Samedi 2 Décembre 1899 10 centimes Ie EV° 34e Année. N°. 3501. Au Volkshuis La Lutte-Dc Strijd disparait La guerre Anglo-Boer GUIDO GEZf: LLE On s'abonne rue au Beurre, 38, a Ypres, et Le JOURNAL DYPRES paraït le Mercredi et le Samedi. Le prix de l'abonnementpayable par anticipation est de 5 fr. 50 c. par an pour tout le pays; pour l'ótranger, le port en sus. Les abonnements sont d'un an et se régularisent fin Décembre. Les articles et communications doivent être adressés franc de port k l'adresse ci-dessus. tous (es bureaux de poste du royaume. Les annonces coütent 15 centimesla ligne. Les réclames dam le corps du journal coütent 30 centimes la ligne. Lea insertions judioiairesi franc ia ügna. La» numéros supplé- mentaires coütent to francs les cent exemplaires. Pour les annonces de France et de Belgique exceptó les 2 FUndros) s'adresser k A'Apence Eavas Bruxelles, rue de la Madeleine n° 32 et 4 Paris, s, Place de la Bourse. La sectioii drnmatique do la Garde. Catho lique jouera les 10 et II Décembre I.odewijlt of de gevolgen van tiet spel drame et De na gelvan Sint «lansberg comédie. Les membres honoraire» qui désirentdes places réservées peuvent s'adresser chez M. Gallewaert-De Meulenaere,rue au Beurre,36. ti partir du Jeudi 7. Le plan de la Salle y est déposé. Prix des places 2»0 centimes. Sous prétexte de réorganisilion de la presseLa Lutle De Strijd disparait, après cinq années d'existence. Après avoir fait un appel aux libéraux en faveur de la propagande libérale, la cousoeur radicale éctit Reorganisation Une première mesure k prendre sera de réor- ganiser notre presse. Des pourparlers sontentamés et se poursui- vent. Dès a présent il semble décidé qu'a partir du mois de Janvier prochain nous n'aurons plus qu'un seul organe libéral francais, le Progrês, un seul organe libéral flamand, Eet Weekblad. La Lutte De Strijd disparaitrait pardéférence pour le Progrès et le Weekbladplus anciens, qui du reste s'eDgageraieot a défendrea l'avenir notre programme libéral démocratique, qui est aujourd'bui celui de notre Association libérale et celui de l'Alliance libérale. Nous avions cru et annoncé que c'élait Le Progrès qui disparaitrait C'élait done une erreur, nous ie reconnaissons, rnais c'était logique, La Lutte étant l'organe du radica lisme yprois et Le Progrès celui du libéra lisme doctrinaire.Gcmme l'anrionce La Lutte expiranie, 1 'association libérale et I'alliance libérale ont adopié le programme libéral démocratique. L'un ou l'autre peul done disparaiui; indiffén mrnent. La Lutte De Strijd disparait, par déférence pour Le Progrès ei le Weekblad plus ancien. OL! l'Age! C'est préeisément ee que La Lutte combafait le plus chez le Vieux Progrès. Msis enfin, Le Progrès sera ce qu'était La Lutte. Pouiquoi dès iois deux orgsrses? C'est assez vi-ai. Le Progrès lui même annonce qu't'f com- battra la violence et l'esciavage sous les quels lepeuple gémit depuis de longue» années. Pauvie Ptogrèsl pauvre parti iibéral d'an- tanComme vous ètes traités par le nouveau Progrès! Mats passons Voilk done comment ei pouiquoi la presse libérale d'Ypres sera réorganisée. Au fond, ce n'est pas cela. La raison de la disparition de La Lutle De Strijd doit être cbeichée ailleurs, et elie se Irouve clairement indiquée dans 1 'appel aux libéraux que fait La Lutte sur son lit de mort La Lutte a l'espoir, gréce k la R. P., d'obienir un siège pour le parii libéral, et même de voir aiuibutr uri second siège k un autre candidal de ['opposition Pour arriver li son siège, e 1 le a besoin du concours des libéi aux doctrinaires, tl el Je r spèi e bieri que giace k une carididalme dissidente clans le parti catbolique, elle arnvtra k ses fins. Voilk la vrai raison de la dispaiition de La Lutte. Illusion de mourante! La Lutte compte saus les sociaiisles qui lutieront k Ypres comme ailleursElle compte sans le parti catbolique qui luitera vaillamment pourmain- tenir les Irois siè^es et qui, devant le péril socialists, sera plus uni que jamais. Dans son appel aux libéraux que nous copions plus loin. La Lutle so forge une féliciié qui fa fait pleurer de tandresse: Elle croit que les 9.000 voix que M.M. Brunfaut et consorts ont obienues en 1894 et qui don- neraient au parti libéral un siège, seront maiiiterrues. Nous le répétons, elle compte sans les socialises qui lui enlèveront la moilié de ces voix Autre illusionCroi t el le par hasard que les 14,000 voix obienues par M Lefèvre, candidat agricols, et les 4.100 voix socia lisms ii ont k ses candidats Oü espère t elle peut-être faire un cartel avec les socialistes et les dissidents? Si les libéraux, les socialistes et les dissi dents lutient avec des listes séparées, neus leur prédisons qu'ils ri'obtiendront aucun sièjj.e, Coalisés, ils pourraient en obtenir un seul Mais quel est le dissident catholique qui ira se liguer avfc les radicaux et les socia listes? La jeune Lutte, même mourante, se fait done encore de singulières illusions Elle croit qu'k l'avenir le pani liiéral aura plus de succès que dans le passé.C'est une erreur manifesté. C'est un espoir qua La Lutle ne peut avoir sérieusement. Eu mournnt, La Lutte reconnait que la lutte a toujours été entreprise sans espoir de réussi'e. Quorid rous le lui disions, elle se fAchait, de même que le Progrès. Nous lui prédisons encore qu'k rnoins d'une alliance radicale socialiste avec des dissidentscatho liques, La Lulle constatera, dans sa tombe, que le parti libéral radical n'emportera aucun siège. Voici l'appel in extremis de La Lutte. Appel aux libéraux. La Représentation proportioDnelle vient d'etre voióe par la Chambre des Représentants. Son vote par loSénat n'est pas douteux elle y re- cueillera une majoritó écrasante. Dès a présent nous pouvons done nous atten- dre a avoir des élections et pour la Chambre et pour le Sénat au mois de Mai prochain, le vote de la nouvelle loi devant néeessairement en- trainer une dissolution. Pour les élections pour la Chambre, l'arron- dissement d'Ypres k lui seul forme une circon- scription pour les élections au Sénat, notre arrondissement est joint 4 oelui de Courtrai. En prenant les chiffres de nos dernières élec tions législatives de 1894, quand MM. Brunfaut, Leleup et Vermeulen se sont portés candidats a la Chambre, la liste libérale obtint de 9,000 a 10.000 suffrages. Ce chiffre nous assure sous la loi actuelle l'élec- tion d'un député libéral. Bien plus, en 1896, M. Lefevre, candidat agri. cole, obtint 14,000 suffragesles socialistes 4,100 soit au total 18,103 voix d'opposition. Avec un peu de propagande done il ne nous sera pas difficile de faire élire deux députés d'opposition au mois de Mai prochain C'est a cette propagande que nous convions tous nos amis. Notre devoir est d'organiser nos forces sans retard. Jusqu'ici ce travail a été négligé, la lutte ayant toujours été entreprise sans espoir de réussite. Aujourd'bui la situation est changée, A l'oeuvre done sans retardque chacuii sache faire son devoir. La Lutte-De Strijd. Les pertes Boors k Enslin Loiïdres, 30 Novembre. D'apiès le cor- respoiidanl du Times, qui suil la colonne Methuen, les pertes des Boers dans le com batd'Enslin sontestiméeS k 50 tués et k 60 blessés grièvement. Les autres blessés on été emportés. La bataille de Modder-River. Les commentaires La dépêche par laquelle lord Methuen an nonce la bataille de Modder River est longue- ment commentée par voute la presse. Tandis que les journaux jingoïstes la présenten ainsi que decoutume. comme une grande vietoire, les journaux modérés font d-s ré serves et attendent de plus amples informa tions, mais aucun ne dissimule son inquié tude quant au chiffre des pertes que fait pré sager la phrase disant que le combat a le plus terrible et le plus acharné des unnab s de l'armée anglaise. Le Times dit C'est du nombre que les Anglais ont le plus besoin. La décision rela tive k l'envoi d'une sixième division n'a pas été prise trop tót L'arrivée de<cette division portera i'effectif des troupes anglaises k 82,000 hommes. Mais maintenant que les défections se multiplieni dans le nord de L eolonie du Cap, il faudra faire de plus grands efforts encore. Nouveau bombardement de Ladysmitb Londres, 30 Novembro Le corres pondant du Standard k Ladysmith télégra phie, on date du 21, que les Boers ont re commence le bombardement Samedi passé, k minuit, sans causer de grands dommages. Toutefois, une personne a tuée. Le Lund'i nprès-midi, le feu des Boers a été assez vit L'église anglaise a éfé att; i'nte. Le bombar- dement a repris le lendemain. La perspec live de l'arrivée de renfans anglais, ajou'.e 1 - corrt spondant, poussa ie» Boers it '.redou bier leurs efforts ils met tent. de-'nouveaux canons en batter ie plus preches des lig nes o'i :vestiss'e.inent. Le Bien t ublic consacre Tarticle suiv; trt k la méraoire de l'iilustre P< ète flamand. La presse et les associations litléraires fla- mandes ont rendu un unanime et éloquent hommage au poëte, a l'écrivain hors ligne que fut l'abbé Guido Gezelle. On a rappelé et célébré, a bon droit, les créa- tions suaves et souverainement belles de son génie poétique. Nul n'a mieux décrit que lui, ni en de plus be-aux vers, la majeslueuso sérénilé de nos campagnes tlamandes, le charme pénétrant de la vie rurale, nos vieilles moeurs (out impré- gnées dc rïotre vieille l'oi. On a aussi vanté, a juste tilre, sa profonde reten ce de philologue, sa connaissance appro- ('andie de tonics les liltératuresélrangères, son esprit d'observation, si original ct si étèudu. Geux qui l'ont connu de prés ratifierout, sans doute, tous ces éloges et même ils y ajou- teront d-s faits, des particularités, des souvenirs de nature a compléter ce panégyrique et de nature aussi k graver plus profondément dans le souvenir et dans la gratitude du peuplc fla mand l'attrayante physionomie de eet homme d'élitequi, en dépit du soin rju'il prenait lui- même k se cacher, a fail tant d'honneur k notre race. Mais, dans ce concert d'éloges si bien méri tés, il y a une lacune, a notre avis regrettable, et que nousavonsk coeur de réparer. En louanl, comme il le méritait, le barde flamand, l'écrivain, le savant, on a peut-être négligé de faire a IVxcellent prêtre qu'était M. l'abbé Guido Gezelle, ia part qui lui est due. C'était, sans contredil, dans l'acception la plusélevéedu mot, une kme d'artiste mais c'était aussi et avant tout ce qui doit le grandir dans le souvenir de ses meilleurs amis une kme véritablement sacerdotale. Tous ceux qui ont vécu dans l'intimitéde Guido Gezelle, tousceuxqui l'ont vu k l'oeuvre, lui rendront volontiers ce témoignage. Si grand que fut l'amour qu'ii avait voué aux lettres, il avait une passion plus profonde et plus noble encore, la sainle ambition de con- quérir des Ames k N. S. Jé^us Christ. Aux plus humbles degrés de la hiërarchie ecclésiaslique, il a trouvé moyen de déployer son zèle apostolique dans les conditions les plus efficaces. La connaissance approfondie qu'il avait des langues étrangères lui facilitait des relations avec les protestants anglais ou allemands, établis dans notre pays. A Bruges et k Courtrai, il a maintes fois exercé avec succès un intelligent apostolat. De nombreuses con versions ont été dues k son ministère. II possédait, en outre, k un suprème degré, l'art difficile et délicat de diriger, de consoler, de relever les coeurs égaré- ou abattus. Que de douloureuses confidences il a rrrjues au cours de sa carrièreQue de blessures morales il a pansées Que de bons conseils il a répandus Que de services il a rendus k des families plongéesdans le chagrin ou désemparées dans quelque soudaine épreuve La culture de son esprit la délicatesse de son coeur, la naturelle attraction d'un earactère essentiellement bon, lui avaient créédans tous tes rangs de la société les relationsdes-plus in- times et les plus nombreuses. Mais, il fa ut bien le dire, né dans le peuple el ayant, durant sa vieentière, vécu en pauvre, qui ont toujours été ses amis de prédilection.' Ah quel biographe diralès louchantssecrets du dénuement volontaire auquel il s'était réduit pour mieux soulager les membres souflfrunts de Jésus-Christ S'il ne s'était pas agi de lui-mftme, nul n'éfait mieux fait que M. Guido Gezelle ponrcélébrer son tricorne roussi par la pluie et; sa pauvre soutane, t.rop souvent couve.rte par un manie, u qui n'était plus même bon k être coupé en deux comme celui de St-Marlin Ce pendant si les riches connaissaienl I'm l>f f Gezelle et aimaienl a le voir s'asseoir k lenr foyer, comme, Dieu merci, c'est encore la cou- lume d'accnefillr le prölre en pays flamand. les pauvres le connaissaient encore' mieux <-t ln:- même n'était jamais plus heureux que iors- qu'il pouvait rapprocber darts une mulueLe étreinte la main qui donne et celle.qui revolt. Son nom était boni dans les plus petites ruelles et dans les plus humbles mansardes. Gezelle était, contme l'on disait autrefois, un prétre aiitnvnier, et, comme bon norobrè de ses pareils, ii avait le merveilleux secret de beaucoup dormer sans beaucoup avoir. 11 est vrai qu'a cölé de l'aumóne matériefle, il aimait k prodiguer l'aumóne spiritueWe et savait se donner lui-même avec lout son zèle sacerdotal. Aussi sommes-nous persuadés que devant le tribunal de Dieu les regrets, les larmes et les suffrages de ses pauvres clients lui auront été plus com piés que les palmes et que les éloges aeadémiques, lout mérités qu'ils soienl. Si nous ajoutons ce sympathique et nspec- lueu.x post criptum aux nontbreux hommages dont Guido Gazelle a été l'objet. ce rt'est pas nous fenons k ie redire—-pour diminuer la valeur de ces éloges, mais c'est pour donner au cher mort saVé''itable physionomie el pour ren- dre au prétre la préséance qu'il doit avoir sur Ie poèle, si éminent que soit d'ailleurs ce dernier. Nous vivons, en un lemps oü Ie sacerdoce catholique est quotidiennemenl mécórinu, atta qué, caloumié et abreuvé d'outrages.Il est done bon que, devant le convoi d'un prêtre, et d'un prêtre comme Guido Gezelle, s élèvc, avec le murmure de la pi ière, le concert recocnaissant du peuple catholique et qu'il atleste que tout en H

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Journal d’Ypres (1874 - 1913) | 1899 | | pagina 1