af.ga Mercredi 22 Novembre 1899 10 centimes le N° 349 Année. N°. 3498. Transvaal Désordres et inaction Au Volkshuis XRTH. DA'mote mS nR;!AeS.,K 21 VFRfis On s'abonne rue au Piurre, 36, Ypres, et A tous ies bureaux tie poste du rovaume. Le JOURNAL D TPRBS parait le Mercredi et le Samedi. Le prii de l'abonnementpayable par anticipation eat de 5 fr. 60 c. par an pour ton* le pays; pour l'étranger, le port en sns. Les abonnements- sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adrossés franc de port k 1'adressa ci-dessus. J Les annonces coütent 15 centimesla ligne. Les réclames dans ia corps du journal coütent 30 centimes la ligne. Les insertions judieiairesf franc !a ligne. Les numéros suppló- mentaires coütent 10 francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique excepté les 2 Flandrcs) s'adrasser k l'Agence iSavas BruxellaS/ rue de.la Madeleine n0 32 ,et k Paris, 3, Place da ia Bourse. Le courrier du sud de l'Afrique est arrivé samedi k Londres. Desvérités que la censure avail voilées, des détails ignorés, des révé- lations inattendues ont ainsi brusquement vu le jour. Le public a été péniblement im pressionné de ce qu'on lui a appiis. Les comptes rendues de la balaille d'E- landslaagteune victoire anglaise ont sonné aux oreilles de quelques-uns comme un glas de défaite. Le soir, lorsque le feu avait cessé, la cohue et le désordre régnait dans le camp vainqueur, comme s'il eüt élé en déroule. Les trains qui avaient amené les troupes sur le lieu du combat avaient subi- tement disparu. Les troupes anglaises ont dü camper en plein air sans lentes et savs abris. Les mourants n'ont pu être relevés paree que pas un seul brancard n'avait été apporté. Les blessés n'ont pu être soignés paree que le service d'infirmerie était restó en arrière. Les valides n'ont pu manger paree que le service d'intendance avait été oublié. Quatre bataillons britanniques et deux esca- drons avaient pris part k la lutte. Sait-on combien ils avaient avec eux de médecins Un eeulEt après une demi-heure de com bat il y avait deux cent cinquante blessés. Sans les médecins boers, on ignore combien il y aurait eu de morts Les journaux ont publié ces détails et d'autres encore sans commentaires et le public les a lus sans manifester son senti ment mais dès aujourd bui on peut prevoir que la guerre terminée, des comptes terri- bles seront demaodés k quelques uns le War-Office sera de ceux-lk. Lettre d'un Boer On croit, en Europe, et d'une fapon assez générale, que les Boers, momentanément vainqueurs, seront bien vite réduitsk l'im- puissance par les Anglais, dès que ceux ci auront débarqué au Gap, k Durban, et peut- ètre k Laurenzo Marquez, les 75 mille hom mes actuellement en route pour letbéktre de la guerre. Or, tel n'est pas l'avis des Boers eux mêmes. Ils espèrent bien, au contraire, vain- cre les soldats de la Reine A preuvela lettre qu'on va lire, écrite pour un Boer k un de ses amis en Hollande Pretoria, 10 octobre. Mon cber ami, J'ai vu, par les journaux que vous m'avez envoyés, que nos amis de Hollande semblent redouter pour nous une issue beaucoup plus fatale de la guerre que nous-mêmes. L'opinion prédominante en Europe est, k ce que je voisy que les Boer» ne pourront pas tenir tête k la puissante Angleterre et qu'ils seront rapidement vaincus. Et cela arriverait, en effet, si les républiques boers étaient situées en Europe. Mais notre pays se trouve au beau milieu de l'Afrique méri dionale, nos froutières sont distantes de quelques centaines d'heures de la base d'opé rations des Anglais, et, de nos frontières mêmes, la distance k Pretoria est d'au moins soixante heures de marche. Or, Pretoria est aujourd'hui une forteresse qui, même en Europe cammanderait le respect. Jusqu'knos, frontières, l'ennemi pourra peut être utiliser les chemins de fer, mais au-delk, les lignes ferrées sont natu- rellement entre les mains des nótres qui, en outre, en ont fortiflé d'une fa<;on redoutable les points principaux. Obligés, conséquem- ment, k faire transporter leur train par des bceufs et des muiets, les Anglais ne verront pas de si tót la fin de la campagne. II faut avoir vu ces genres de transports pour s'eniormer une idée. Ge qu'il ne faut pas non plus perdre de vue, c'est qu'une armée envahissante ne trouvera ici ni vivres ni fourrages d'aucune espèce. Ella devra trainer tout cela derrière elle. Et pour pro- téger efficacement ces convois, il faudra déjk que l'ennemie dispose de forces considé- rables. Quant k l'armée combattante proprement dite, elle devra se composer en grande partie de cavaliers qui, d'ailleurs, auront fort k faire pour protéger l'infanteriecontre les guerillas boers. En outre, les Anglais auront k lutter cornre les nombreuses difficultés du terrain. Ils devront traverser d'élroits cols daus les montagnes et nombre de petites rivières trés profondes. Afin de ne pas trop s'exposer aux fusillades des Boers,l'ennemi sera obligé, tout le long de sa route bérissóe d'obstacles, d'installer son artillerie de fapons k dominer toutes les kopjes et kransjes (peiits coteaux) dont le terrain est ici couvert. Besogne pénible et demandant énormément de temps. Avant d'étre a Pretoria Les Anglais semblent s'imaginer que l'été qui dure ici d'Ociobre k Avril est l'époque ia plus propice k leuc entrée en campagne. C'est que, k leur avis, l'été étant ici la saison des pluies, ils trouveront de l'eau en abondance, tandis que notre hiver est réputé être la saison de ia sécheresse. Ici encore leurs calculssont faux et ils s'en aper- cevront bientöt. Nourries par des sources, nos rivières contiennent de l'eau en biver aussi bien qu'en été. Mais pendant la saison des pluies, nos rivières et nos ruisseaux se transformed souvent, en quelques heures, en de vérita- bles torrents, entrainantet brisant tout dans leur course. Les pontonniers enuemis auront beau faire, ils ne réussiront pas k installer leurs ponts. L^s malheureux soldats anglais, traversant un tel pays dans de telles condi tions, en verront de dures. Déjk, pendant la guerre de 1880-81ils étaient trés démorali- sés. Et pour cause. Pour arriver jusqu'k Pretoria, il faudra aux Anglais, méme dans les conditions les plus favorables, un mots au moins. lis seront obligés de franchir cette distance d pied, avec une température de 130 k 140 degrés Fahrenheit, suivis par un immense train de bagages et harcelés sans cesse par la cavale rie Boer. Imaginons nous maintenant les Anglais arrivés devant Pretoria. La place, qui est littéralement beurrie de vivrestt de munitions, pourra êire défendue par un nombre trés petit de combattants, tandis que le gros de l'armée boer tiendra la campagne en dehors des lignes d'invertissement anglaises. Voilk done les Anglais devant Pretoria, ville admirablement située pour soutenir un siège et, en outre, couverte par quatre forts de> la plus moderne construction, munis d'excellents canons du Creusot, du calibre de 25 et de 28 centimètres et ayant une portée de 11 1/2 milles anglais. Quelle artillerie de campagne les Anglais pourraient-ils op- 1 poser k ces pièces? L'ennemi ainsi immobilisé devant Pretoria I el pour combien de<temps? la tactique des Boers est tout indiquée. Ils harcèlerpnt sans trève l'armée assiégeante et ils feront l'impossible pour rendre illusoire loute ten tative d'approvisionnement. j Et s'ils réussissent k rendre impossible le ravitaillement, l'armée anglaise est perdue. Le souper annuel, offert aux membres de la Garde Catholique, k l'occasion de la fête de St Maurice, a eu lieu Dimanche soir. L'immense salie piésentait, comme tous les ans, et plus encore cette année que pré- cédemment, un coup d'oeil aussi beau que rr.ajestueux. Sur J'estrade avaient pris place une. cen- taine de membres protecteurs, outre la table d'honneur, présidée par M. Ern. Seys, ayant k ses cótés comme autorités religieusesMM. les chanoines Debrouwer et Duclos, Bus- schaert et Ryckeboer, cuiés de St Pierre et de St Nicolas etc.; comme autorités civiles MM. le B" Suimontde Volsberghe, Sénaleur et Bourgmestre, Struye, Sénateur, lweins d'Eeckboutte, Représentant, Fraeijs, Con seiller provincial, Berghman, Ecbevin, la plupart des Conseillers communaux etc. etc. Dans la salie aux longues rangées de ta bles étaient assis plus de mille convives. C'est assez vous dire quelle animation, d'excellent aloi d'ailleurs, a règné au «Volks huis» pendant toute la duréede la fête. A l'beure des toasts. M. le D >y< se leva et proposa de boire a la santé de Lé XIII. le grand pkpe, actueüemeot a.é a- 90 nis et dont la verte vieillesse permet d'espérer, que Dieu le conservera encore assez long temps, pour qu'on ait dans dix ans le spec tacle sans précédent, d'un pkpe centenaire. L'assistance souligna les belles paroles de M. le Doyen par le cri trois fois.répété de Vive Léon XIII Puts M. lweins d'Eeckhoutte but k Léo- pold 11, roi des Beiges et du prince Albert. A sa demande M. i'avocat Sobry lut en fh- matid une pièce de, vers qu'il a faiie en t'hon- neur du Roi. M. lweins raconta qu'envoyée au palais par son auteur, cette poésie lui avait valu de recevoir une réponse. des plus flatteuses. Ges vers, mkles et énergiques, mo«trei&touUe bien qua Sa Majasté, dont le róle dans le pays n'y est certainement pas réduit, a fait k la Belgique. M. Sobry y ex- prime aussi l'espoir que le Roi fera achever une foulede travaux d'utilité publique, comme ceux des canaux de ia Ly3 k l'Yperlée et d'Ypres k Furnes. Dans lout cela nos membres de la législa- ture, Sénateurs et Représentants, et méme noire Administration Communale auront éga- lement leur bonne part. Aussi est-ce justice que M Seys se léve pour boire k MM. les Bourgmestre, Echevéns et Conseillers Com munaux d'Ypres. Depuis plusieurs années, dit l'orateur, pa red honneur m'est dévolu pourtant nulle année c»tte mission ne m'a été aussi agréable que cette fois. La. majorité catholique a considérablement monlé, au dclk des prévisions même, ce qui prouve que le peuple yprois approuve la ma- nière d'administrer du Bourgmestre et de ses 14 amis. Cette belle majorité provienl en grande partie des membres du Volkshuis. Dans la ville la bourgeoisie donne k peu prés par mviiiés égales.ses voix aux deux partis C'est le peuple du Volkshuis» qui donne le coup. La force est done au «Volkshuis et soa président remercieses membres poor la part qu'ils ont, prise k l'élection du 15 Octobre. M. le Bourgmestre se léve au milieu des acclamations de l'assemblée.. M. Seys, dit M. le B" Sur mont, a dit ce que je croyais dire. Oui la force est au u Volksbuis »,et la majorité que ses membres nous ont detuée a dépassé notre atteute. Ci tte majorité moyenne de 625 voix a une grande signification. Elle approuve notre administration. Nous vous en remercions de tout coeur. Nous nous appliquerons par noire, recon naissance, k méritor de plus en plus voue. approbation de notre politique. A l'avetur vous pourrez diie encore Vous avez bieii travaillé, conttnuez ft

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1899 | | pagina 1