bP^ÓM Samedi 2 Septembre 1899 10 centimes Ie N°. N° 8473 Le Bien Public et la 11. P, La démocratie chrétienne a Ypres NNÉE. ^n^) l !ES2§ On s'abonne rue au Beurre, 30, k Ypres, et Lo JOURNAL D'YPRKS parait le Mercredi et le Samedi. I,a prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 (v. 50 c. par an pour tout !e pays; pour l'étranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent tin Décembre. Les articles et communications doivent ètre adressés franc de port k i'adresse ci-dessus. tous les bureaux de poste du royaurae. Les annonces coütent 15 centimes la ligno. Los reclames dans ia corps du journal content 30 centimes la ligno. Les insertions judiciaires, i franc laligna. Les nnméros supplé- mentaires coütent to francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excspté los 2 Ftaadras) s'adressor i 1 'Agence Eavas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et a Paris, 3, Piacle la Bourse. Nous recevons d un lecteur du Bien Public, grand partisan du Journal gantois, mais plus partisan encore de la vérité, un article concernant la question du jour, la R. P. Notre honorable correspondant, qui n'appartient pas a notre arrondisse ment, nous prie de vouloir insérer son article qu'il intitule Le bien Public et la R. P. Nous satisfaisons volontiers au désir qu'il exprime, d'autant plus que l'au- teur de Particle est un homme haut placé, un vieux lutteur, un ancien polérniste, un catholi ]ue sincère et convaincu. Nous n'en disons pas da- vantage pour ne pas trahir t'anonymat que notre honorable correspondant desire garder. Le Bien Public regrettera un jour amère- ment sa campagne acharnée en faveur de la R. P. Quand on verra le parti catholique dé- traqué, désorganisé, réduit néant, on jet - tera la pierre au Bien Public on l'accusera d'avoir égaré l'opinion publique par sa po- lémique irréfléchie et obstinée, d'avoir été l'une des causes principals des malheurs du pays et de la déroute de notre partion dira le Bien Public a déchainé contre ses frères flamands et catholiques la bêto du li béralisme arrière la Bien Public le Bien Public aux gémonies Telle est la fureur proportioanaliste du Bien Public que l'on rencontre dans ses articles des absences de mémoire, des réti- cences, de faux raisonnements absolument inexplicables. Ainsi, dans son numéro du 21 aoüt, il écrit Ou nous rendra cette justice que jamais le Bien Public n'a fait aux députés antiproportionnalistes l'injurede suspecter leur désintéressement. Nous nous inscrivons en faux contre cette vantardise. Dans sa première campagne en faveur de la proportionnelle, le Bien Public, comme le Patriote, n'a pas mtoqué d'impu- teraux députés antiproportionnalistes des motifs d'intérêt personnel il les accusait ouvertemerit de tenir plus k leur siège qu'k leur conscience nous avons sous les yeux des articles d'un journal de province oil se trouvent, dos protestations indignées contre les soupcnns injurieux du Bien Public. Ainsi encore dans son uuméro du 19 Aoüt, le Bien Public consacre un article aux «Ion- gues sessions». II déplore les débats inter - minables et la perte de temps qui en résulte. II en fait grief au systeme majoritaire et conclut que le pays a intérêt, au point de vue de son prestige comaie au point de vue de la bonne expédition des affaires, qu'une réforme intervienne Peut-on se moquer plus ouvertement du bon sens de s?s lecteurs Nest il pas évi dent que si les sessions aetuelles sont trop iongues, ellfs le seront dix fois plus encore sous le régime proportionnel II suffit d'y réfléchir un instant. Mettez dans chacun des arrondissements des représentants de deux, trois, quatre partis différents et opposés N'est-il pas ciair, indiscutable, que les mo tions, les interpellations, les potins et les bavardages se multiplieront k l'infini et feront durer las sessions au-dela de toute mesure? Qui oserait le nier? M. le comte de Kerck- bove de Denterghem a caractérisé un jour spirituellement cette situation pour l'arron- dissement de Verviers, en disaut Quand Loslever éternue, d'Andrimont se mouche Qu'en sera t-il quand il y aura k la Gbambre cioquante d'Andrimont et einquante Loslever, sans compter les Demblon, les Smeets, les Daens etc? Et puis que do conflits au sein des partis désagrégés les gauches se cba- mailleront, les droites se chamailleront ca sera un chamaillis général Aussi est ce lk un de nos griefs contre la proportionnelle: la déohéinee irrémédiable du régime parlementaire. Voilk comment raisonne le Bien Public. Voyons mairitensnt, comment il sait se taire quand il s'agit de dissimuler la réalité des cboses. Dans son numéro du 17 Aoüt, se félicitant du bon aceueil que le projet de loi re<? >it dans la presse libérale, et enregistrant avec une joie niaise les certificats de loyauté dé- cernés par cette même presse, il analyse les raisons de satisfaction qu'ont les libéraux En eftet, dit il, iaR. P. est favorable aux libéraux et ce pour deux motifs 1° Eile leur donne un nombre desièges proportionné k leur force éleetorale, comme k tous les partis 2' elle les affranchit de l'alliance et de la tutelle socialistes Or, ici, le Bien Public ne dit que la moitié de la vérité il cache le motif principal et essentiel de la sympathie des libéraux pour la R. P. Celle ci, dit il, leur donne un nombre de sièges proportionné k leur force élec'orale. Ge qu'il omet de dire, e'est que cette force éleetorale sera immédiatement décuplée. Actuellement, dans la plupart des arrondissements catholiques et flamands les libéraux sont morts, condaranés k une irré- ductible impuissauce. Le projet de loi les fait revivre. lis se recoi stitueront incontinent dans les villes, dans les communes rurales, dans les bourgs, dans les hameaux, partout en un mot. L*s anciens sectaires du libéra lisme, les mécontents, les ambitieux, les fonctionnaires formeront les premiers noyaux. L'osganisme secomplètera rapide- ment, grkce aux prochaines élections. On montrera le soleil levant. On dira Au mois de Mai prochain, les libéraux seront au pouvoir ils détiendront les portefeuilles; ils gouverneront le pays comme ils adminislrent en ce moment les grandes villes k nous les fooctions de bourgmestre, k nous les places dans le notariat, dans la magistrature, dans l'administration des finances et des chemins de fer, k nous les décorations etc. etc Et, sous le charme de ces cris de vietoire et de ces promesses intéressées,on verra sortir de terre les libéraux par légions.prêts k recom mence!' la vieille lutte cléricale, prêts k es- pionner le chargé, les communautés religieu- ses, les écob s catholiques Voiia le motif réel de la joie des libéraux. Pourquoi le Bien Public garde-t-tl le silence sur ces lamatables conséquences de la R. P.? N'est ce pas paree qu'il hut endormir dans une fausse séeurité les catholiques et spécia- lement les prêtres dont le Bien Public a été jusqu'ici le principal oracle? Si le Bien Public n'a pas tout révéié, il a cependant fait pressemir une partij de la vérité. 11 met dans la bouehe de ses lecteurs cette troublante question Eles vous surs que le nouveau régime donnera aux catholi ques la majoriléEcoutez sa réponse Non, vous n'en sommes pas surs!... Et puis M. de la Palisse continue: Gela dépendra du corps electoral Et puis encore M. de la Palisse se console de 1'insécurité du scrutin en ajoutant dont le nouveau tnécanisme perrnettra d'enregistrer avec précision les sentiments. Admirez done les avantages du nouveau svstème il perrnettra aux catholiques de mourir proprement, suivant toutesles régies de la loyauté, loyauté reconnue par les libéraux eux roêmes. Le Bien Public trouve cette idéé tellement consolante qu'il y insiste Ce dont nous sommes trés sürs, éerit-il, e'est que le parti catholique, sous le régime de la R. P. intégrale, recueillera la majorité des sièges s'il a la majorilé du corps électoral avec lui. II est vrai que devant les piobabii'tés, pour ne pas dire les certitudes désastreuses du prochain scrutin, le Bien Public se réseve encore une autre consolation ISous resterons, malgré la défaite,les arbilres dn la situation politique et on nepourrn rien contre nous, de même qu'on ne peul plus rien, en Allemagne, contre le Centre catholique. Et ainsi, d'un trait de plume, il efface le Rulturkampf et les persé- cutions bismarekiennes, qui malgré les glorieuses resistances du Centre Allemand, ont sévi pendant des années contre l'Eglise catholique et contre ses institutions. Comme ce langage contrasle péniblement avec celui que tenaient jadis le Bien Public et le Patriote Que disaient-ils alors, que repétaient-ils sur tous les tons La majorité catholique est un colosse aux pieds d'argile qu'un vent orageux peul un jour renverser. Inaugurons la R P., nous n'aurons plus cette grande majorité, mais nous en aurons uue qui sera établie.süi e, k l'abri des contingences électo- rales. Et voilk évanouies toutes ces pro- messes, voilk reniés les chiffressur lesquels ils lesetayaienl et ces chiffres rempiacés par les chiffres du dés< spoirQu'out done fait le Bien Public et In Patriote'! il n'est pas de mots assez forts pour déplorer et flétrir leur eoupable légèreté. D'autres ont dans l'énorme respons ibilité qu'ils ont assumée l'excuse de la peur. Tels M. Delandsbeere etceuxqu'il aentraioés dans sa volte-face. Leur raisonnement est le suivantLe statu quo est plein d'incertitude et de périls il nous conduit au désastre. Et pour échapper k ces dangers, qu'ils dépeignent erronnément avec les coaleurs les plus s umbras, ils ne voient d'autre remè le que le suicide. Eh bien, non! mille fois nou! nous aulres catholiques, qui avons lulté pendant cin- quar le qqs pour la défonse 1: n )S o:;.< et pour li suprénaatie de notre para, nous ne vout <08 pis du suicide, nous le repiussons avec toute 'énergie de notre coeur et de notre volonté. GVst un acte de lacheté C'esi un erim et une folio Le Progrès publie un article fla- mand extrait du Recht, 1'organe de la démocratie daensiste, p mr prouver que quand nous disions récetnment qu'il n'y avait pas a Ypres des démo- crates Chretiens (genre Daens), nous avions rnenti. Dans l'article du «Het Recht», MM Surmont deVo'sbergheet Colaert sont pris violemment a partie, le pre mier parcequ'il aurait prétendu au Volkshuis qu'un ouvrier gagnant deux francs par jour est dans t'aisance et peut entretenir convenablement (tref felijk) sa femme et ses six enfantsle V

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1899 | | pagina 1