 41 h. 30, est bientöt, envahie par une foule com pacte, Beaucoup d'officiers en bour geois dans le public, mais pas un uniforme, par ordre du ministère de la guerre. L'audience solennelle de la Cour toutes chambres réunies est ouverte a midi cinq minutes. M. Mazeau préside. M. le procureur général Manau occupe le siè^e du ministère public. Aussitót la Cour réunie, la parole est donnée aM. Ballot-Beaupré pour la lecture de son rapport sur l'enqué- te ordonnée il y a trois mois par la chambre criminelle de la Cour. M. Ballot Beaupré rappelle les pour- suites de 1894. 11 lit le bordereau et les notes élogieuses pour Dreyfus fournies pendant son passage a l'école de guerre et pendant son stage a rétat-major. 11 passé ensuite en revue les rap ports contradictoires des experts, a la suite desquels le général Mercier désigna le lieutenant colonnel du Paty de Clam pour insi-ruire l'affaire. Le rapport mentionneles protestations d'innocence de Dreyfus. Le rapporteur passé ensuite aux interrogatoires de Dreyfus par du Paty. D'après ces interrogatoires, Dreyfus a toujours présisté a nier. Le rapporteur expose ensuite la scène de la dictéc au ministère. II lit le rapport d'Ormescheville devant le conseil de guerre contre lequel Dreyfus a opposé des dénéga- tions absolues et a protesté de son innocence. Le rapport fait ressortir les pre miers soupQons sur Dreyfus qui éma- nèrent du colonel Fabier qui fut frap pé de la similitude du mot artille rie dans le bordereau avec un feuillet écrit par Dreyfus. Le rapport rend compte d'une conservation d'Henry avec Dreyfus pendant son transfert au Cherche-Midi, au sujet d'accusations terribles portées contre lui. II affirmaa Henry que s'il avait eu beaucoup de documents en main, il n'avait jamais rien livré a personne. Après la lecture du rapport d'Or mescheville, le rapporteur dit que la condamnation est irrévocable en principe, mais que le code ^instruc tion criminelle permet d'attaquer la chose jugée et de faire bénéficier le condamné de l'annulation ou de ia révision. L'annulatiop est possible quand l'arrètest rendu contrairement a la loi. La révision suppose une erreur judiciaire. II faut écarter l'an nulation paree que le garde des sceaux a seul qualité pour la réela- mer et paree que les chambres réu nies seraient incompétentes II s'agit uniquement de la révision. 11 cite de nombreux articles de la loi a l'appui de sa thèse. C'est a vous, toutes cham bres réunies, qu'il appartient de ré- soudre la question, restée entière, de savoir si la demande est recevable dans la forme et est également rece vable au fond.II examine longuement cette question au point de vue juri- dique. M. Ballot-Beaupré examine ensuite la question de droit, dans l'hypothèse oü la demande est déclarée receva ble en la forme et au fond. II cite la requête de Mrae Dreyfus et la lettre du mmistre de la justice saisissant la Cour de Cassation en alléguant des faits nouveaux. M. Ballot-Beaupré, après avoir lon guement examiné Ia question de la recevabilité au point de vue juri dique, parle de l'illégalité dont serait entachée la décision du conseil de guerre, par suite de la communica tion de pièces secrètes.non communi qués a la défense. II expose ensuite, en détail, le mé- moire de M. Mernard qui articule que la révision doit être accordée pour vice de témoignage d'Henry et de du Paty, quoique ces officiers n'aient pas été poursuivis pour faux témoignage. L'audience est levée a 6 h. sans incident. Un grand meeting catholique, qui s'est tenu au grand cMusikverein- saai» de Vienne,aadopté uneréso- lution dans laqueile les assistants protestent contre le jeu criminel auquel se livrent certains agitateurs avec les biens les plus précieux de l'humanité, sans égard pour les liens sacrés de la familie, de la foi et de la patrie; contre les injures diri- gées en Autriche et a l'étranger a l'adresse de l'Eglise catholique, de son chef et de ses institutions; contre les tentatives de gens sans patrie pour ébranler l'amour de la patrie de- mandent la révision des lois qui ont restreint les droits de la majorité ca tholique de l'Autriche en faveur des minorités; proclament leur attache- ment inébranlable au Pape, a l'épis- copatet au clergé, et jurent fldélité a l'Empereur, a la dynastie et a la patrie autrichienne. Agitation religieuse en Angleterre Londres, 29 Mai, Les ritualistes et les antiritualistes se sont battus a coups de pierre ei a coups decanne dans une rue de Bel fast. Un grand nombre de devantures de magasins ont été brisées A Peckhalm-Hall.dans un des quar ters de Londres, les protestants ont attaqué une procesion catholique. Des coups de poing et des coups de canne ont été échangés. Les catholiques se sont vigoureu- semsnt défendus. L'agitation révolutionuaire eu Rus sie ne s'apaise pasla police de St-Pé- tersbourg a arrêté dans plusieurs fabriques la distribution de manifes- tes révolutionnaires. Une grande fermentation règne parmi les ouvriers; le gouvernement est disposé a prendre des mesures énergiques pour éviter que des trou bles se produisent. L' Augsburger Postzeitung vient de publier un important article intitule l'Italie et le Saint-Siège dans le quel ce journal met en lumière, pour les contemporains et pour i'Histoire, les trois faits désormais incoutestables que voici 4° Le Saint-Siége n'a pas fait la moindre démarche pour être invité a la Conférence; il a toujours gardé le calme digne de celui qui a pleinement conscience de ses droits, de ses privi- lèges 2® Le gouvernement russe a mani festé a plusieurs reprises le désir de faire inviter le Pape. C'est un fait connu parfaitement dans les sphères étrangères au Vatican 3* Le soupQon relatif a un appui qui aurait été donné k I Itariie par la chancellerie impériale de Berlin en vue d'exclure le Pape de la Conféren ce, s'est dissipé, et le gouvernement italien reste seul responsable de ce qui s'est passé. Ce dernier point il est aisé de le comprendre intéressait tout parti- culièrement les catholiques ailemands. L Augsburger Postzeitung menlionne une note officieuse publiée sur ce su jet par VAlgemeine Zeitung de Munich, note qui avait tout spécialement pour objet de tranquilliser les catholiques bavarois. En ce qui regarde l'Autricbe-Hon- grie, on n'admet pas même le soup Qon le plus lointain que cette Puissan ce, par un excès de complaisanee sur la base de le Triple Alliance, ait favo- risé d'une manière quelconque la po litique antipapale du gouvernement italien. Les conventions de la Triple Alliance n'obligent certainement pas a se plier avec avec servilité aux ca prices de l'un des contractants, sur- tout dans des matières qui ne sont pas indifférentes pour les autres nations et pour la politique générale. Augsburger Postzeitung conclut ainsi son article Le Czar s'est senti offenséle gou vernement russe a ressenti une im pression pénible, et il est certes assez puissant pour infliger une lecon a qui lui a déplu. II le fera peut-être bien- tót en Chine sans compter que d'au- tres Etats ont vu de mauvais ceil Tex- clusion du Pape. Le succès de la Con férence pour la paix est déja problé- matique en lui-même, et l'Italie, par ses bizarres prétentions, l'a encore compromis, méritant ainsi le blême sévère de toutes les personnes intelli- géntes, de tous les gens de bien. Qu'y a-t-elle gagné C'est que le monde entier est amené, par Taction incohe rente et discourtoise de la Consulta, A

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1899 | | pagina 1